Les caprices de Sieur Bidouille.

Est-ce la pluie d’hier ou le froid de cette nuit ? Que sais-je. Bidouille ce matin refuse de démarrer. Après les secousses de la piste d’hier, nous pensons que notre interrupteur sonnette-démarreur s’est une peu débranché. Et bien non.

Jeff décroche le soufflet entre cabine et cellule pour basculer la cabine et essayer de démarrer avec le bouton de maintenance et là….rien. Gros coup de stress. On teste la batterie, tension un peu basse mais rien de probant. Néanmoins, nous décidons de recharger les batteries par sécurité. Nous restons une journée de plus au camping. Il y a eau, douche, électricité et restaurant. Que demande le peuple ! Et bien, nous avons encore mieux. Domi et Alain décident de rester eux aussi une nuit de plus pour nous aider si besoin et surtout pour nous soutenir moralement. Cette journée d’attente se transforme en journée d’échange avec les ZEP et les Bouémiens autour d’un apéro et le soir d’un tajine excellent.

Il y a parfois dans nos vies des instants « bulle de bien-être « . Cette journée si malheureusement commencée, fut transformée par ces marques d’amitié et de solidarité.

Dans la soirée, nous essayons de démarrer la Bête. Succès ! Par sécurité, nous laissons la batterie en charge pour la nuit.

Après quelques hésitations entre retourner chez Ivéco à Agadir, continuer le road trip comme prévu ou alors carrément partir sur Zagora où nous sommes sûrs de trouver de l’aide, il n’y a pas photo. Iveco a été très « léger » quand nous sommes passés les voir lors de la première panne. Continuer le road trip avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête alors que nous attaquons la montagne, ce n’est pas sérieux alors en avant pour Zagora. 475kms à faire d’une traite pour ne pas couper le moteur, s’il démarre demain….Inch’Allah…

De Guelmin à Amtoudi

En quittant Guelmin, nous avons pris ce qui était noté comme une route. C’était en fait une piste d’abord plutôt bonne mais ensuite ça s’est corsé. Je ne faisais pas la fière ! A flan de côteau, étroite et peu stable, la piste était assez flippante. Dans la vallée, le problème a été autre. La piste avait disparu et il y avait plusieurs oueds secs en forme de fossé. Difficiles à traverser mais nous avons tout de même rejoint la civilisation. 2h15 pour 30kms. Après un savant périple dans les ruelles étroites du village nous avons atteint le goudron. Comme c’est confortable !!!

Voilà l’agadir de Amtoudi. C’est un grenier collectif datant du 13ème siècle. C’est une mini ville avec même sa mosquée.

Voilà. Assez bossé pour aujourd’hui 😉

Sidi Ifni à Guelmin

Avant de quitter Sidi Ifni, nous décidons d’aller voir un « site remarquable « . L’Arche.

Une bonne descente et une belle balade sur la plage et nous voilà sous l’Arche. Pas de quoi en faire un plat, mais jolie promenade tout de même. Quads et chameaux sont sur la plage pour ceux qui ne voudraient pas marcher.

Après ce bol d’air marin, nous prenons la direction du fort Bou Jerif en passant par la côte. Le revêtement de la route est plutôt bon mais les virages ne sont pas signalés et sont particulièrement prononcés. Ils sont généralement en descente et vraiment imprévisibles. Heureusement que Bidouille n’est pas un petit fou de la vitesse sinon, nous aurions visité les ravines.

Comme vous pouvez le voir, tout est sec. Pas encore mort, cf ces cactus mais les oueds sont desséchés et pour ceux qui gardent un peu d’eau, les palmeraies font grises mines. La plus proche de Guelmin était un peu plus « luxuriante » avec des parcelles cultivées.

De nombreuses constructions traditionnelles faites en pierres, galets et torchis d’argile parsèment les bords de route et les vallées. Certaines sont à l’abandon, d’autres sont habitées mais il est parfois difficile de voir la différence.

Pour la nuit, nous avons rejoint un camping à la ferme. L’accès n’était pas aisé. 4×4 et petits camping-cars pouvaient y aller, en douceur à cause des ruptures de pente du chemin. Cette halte est tenue par une famille qui, avec de tous petits moyens, fait preuve d’ingéniosité pour offrir un minimum de confort à ses hôtes. Le couscous y est savoureux. Une nuit, deux couscous pour 130dh !

Il faut demander pour avoir de l’eau chaude et il n’y a pas de douche mais un grand seau et une cassolette pour se doucher. Efficace. Cela nous a rappelé les salles d’eau des guest-houses à Bali mais là, il n’y avait que de l’eau froide 😉

Le cumulus est chauffé au bois. Les tuyaux passent dans le cumulus et l’eau est ainsi chauffée. Facile 🙂

La nuit fut calme à par le vent, quelques aboiements et des coqs consciencieux !

Douira à Sidi Ifni

Nous avons commencé la route par une jolie piste de sable au bord de l’océan.

Nous avons retrouvé le goudron à Sidi Rabat et avons continué sur Sidi Ifni. Nous avons traversé le parc national de Souss-Massa , une réserve naturelle, sur les panneaux. En fait, c’est un dépotoir. Les ordures des villages autour sont déversées le long de la route. C’est fréquent au Maroc mais là, dans une réserve naturelle, c’est choquant. Il n’y aura pas de photos de ces dépotoirs. Même si cela fait partie de la vie marocaine, je préfère l’oublier. Les amateurs de cactus seraient heureux ici. Il y a de jolis spécimens.

Nous avons traversé Agbalou. On aurait dit une ville fantôme. C’est sans doute une sorte de cité balnéaire et en hiver, c’est vide. Les villas sont fermées ainsi que la plupart des commerces.

La traversée de la palmeraie de Massa nous a permis de voir un peu de verdure et des gens travaillant la terre comme au 19ème siècle. Je n’ai jamais vu autant d’ânes (des vrais, pas des abrutis ;). Les pauvres bêtes charrient hommes et marchandises sur les chemins comme sur les routes.

Nous avons croisé une R12, des peugeots 504 et 404 et même des R4L.

Le bétonnage des côtes est moins intense que vers Casablanca mais cela commence aussi. A Aglou, de grands terrains sont viabilisés pour faire des habitations de vacances.

Nous avons rencontré des bestioles sympas.

On se demande comment les troupeaux peuvent se nourrir dans cet environnement aussi sec.

La côte offre néanmoins de beaux points de vue.

Fini pour aujourd’hui !

La vidéo :

Posés dans un camping, nous avons fait la connaissance des « Bouémiens », Dominique et Alain. Le courant est bien passé et finalement nous avons trainé avec eux une journée supplémentaire. Ils ont sorti le foie gras, nous le Jurançon, on était fait pour s’entendre ! 🙂

Redescente vers Agadir

Vous avez dû penser que je me refaisais une petite crise de flemme anti-blog. Et bien non !

En fait, samedi matin, Bidouille nous a fait un coup de blues et a refusé de démarrer. Rien de très grave (neiman bloqué et clé bloquée dedans) mais le camion ne pouvait plus bouger. Après maints essais pour débloquer le système, nous appelons l’assistance de notre assurance qui nous met en contact avec son homologue marocain. Et là…. vous n’êtes pas gênant sur la route ? Vous n’êtes pas en danger ? Bon j’envoie un camion remorque lundi matin…. Bon ben…bricolos sur et dans Bidouille pour passer le temps. Dimanche en fin d’am, Jeff a une idée géniale, utiliser le bouton de démarrage moteur quand la cabine est relevée. Souci, le contacteur qui permet le démarrage cabine levée coupe t-il le moteur une fois la cabine redescendue ? Nous décidons d’attendre le matin pour tester et en cas de succès partir immédiatement pour Agadir et un garage. Nous sommes arrivés à Agadir. Il va sans dire qu’il n’y avait pas la pièce. Jeff a shunté le neiman et mis un interrupteur de sonnette pour remplacer le contact démarreur. Revenus en France, nous commanderons la pièce ;). En attendant, on fait couleur locale 🙂

Nous avons eu deux jours pour nous remettre de la montée vers Imouzzer. Maintenant, il faut redescendre, nous sommes à 1200 m d’altitude. La route est bien bien sinueuse mais les paysages sont grandioses. J’en profite mais Jeff un peu moins, lui négocie les virages et les croisements.

Les bas côtés de la route sont parsemés de grosses pierres tombées des flans de la montagne. Je ne voudrai pas être sur cette route quand il pleut. L’eau embarque les couches d’argile et ensuite les plaques rocheuses glissent. Aujourd’hui, grand soleil donc pas trop d’inquiétude à avoir.

Mais nous ne risquons rien car nous traversons « la vallée du paradis ». Sûr qu’en été et avec de l’eau cet endroit doit avoir ses adeptes. Des petits coins sont aménagés le long ou dans l’oued pour profiter de la fraîcheur de l’eau. Beaucoup d’infrastructures touristiques également. Hélas ici comme ailleurs il n’y a pas d’eau, à peine un petit ruisseau… Après la covid, maintenant la sècheresse, vraiment les habitants n’ont pas de chance.

Après notre passage à Agadir, nous partons nous trouver un coin de dune pour la nuit. Fin de la journée et nuit au son de l’océan 😉

D’Imouzzer à Douira :

Direction les cascades d’Imouzzer

Nous voulions quitter le monde sur les côtes, nous voilà servis. 5 heures de virages, des paysages magnifiques ,la traversée d’une oasis et ensuite l’arrivée aux cascades. Bon, soyons honnêtes, rien ne cascadait. Il a à peine plu depuis 3 ans. Les cours d’eau sont desséchés, le niveau du barrage Moulay Abdellah est au plus bas. Beaucoup d’arganiers et d’oliviers sont morts ainsi que des palmiers.

En arrivant sur le site, évidemment nous avons été pris en charge par un guide. Il nous a fait faire un détour par un coin de village berbère. Une ou deux maisons en torchis avec toit en bois de thuya, rigoles pour l’irrigation, « lavoir ». Le chef du village ouvre et ferme le réservoir pour répartir l’eau dans les différentes parcelles familiales. Le soir, la distribution est arrêtée pour permettre au réservoir de se remplir. Pour l’eau des maisons, les familles vont le soir avec leur âne pour remplir des bidons à la source.

En juillet-août, on récolte noix d’argan et amandes. En septembre, c’est le tour des olives. Il n’y en aura pas cette année à cause de la sècheresse. Il y a aussi des caroubiers dont les graines sont envoyées dans les grandes villes pour le chocolat. Nous n’avons pas eu plus amples explications.

Au pied des cascades à sec, subsistent deux trous d’eau, un de 45m de profondeur, l’autre de 2.5m. L’eau y est à 7° car le soleil n’atteint jamais la surface. Longue route pour deux trous d’eau, soit ! Mais le voyage n’est pas le but, c’est le chemin et celui-ci était somptueux.

Entre Essaouira et Imouzzer :

Coopérative Timgharine

Sur la route pour aller voir les cascades d’Imouzzer, nous nous sommes arrêtés dans une coopérative féminine d’argan.

Très gentiment, on nous a fait visiter tous les ateliers de la coopérative et invités à goûter un petit déjeuner berbère : Amiou (amendes écrasées avec miel et huile d’argan) ; huile d’argan ; miel d’argan, le tout avec du pain. Très bon.

Il existe deux type d’huile d’argan : la cosmétique, l’amande est écrasé nature et l’alimentaire, l’amande est torréfiée avant d’être pressée.

En juillet-août, les noix d’argan sont ramassées au sol. On doit attendre qu’elles tombent. Ensuite, on enlève la peau (qui sera pour les chèvres) et on casse la noix pour en extraire l’amande. La coquille servira de combustible. On écrase l’amande pour en extraire l’huile et la pulpe restante va servir pour fabriquer les savons à la place de la soude.

Cette coopérative fabrique également de huile de chanvre, de ricin, de pépins de figues de barbarie, de nigelle. Et tout un tas de crèmes, gels douche, shampoings et même lotions de massage contre les douleurs musculaires.

Nous avons fait le plein de savons et huile d’argan. J’ai même pris une petite fiole d’huile de pépins de figues. Il paraît que c’est bon contre les rides. C’est un peu tard pour moi mais l’espoir fait vivre 😉

Il existe une race particulière de chèvres (pelage crème) qui escaladent uniquement les arganiers. Elles mangent feuilles et fruits mais à la fin de la journée, elles vomissent les noix débarrassées de leur peau. Hélas, ces noix ne sont plus acceptées dans les coopératives pour faire de l’huile.

Essaouira

Très jolie station balnéaire. Le tourisme y est roi. La médina ressemble à un centre commercial à l’air libre. Beaucoup d’échoppes proposant de l’artisanat marocain, une pléiade de restaurants plus « authentiques » les uns que les autres.

Bref, c’est joli, aseptisé et TRES venteux !!!

Vous avez compris que je n’ai pas vraiment adhéré. Mais le port a gardé son cachet et l’emplacement de la ville est vraiment beau. Les sports qui allient eau et vent sont idéalement pratiqués ici.

Pour ce soir, direction Ounagha pour deux nuits. Au programme, lessivessss, courses, traitement des photos, comptes et administratif , les corvées que tout le monde a ! Un jour de congé pour le chauffeur avant d’attaquer l’Atlas.

Entre Safi et Essaouira :

Safi

La ville des potiers. Balade sur la colline où se trouve les ateliers dédiés à la poterie. Préparation de la terre qui est tout d’abord réduite en petits morceaux, puis mouillée et malaxée pour en sortir les impuretés et enfin découpée en pain qui sont livrés aux tourneurs. Ces étapes sont primordiales pour la qualité des poteries. Ensuite, tournage, séchage, premier tour de cuisson à 950° puis décor au pinceau, re-séchage, émaillage et deuxième cuisson au four à gaz 1250°. Les pièces sont magnifiques. Faute de place, je n’ai pas craqué …

Un « guide » nous a emmenés à travers la colline pour voir tous les ateliers. Il a été sympa et n’a rien demandé alors nous lui avons donné un bon pourboire avec plaisir.

Le guide et le gardien du parking nous ont proposé de la poterie en échange de vin ou d’alcool. Mais nous n’avions pas besoin de poteries.

Nous sommes ensuite allé voir l’église espagnole et la cathédrale portugaise dans la médina mais il ne reste que des ruines. Nous avons erré dans la médina. Les gens étaient très courtois et souriants. Nous nous sommes arrêtés pour manger dans un bouiboui les spécialités de Safi à base de sardines. Bon, sympa et dans son jus. 40dh soit 4 euros pour un petit repas tout simple au milieu des marocain. Rien à voir avec les médinas des grandes villes.

J’ai bien aimé Safi.

Vidéo entre Oualidia et Safi :

Entre Casablanca et Safi

Comme d’habitude, nous avons quitté Casablanca au plus vite. Nous avons roulé jusqu’à El Jadida et en guise de camping, nous avons stationné sur le bord de la plage, seul endroit permis car il n’y a plus de camping.

Nous comptions visiter la vieille ville portugaise et notamment la citerne enterrée, du même style que celle d’Istanbul mais en plus petite. Hélas, c’est en réfection depuis deux ans. Alors nous nous sommes offerts une friture chez El Bahri. Très bien. N’hésitez pas si vous passez par là.

Direction le sud. A Sidi Bouzid, nous avons dû traverser un immense marché. Déjà en temps normal la circulation est compliquée mais là, c’est le bronx total. Il y a un petit film mais je ne sais pas comment le joindre …

En longeant la côte, spectacle de lagunes, de marais salants, roseaux, flamants roses et autres échassiers de petits modèles (huîtriers, etc )

En arrivant à Loualidia, nous trouvons le parking blindé de camping-car. Demi tour direction un spot que nous espérons plus calme. Et gagné !!! pour la première fois depuis notre arrivée, et après 6kms dans la lagune sur une piste qui a bien plu à Bidouille, enfin un squat d’enfer ! Du coup, on se fait une journée off, paisible Basile 😉

La conduite au Maroc ressemble à une foire d’empoigne. Tout le monde est prioritaire, chacun est dans sa bulle et change de direction, s’arrête, démarre sans avertissement et sans se préoccuper des conséquences sur la circulation. Même sur les passages piétons, ceux-ci courent pour ne pas se faire écraser. En plus des véhicules courants, vous devez aussi partager la chaussée avec ânes (pas les conducteurs, les bestioles ), charrettes à cheval, tricycles trafiqués pour devenir taxi ou échoppe. Bref, quand on ne veut faire de mal à personne, c’est stressant, surtout vues nos dimensions. Une journée sans conduite va faire du bien au chauffeur.

La vidéo de l’étape : https://youtu.be/T77v2CL-Clk