Bekhet-Ata, le lieu saint.

Bekhet-Ata

C’est une mosquée souterraine. C’est un haut lieu de l’Islam pour toute l’Asie centrale.

Mais, son emplacement n’est inscrit nulle part. Dans les guides, le seul conseil, aller à Shepte (313 kms), prendre un guide local avec un 4×4 et se faire 120kms de désert pour rejoindre la mosquée. Les guides précisent que la route est difficile. C’est normal, cela participe au pèlerinage. Les « souffrances » endurées durant le trajet sont une offrande à Allah.

En prenant des informations dans différents guides, nous sommes parvenus à « trianguler » une position très approximative.

A Beney, on nous explique qu’il y a une route à la sortie de la ville qui mène tout droit à la mosquée.

A la sortie de la ville, nous découvrons une très ancienne mosquée qui appartient à un groupe d’édifices réalisés sous la houlette du même saint homme, Beket-Ata. Ce bâtiment ressemble plus à un  » monastère  » . De toutes petites cellules, une petite salle de prière, tout cela perdu au milieu de rien.

Nous continuons notre route et là, stupeur, nous voyons un petit panneau « Bekhet-Ata     140kms »

Une piste part dans le désert. Nous hésitons un peu je l’avoue. D’un côté, la peur de l’inconnu, de l’autre les réponses négatives à nos demandes de guides et un trajet deux à trois fois plus long.

Nous avons le plein d’eau, de gasoil, il fait beau…. On tente. Par précaution, je relève la position GPS de notre « sortie de route » et le cap (en cas de demi-tour …) et c’est parti. Les premiers mètres sont délicats mais ensuite la piste s’améliore vraiment. Mais cela reste une piste…

Jeff a installé un compas de marine sur le tableau de bord, nous en avons eu bien besoin.

Cette mosquée se mérite. Un panneau tous les 40kms et un piquet tous les 20kms. Il faut une navigation « aux petits oignons » pour les trouver. Pendant plus de deux jours, nous n’avons vu que des chameaux et encore de loin.

Plusieurs fois, nous avons eu l’impression d’être perdus. Pas de réseau, pas de téléphone. En cas de gros problème, nous avons une balise de détresse satellitaire. Cela nous tranquillise tout de même…. On a continué au cap en espérant que l’esprit du saint homme nous guiderait. Et nous sommes arrivés, très fiers de nous, pour découvrir qu’une nouvelle route desservait l’édifice. Ce n’était ni sur le GPS, ni sur la carte papier, la route étant encore en cours de construction et goudronnée sur peu de kms comme nous le constaterons en repartant. Qu’importe, nous étions heureux d’avoir vécu cette sensation d’infini et de solitude absolue….

L’accueil des pèlerins se fait dans des bâtiments sur un grand plateau rocheux. Un jardin avec des bancs permet de patienter avant de descendre à la mosquée et d’admirer  le point de vue magnifique. La mosquée n’est ouverte que de 6h à 9h et de 15h à18h. Nous sommes arrivés en dehors de ces heures et avons déambulé dans les environs, jusqu’à ce qu’une personne nous accoste et nous invite très cordialement à entrer dans l’espace pour les pèlerins.

Nous étions un peu inquiets de savoir si nous pourrions accéder à la mosquée. A Jérusalem, tous les lieux de prières  musulmans étaient interdits aux « infidèles ». Ici, rien de cela. Nous avons été invités à boire et à manger, à nous reposer dans les salles communes (une salle homme, une salle femme). Les gens étaient souriants, attentifs et nous nous sommes sentis extrêmement bien accueillis. Comme si notre démarche de visiter ce lieu était  considérée comme un honneur pour eux. Vraiment, je n’ai pas senti de malaise, même quand l’imam a appelé tout le monde pour une prière « préparatrice » à la descente vers le lieu saint.

J’ai fait peu de photos des lieux et des gens. Je suis très respectueuse des pèlerins et refuse le « voyeurisme ». Vous aurez droit à des photos des extérieurs, de la descente et à trois photos de l’intérieur de la mosquée que j’ai  « volées » à un autre voyageur.

La descente a été plutôt facile même si les glissades ont été fréquentes. Mais chaque mètre descendu allait devoir être remonté…Cela m’inquiétait un peu… Nous sommes descendus pendant 45 mns…

Ce qui m’a le plus surprise, c’est de voir de très vieilles personnes, marchant très mal, avec cannes, parfois obèses et qui se lancent dans cette descente, sourire aux lèvres. A mi chemin, une source d’eau semble avoir des pouvoirs de guérison. Les familles viennent y remplir des bidons qu’il faut ensuite remonter…

L’entrée du sanctuaire se fait 10 par 10. Une nouvelle prière, installés tous par terre avec l’imam, on passe dans la chambre de l’ermite, il faut passer sous le bâton et ensuite ressortir assez vite car les autres pèlerins attendent. Dans le sanctuaire et lors de la remontée, les gens étaient souriants, comme si nous venions de partager un grand moment ensemble. La dimension religieuse n’y étaient pas pour nous mais nous avons tout de même ressenti une certaine communion. Belle expérience.

Pour d’éventuels futurs voyageurs voilà les coordonnées géographiques de la mosquée :

N45.595527 E54.082119

Le Nozym

Le Nozym est la fête nationale du Kazakhstan et correspond à l’arrivée du printemps. Nous avions prévu de partir ce matin mais finalement, la curiosité nous a poussés à rester un jour de plus. Nous arrivons sur la place principale de la ville. Des yourtes sont installées. Nous sommes invités à entrer. Un homme se tient à l’entrée avec une carafe d’eau et un petit bassin pour qu’on se lave les mains. On enlève les chaussures et on rentre avec une petite hésitation à cause du chien. Mais nous voyant sur le point de ressortir, Evi est conviée. Je la pose dans mon sac près de moi. Elle ne bouge pas. La yourte se referme. Nous voilà assis sur des coussins posés par terre, à table avec des inconnus, tous contents d’avoir des invités hors normes. La table était recouverte de plats divers. On a goûté à plusieurs choses et notamment au thé au lait qui servait de boisson. Les femmes servaient, les hommes mangeaient. Discours, Jeff en a fait un en français, prières, photos et tout à coup, tout le monde se lève et sort . La yourte est de nouveau ouverte et de nouveaux convives s’installent. C’est la même chose dans les autres yourtes. Certaines sont réservées aux femmes et aux enfants.

Nous nous baladons sur la place pour écouter les artistes qui se produisent. La musique kazakh est plutôt harmonieuse. Elle n’attaque pas nos oreilles occidentales et donne envie de danser. Notre promenade a été écourtée car Evi était extrêmement sollicitée par les enfants et pas toujours en douceur. Nous étions apostrophés et attrapés tout le temps pour faire des selfies. On a même été interviewé par la télé ! Des stars mais c’est pesant au bout d’un moment. On a ramené Evi au camion. Nous y retournerons dans la soirée, il y a un concert.

Beyneu

Nous attaquons la route vers Beyneu avec une grande angoisse. Si les 430 kms à faire doivent ressembler à la route de la frontière, cela va être infernal. Heureusement, nous trouvons une route plutôt bonne malgré des passages de « vagues ». Jeff arrive mieux à les repérer et freine avant pour éviter les « décollages ». Nous arrivons en fin de journée, sans avoir eu besoin d’escale. Si, une seule, il est difficile de trouver des containers poubelles. Nous nous sommes arrêtés sur un espace où il y avait poubelles et toilettes. Jeff a testé. C’est une expérience qu’il ne renouvellera pas….

L’accueil ici a été bien meilleur. Des jeunes sont venus spontanément à notre rencontre, des enfants ont testé leurs trois mots d’anglais. Une prof d’anglais nous a proposé de rencontrer ses élèves (vous imaginez les Grands, votre mère en exemple pour l’anglais !!!!). Un artiste local nous a emmenés voir son atelier. Nous suscitons beaucoup de curiosité bienveillante.

Les cimetières sont plus repérables que les habitations….


Le Kazakhstan, Atyrau

Ce qu’il y a de plus difficile ici, c’est de trouver des gens qui parlent anglais. Les premières rencontres dans les villages entre la frontière et Akystau ont été très décevantes.

Pas de sourire, aucune tentative pour nous aider. Cela nous a fait un choc après l’accueil au Daghestan. De plus la route est POURRIE. Plus jamais je ne me plaindrai des routes françaises. L « autoroute » qui nous suivions est la route principale entre Astrakhan et Atyrau. Cela tient plus du chemin vicinal mal entretenu (mais en plus large) que d’une simple route. En plus, la nuit avait été pluvieuse. De la boue partout, comme si on roulait sur de la neige tassée. Ce fut très éprouvant pour le chauffeur et le reste de l’équipage. La monture a souffert également malgré toutes les précautions prises par Jeff.

Au Kazakhstan, il faut s’enregistrer, comme en Russie. Nous avions eu des problèmes en Russie car nous avions choisi un petit hôtel peu habitué à recevoir des étrangers. A Atyrau, nous décidons de descendre dans un palace (une fois n’est pas coutume !) pour avoir le service. Au début, les réceptionnistes ont juste proposé de nous appeler un taxi pour nous rendre au bureau de l’immigration. Puis le propriétaire est arrivé et tout a changé. Nous avons été accompagnés, (chauffeur et interprète) à l’enregistrement, mais aussi chez un assureur pour le véhicule et au magasin pour faire activer nos cartes sim. Sans eux, nous n’aurions pas réussi….

Le Sultan Palace ! Très bel établissement. Le propriétaire est allé en France et a conçu son hôtel avec de fortes influences françaises. C’est fastueux mais pas kitchissime. Piscine, lit plus que king size dans lequel j’ai mal dormi car Evi a dû rester dans le camion. Ici, les chiens ne sont acceptés nulle part…. La piscine et le sauna nous ont fait du bien. Le massage de la tête et des épaules a commencé au niveau des reins ! On garde encore aujourd’hui des douleurs résiduelles de l’action tonique de la masseuse ! Pour 135€ chambre, cocktails, repas et vin italien. Une petite oasis de luxe après cette route qui nous a fait douter du bien fondé de poursuivre….

Atyrau est une grande ville sans charme. On sent qu’elle se tourne vers la modernité et fait les choses en grand. Les bâtiments sont démesurés. Des rdc de 4 à 5 m de plafond, mais peu d’étages , des façades assez sobres mais avec colonnes. C’est plutôt joli mais quand on voit la pauvreté des campagnes, cela interpelle….

Quand on fait des courses sans rien comprendre aux étiquettes, on a parfois des surprises.

D’abord, j’ai trouvé du beurre salé. C’est ma dope ! Ma réserve n’était pas épuisée mais pouvoir renouveler le stock m’a fait grand plaisir.

Ensuite, j’ai pris un bocal d’œufs de lump pour des tartines un soir. Après avoir bataillé un grand moment pour l’ouvrir, on a constaté que c’était du caviar. Jeff en a mangé pas mal au Tadjikistan, il a bien reconnu. Obligé d’ouvrir la bouteille de vodka …

Nous testons aussi des bières mais avec parcimonie car au volant ici, le taux d’alcoolémie autorisé est zéro.