Le Nozym

Le Nozym est la fête nationale du Kazakhstan et correspond à l’arrivée du printemps. Nous avions prévu de partir ce matin mais finalement, la curiosité nous a poussés à rester un jour de plus. Nous arrivons sur la place principale de la ville. Des yourtes sont installées. Nous sommes invités à entrer. Un homme se tient à l’entrée avec une carafe d’eau et un petit bassin pour qu’on se lave les mains. On enlève les chaussures et on rentre avec une petite hésitation à cause du chien. Mais nous voyant sur le point de ressortir, Evi est conviée. Je la pose dans mon sac près de moi. Elle ne bouge pas. La yourte se referme. Nous voilà assis sur des coussins posés par terre, à table avec des inconnus, tous contents d’avoir des invités hors normes. La table était recouverte de plats divers. On a goûté à plusieurs choses et notamment au thé au lait qui servait de boisson. Les femmes servaient, les hommes mangeaient. Discours, Jeff en a fait un en français, prières, photos et tout à coup, tout le monde se lève et sort . La yourte est de nouveau ouverte et de nouveaux convives s’installent. C’est la même chose dans les autres yourtes. Certaines sont réservées aux femmes et aux enfants.

Nous nous baladons sur la place pour écouter les artistes qui se produisent. La musique kazakh est plutôt harmonieuse. Elle n’attaque pas nos oreilles occidentales et donne envie de danser. Notre promenade a été écourtée car Evi était extrêmement sollicitée par les enfants et pas toujours en douceur. Nous étions apostrophés et attrapés tout le temps pour faire des selfies. On a même été interviewé par la télé ! Des stars mais c’est pesant au bout d’un moment. On a ramené Evi au camion. Nous y retournerons dans la soirée, il y a un concert.

Beyneu

Nous attaquons la route vers Beyneu avec une grande angoisse. Si les 430 kms à faire doivent ressembler à la route de la frontière, cela va être infernal. Heureusement, nous trouvons une route plutôt bonne malgré des passages de « vagues ». Jeff arrive mieux à les repérer et freine avant pour éviter les « décollages ». Nous arrivons en fin de journée, sans avoir eu besoin d’escale. Si, une seule, il est difficile de trouver des containers poubelles. Nous nous sommes arrêtés sur un espace où il y avait poubelles et toilettes. Jeff a testé. C’est une expérience qu’il ne renouvellera pas….

L’accueil ici a été bien meilleur. Des jeunes sont venus spontanément à notre rencontre, des enfants ont testé leurs trois mots d’anglais. Une prof d’anglais nous a proposé de rencontrer ses élèves (vous imaginez les Grands, votre mère en exemple pour l’anglais !!!!). Un artiste local nous a emmenés voir son atelier. Nous suscitons beaucoup de curiosité bienveillante.

Les cimetières sont plus repérables que les habitations….


Le Kazakhstan, Atyrau

Ce qu’il y a de plus difficile ici, c’est de trouver des gens qui parlent anglais. Les premières rencontres dans les villages entre la frontière et Akystau ont été très décevantes.

Pas de sourire, aucune tentative pour nous aider. Cela nous a fait un choc après l’accueil au Daghestan. De plus la route est POURRIE. Plus jamais je ne me plaindrai des routes françaises. L « autoroute » qui nous suivions est la route principale entre Astrakhan et Atyrau. Cela tient plus du chemin vicinal mal entretenu (mais en plus large) que d’une simple route. En plus, la nuit avait été pluvieuse. De la boue partout, comme si on roulait sur de la neige tassée. Ce fut très éprouvant pour le chauffeur et le reste de l’équipage. La monture a souffert également malgré toutes les précautions prises par Jeff.

Au Kazakhstan, il faut s’enregistrer, comme en Russie. Nous avions eu des problèmes en Russie car nous avions choisi un petit hôtel peu habitué à recevoir des étrangers. A Atyrau, nous décidons de descendre dans un palace (une fois n’est pas coutume !) pour avoir le service. Au début, les réceptionnistes ont juste proposé de nous appeler un taxi pour nous rendre au bureau de l’immigration. Puis le propriétaire est arrivé et tout a changé. Nous avons été accompagnés, (chauffeur et interprète) à l’enregistrement, mais aussi chez un assureur pour le véhicule et au magasin pour faire activer nos cartes sim. Sans eux, nous n’aurions pas réussi….

Le Sultan Palace ! Très bel établissement. Le propriétaire est allé en France et a conçu son hôtel avec de fortes influences françaises. C’est fastueux mais pas kitchissime. Piscine, lit plus que king size dans lequel j’ai mal dormi car Evi a dû rester dans le camion. Ici, les chiens ne sont acceptés nulle part…. La piscine et le sauna nous ont fait du bien. Le massage de la tête et des épaules a commencé au niveau des reins ! On garde encore aujourd’hui des douleurs résiduelles de l’action tonique de la masseuse ! Pour 135€ chambre, cocktails, repas et vin italien. Une petite oasis de luxe après cette route qui nous a fait douter du bien fondé de poursuivre….

Atyrau est une grande ville sans charme. On sent qu’elle se tourne vers la modernité et fait les choses en grand. Les bâtiments sont démesurés. Des rdc de 4 à 5 m de plafond, mais peu d’étages , des façades assez sobres mais avec colonnes. C’est plutôt joli mais quand on voit la pauvreté des campagnes, cela interpelle….

Quand on fait des courses sans rien comprendre aux étiquettes, on a parfois des surprises.

D’abord, j’ai trouvé du beurre salé. C’est ma dope ! Ma réserve n’était pas épuisée mais pouvoir renouveler le stock m’a fait grand plaisir.

Ensuite, j’ai pris un bocal d’œufs de lump pour des tartines un soir. Après avoir bataillé un grand moment pour l’ouvrir, on a constaté que c’était du caviar. Jeff en a mangé pas mal au Tadjikistan, il a bien reconnu. Obligé d’ouvrir la bouteille de vodka …

Nous testons aussi des bières mais avec parcimonie car au volant ici, le taux d’alcoolémie autorisé est zéro.