En route pour Kurick

La route est neuve donc nous roulons sans trop de stress. Des « monuments » de style « soviétique  » et des cimetières s’élèvent au bord de la route , ce sont les seuls choses à voir.

Nous arrivons au port lundi en fin de matinée. A la chasse aux renseignements, nous apprenons que le bateau est attendu mercredi. On s’installe pour attendre .Nos e- visas azéris sont arrivés. Pour le moment, ça roule.

Jeff fait connaissance avec des chauffeurs routiers turcs et avec un couple de voyageurs en mode sac à dos. Thomas est irlandais, Karo allemande. Ils se sont rencontrés sur la route au Canada et ont continué leur tour du monde ensemble. Nous les invitons pour le café qui quelques heures après s’est transformé en apéro-dîner. Très sympa mais à 21h, des policiers sont venus nous chercher, le bateau arrive mardi, il faut commencer les formalités. A 23h30, tout le monde revient au camion et nous dînons enfin. Rendez-vous à 7h30 pour finir les formalités. En fait, il n’y a eu personne dans les bureaux avant 10h. Il n’était pas possible de payer les billets en dollars, uniquement des tigrits, en liquide … L’enregistrement pour le passage du camion a été une course entre les différents bureaux du port. Cela a duré jusqu’à 14h30. Je ne sais pas le nombre de kilomètres que Jeff a parcourus. Heureusement, les routiers turcs ont aidé Jeff. Pas moins de 17 tampons juste pour Bidouille !

Enfin, à 16h, nous sommes sur le bateau avec Bidouille et nous avons une cabine pour dormir. Tout va bien.

Le retour 30/3/2019

La décision est prise, maintenant, il faut s’organiser… Nous avons bloqué la cellule pour ne pas casser le nouveau dessiccateur mais la réparation des freins est minimale faute de pièces adaptées. Nous choisissons d’éviter, autant que faire se peut, la montagne, de rester sur l’autoroute et de faire au plus court. Nous allons prendre le bateau d’Aktaou à Bakou. On évitera le contournement de la mer Caspienne et ses routes incroyables. Tout d’abord, demander les visas pour l’Azerbaïdjan, aller à Aktaou pour prendre les billets de ferry et trouver le port. La route pour Aktaou n’est pas trop mauvaise mais nous sommes terriblement stressés au moindre chaos. Nous arrivons dans cette ville samedi en fin de matinée et trouvons le bureau de la compagnie du ferry. Merci aux blogs que j’ai consultés avant le voyage !

Manque de chance, une panne de courant ne permet pas d’éditer les billets ou de faire des paiements par carte. Rendez-vous à 14h30. Nous y serons, mais pas eux … Pas grave. D’après leurs explications, on peut prendre les billets au port, qui a été déplacé à Kurick. Mais les billets se paient en dollars et en liquide. Il n’y a pas de distributeur de billets dans les locaux du port. Le challenge, trouver des dollars (nos 1000$ achetés en France ont fini dans les poches du mécano !) Tout le dimanche matin a été occupé à courir de banque en banque pour échanger des euros contre des dollars. Mission accomplie. (en France, ça n’aurait pas été possible !)

Nous décidons de nous faire une pause cocooning, hôtel, restau et service de blanchisserie pour les pulls, les jeans. Hôtel Victory en bord de mer. Proprio très sympa, qui accepte les chiens (rare ), chambre immense et très propre. En plus, il y avait une baignoire !!!

Avant de plonger (dans la baignoire ), nous profitons d’un rayon de soleil pour nous balader en bord de mer. Une immense promenade a été aménagée. Les familles, les couples, les jeunes se promènent, font du vélo, différents jeux de ballons … C’est un endroit agréable où les gens sont très souriants et très intéressés par Sa Majesté Evi-Dance des Neiges bleues d’ Euskadi. 🙂

Après un restaurant de poissons et une bonne nuit, nous récupérons la blanchisserie et préparons le camion avant d’aller prendre le petit déjeuner. Devant le camion, un monsieur nous attend et en français engage la conversation. Eminent scientifique, ce monsieur a fait ses études à Clermont-Ferrand et garde un bon souvenir de cette période. Il nous invite à sa table pour le petit déjeuner et nous poursuivons avec plaisir la conversation. Nous sommes invités pour le soir mais nous préférons reprendre la route. Nous sommes attendus à Astana ou Noursoultan lors de notre prochain voyage. Qui sait ?

En route pour l’Ouzbékistan

Après ce moment bien agréable, nous décidons de reprendre la route pour la frontière ouzbek. Cette visite nous a fait faire un grand détour mais qu’importe, le voyage, c’est ça aussi. Nous privilégions la nouvelle « route » pour remonter vers Benyeu puis la frontière. En quittant le parking, un homme se met en travers du chemin pour nous demander de l’emmener jusqu’à Xanaozen à 150 kms. Pourquoi pas… On déloge Evi de son siège et on embarque ce monsieur, ne parlant que kazak. La conversation fut brève mais il a compris qu’on était français en route pour la Mongolie et il nous a chanté « la vie en rose » et une autre chanson d’Yves Montand en kazak. Hallucinant !

30kms plus loin, un grand bruit sous le camion, Jeff s’arrête sans couper le moteur et part récupérer des morceaux que nous avions vu rebondir à l’arrière. Une fuite d’air énorme, aucune ville avant 120kms, nous avons repris la route, sans utiliser les freins, en calculant les feux et les stop pour ne pas devoir s’arrêter jusqu’à trouver une station d’essence désaffectée à l’entrée de Xanaozen où nous nous sommes « échoués ». Une patrouille de police, installée sur l’aire de la station faisait des contrôles routiers.

Notre « camion-stoppeur », arrivé à destination, explique aux policiers qu’on est français et en panne et s’en va. Heureusement un policier sait que la soeur d’un collègue parle anglais et une heure après, cette jeune femme est devant nous avec son père. Et là, tout nous échappe ! Un mécano intervient pour le diagnostique puis revient le lendemain avec un dessicateur et un support, il raffistole tout cela et nous précède pour aller jusqu’au garage pour la réparation des freins.

Enfin, n’imaginez pas un garage à l’européenne. Là, c’est une cour en terre pleine de cratères. Heureusement nous avons des outils …

Arrivés au garage, nous constatons l’ampleur des dégâts et surtout, nous trouvons la cause… Le plancher de la cellule s’est effondré autour du support de liaison avec le châssis. Cela a engendré un angle de balancement trop important à chaque secousse et les chocs répétés ont cassé le dessicateur. Sans air, le frein de parc s’est engagé et les freins ont fondu … Les réparations des freins vont être longues : 10 jours. Et elles seront temporaires car impossible de trouver des garnitures de freins adaptées. Le mécano fait au mieux.

Mais entre la cellule très affaiblie et les freins en mode dégradé, impossible de continuner. Nous n’avions fait que des « grandes routes » et un peu de piste. Nous devions faire la route du Pamir et le tour de la Mongolie. Impossible dans ces conditions.

La décision de rentrer a été une terrible déception mais il fallait être lucide. Notre aventure s’arrêtait là …. pour le moment … L’idée d’un nouveau départ après réparation m’a soutenue durant cette période …

Avant notre départ, nous avons été invité à déjeuner par les parents de la jeune femme qui a servi d’interprète durant ces 10 jours. Excellent repas trop copieux, juste pour nous car eux ne mangent que le matin et le soir. Le midi, c’est thé, pain, sucreries. Nous étions un peu gênés. Mais nous avons passé un bon moment ensemble. Avant notre départ de France, j’avais fait un livre photos avec des vues des différentes régions de France, des photos personnelles (famille, maison). Arkobach et sa maman ont été très interessées et ont posé beaucoup de question.

Bekhet-Ata, le lieu saint.

Bekhet-Ata

C’est une mosquée souterraine. C’est un haut lieu de l’Islam pour toute l’Asie centrale.

Mais, son emplacement n’est inscrit nulle part. Dans les guides, le seul conseil, aller à Shepte (313 kms), prendre un guide local avec un 4×4 et se faire 120kms de désert pour rejoindre la mosquée. Les guides précisent que la route est difficile. C’est normal, cela participe au pèlerinage. Les « souffrances » endurées durant le trajet sont une offrande à Allah.

En prenant des informations dans différents guides, nous sommes parvenus à « trianguler » une position très approximative.

A Beney, on nous explique qu’il y a une route à la sortie de la ville qui mène tout droit à la mosquée.

A la sortie de la ville, nous découvrons une très ancienne mosquée qui appartient à un groupe d’édifices réalisés sous la houlette du même saint homme, Beket-Ata. Ce bâtiment ressemble plus à un  » monastère  » . De toutes petites cellules, une petite salle de prière, tout cela perdu au milieu de rien.

Nous continuons notre route et là, stupeur, nous voyons un petit panneau « Bekhet-Ata     140kms »

Une piste part dans le désert. Nous hésitons un peu je l’avoue. D’un côté, la peur de l’inconnu, de l’autre les réponses négatives à nos demandes de guides et un trajet deux à trois fois plus long.

Nous avons le plein d’eau, de gasoil, il fait beau…. On tente. Par précaution, je relève la position GPS de notre « sortie de route » et le cap (en cas de demi-tour …) et c’est parti. Les premiers mètres sont délicats mais ensuite la piste s’améliore vraiment. Mais cela reste une piste…

Jeff a installé un compas de marine sur le tableau de bord, nous en avons eu bien besoin.

Cette mosquée se mérite. Un panneau tous les 40kms et un piquet tous les 20kms. Il faut une navigation « aux petits oignons » pour les trouver. Pendant plus de deux jours, nous n’avons vu que des chameaux et encore de loin.

Plusieurs fois, nous avons eu l’impression d’être perdus. Pas de réseau, pas de téléphone. En cas de gros problème, nous avons une balise de détresse satellitaire. Cela nous tranquillise tout de même…. On a continué au cap en espérant que l’esprit du saint homme nous guiderait. Et nous sommes arrivés, très fiers de nous, pour découvrir qu’une nouvelle route desservait l’édifice. Ce n’était ni sur le GPS, ni sur la carte papier, la route étant encore en cours de construction et goudronnée sur peu de kms comme nous le constaterons en repartant. Qu’importe, nous étions heureux d’avoir vécu cette sensation d’infini et de solitude absolue….

L’accueil des pèlerins se fait dans des bâtiments sur un grand plateau rocheux. Un jardin avec des bancs permet de patienter avant de descendre à la mosquée et d’admirer  le point de vue magnifique. La mosquée n’est ouverte que de 6h à 9h et de 15h à18h. Nous sommes arrivés en dehors de ces heures et avons déambulé dans les environs, jusqu’à ce qu’une personne nous accoste et nous invite très cordialement à entrer dans l’espace pour les pèlerins.

Nous étions un peu inquiets de savoir si nous pourrions accéder à la mosquée. A Jérusalem, tous les lieux de prières  musulmans étaient interdits aux « infidèles ». Ici, rien de cela. Nous avons été invités à boire et à manger, à nous reposer dans les salles communes (une salle homme, une salle femme). Les gens étaient souriants, attentifs et nous nous sommes sentis extrêmement bien accueillis. Comme si notre démarche de visiter ce lieu était  considérée comme un honneur pour eux. Vraiment, je n’ai pas senti de malaise, même quand l’imam a appelé tout le monde pour une prière « préparatrice » à la descente vers le lieu saint.

J’ai fait peu de photos des lieux et des gens. Je suis très respectueuse des pèlerins et refuse le « voyeurisme ». Vous aurez droit à des photos des extérieurs, de la descente et à trois photos de l’intérieur de la mosquée que j’ai  « volées » à un autre voyageur.

La descente a été plutôt facile même si les glissades ont été fréquentes. Mais chaque mètre descendu allait devoir être remonté…Cela m’inquiétait un peu… Nous sommes descendus pendant 45 mns…

Ce qui m’a le plus surprise, c’est de voir de très vieilles personnes, marchant très mal, avec cannes, parfois obèses et qui se lancent dans cette descente, sourire aux lèvres. A mi chemin, une source d’eau semble avoir des pouvoirs de guérison. Les familles viennent y remplir des bidons qu’il faut ensuite remonter…

L’entrée du sanctuaire se fait 10 par 10. Une nouvelle prière, installés tous par terre avec l’imam, on passe dans la chambre de l’ermite, il faut passer sous le bâton et ensuite ressortir assez vite car les autres pèlerins attendent. Dans le sanctuaire et lors de la remontée, les gens étaient souriants, comme si nous venions de partager un grand moment ensemble. La dimension religieuse n’y étaient pas pour nous mais nous avons tout de même ressenti une certaine communion. Belle expérience.

Pour d’éventuels futurs voyageurs voilà les coordonnées géographiques de la mosquée :

N45.595527 E54.082119

Bekhet-Ata

Bekhet-Ata est un ensemble de 4 mosquées fondées par un sage . L’une d’elle est souterraine et très réputée. En revanche, peu d’information sur sa localisation. Dans les guides, ils préconisent de s’adresser aux agences et taxis et d’avoir un bon guide…Nous partons en direction de Shetpe pour essayer de trouver un guide mais sur la route, on aperçoit une petite pancarte désignant une piste, Bekhet-Ata 140 kms. On y va ou pas ?

On a le plein de carburant, d’eau…. on y va. 140 kms de désert. La difficulté principale était de suivre la bonne trace…. Un piquet tous les 20 kms, une mini pancarte tous les 40 kms. Nous étions très satisfait de voir ces points de repère, modestes mais qui prouvaient que nous étions sur la route. Le soir, nous avons bivouaqué en plein désert. Dans la journée, nous avons croisé des dromadaires, des squelettes de dromadaires et des oiseaux.

Le lendemain, nous arrivions à Bekhet-Ata, pas peu fiers de nous, pour s’apercevoir qu’une route toute neuve (pas encore goudronnée ) arrivait jusque là ! Qu’importe, cette ballade nous a fait une belle expérience pour la suite.

Me revoilà….

La plupart d’entre vous savez que nous avons pris la décision de mettre un terme à notre voyage. La boucle n’ira pas jusqu’en Mongolie mais jusqu’au Kazakhstan, ce n’est pas si mal déjà…J’ai beaucoup de mal à « digérer » cette décision, même si elle est inévitable. La mécanique n’est pas en cause, même si en ce moment, nous sommes dans l’attente de garniture de freins arrière. C’est le sol de la cellule qui s’effondre. Le constructeur a été trop confiant envers son fournisseur quand aux propriétés du sol autoportant…..

Quand on parlait de ce voyage entre nous, Jeff avait fait la remarque : si nous devons renoncer, aurons nous la lucidité de le faire. Nous l’avons…. Il m’a fallu deux jours pour arrêter de pleurer. Cela n’avance à rien. Alors, c’est reparti. Il faut organiser le retour et la Mongolie tout de même mais en avion. Nous avions des réservations là-bas et nous avons promis à Philip, notre fils handicapé, que nous l’emmènerions voir le Nadaam. Nous allons tenir cette promesse….

Pour rentrer, nous allons prendre le bateau entre Aktau et Bakou, traverser l’Azerbaïdjan, la Géorgie, le nord de la Turquie puis la Bulgarie, la Serbie, la Slovénie et le nord de l’Italie. Evidemment si nous avons le visa pour l’Azerbaïdjan…. Nous prendrons les grandes routes et autoroutes pour essayer de ménager au mieux la cellule.

Je ne me sens pas très en verve aujourd’hui. Je vais mettre les dernières photos que nous avons faites avant de tomber en rade. Depuis dimanche (nous sommes vendredi) nous sommes dans une cour de garage dans la zone industrielle de Zanahozen. Pas top. Pas de boutique alimentaire, pas de café….. j’ai dû refaire du pain et je déstocke les boîtes de conserve que j’avais gardée pour la Mongolie. Le temps est loooonnnng ! Même pas de bière pour continuer mon étude comparative. Le néant !

Le Nozym

Le Nozym est la fête nationale du Kazakhstan et correspond à l’arrivée du printemps. Nous avions prévu de partir ce matin mais finalement, la curiosité nous a poussés à rester un jour de plus. Nous arrivons sur la place principale de la ville. Des yourtes sont installées. Nous sommes invités à entrer. Un homme se tient à l’entrée avec une carafe d’eau et un petit bassin pour qu’on se lave les mains. On enlève les chaussures et on rentre avec une petite hésitation à cause du chien. Mais nous voyant sur le point de ressortir, Evi est conviée. Je la pose dans mon sac près de moi. Elle ne bouge pas. La yourte se referme. Nous voilà assis sur des coussins posés par terre, à table avec des inconnus, tous contents d’avoir des invités hors normes. La table était recouverte de plats divers. On a goûté à plusieurs choses et notamment au thé au lait qui servait de boisson. Les femmes servaient, les hommes mangeaient. Discours, Jeff en a fait un en français, prières, photos et tout à coup, tout le monde se lève et sort . La yourte est de nouveau ouverte et de nouveaux convives s’installent. C’est la même chose dans les autres yourtes. Certaines sont réservées aux femmes et aux enfants.

Nous nous baladons sur la place pour écouter les artistes qui se produisent. La musique kazakh est plutôt harmonieuse. Elle n’attaque pas nos oreilles occidentales et donne envie de danser. Notre promenade a été écourtée car Evi était extrêmement sollicitée par les enfants et pas toujours en douceur. Nous étions apostrophés et attrapés tout le temps pour faire des selfies. On a même été interviewé par la télé ! Des stars mais c’est pesant au bout d’un moment. On a ramené Evi au camion. Nous y retournerons dans la soirée, il y a un concert.

Beyneu

Nous attaquons la route vers Beyneu avec une grande angoisse. Si les 430 kms à faire doivent ressembler à la route de la frontière, cela va être infernal. Heureusement, nous trouvons une route plutôt bonne malgré des passages de « vagues ». Jeff arrive mieux à les repérer et freine avant pour éviter les « décollages ». Nous arrivons en fin de journée, sans avoir eu besoin d’escale. Si, une seule, il est difficile de trouver des containers poubelles. Nous nous sommes arrêtés sur un espace où il y avait poubelles et toilettes. Jeff a testé. C’est une expérience qu’il ne renouvellera pas….

L’accueil ici a été bien meilleur. Des jeunes sont venus spontanément à notre rencontre, des enfants ont testé leurs trois mots d’anglais. Une prof d’anglais nous a proposé de rencontrer ses élèves (vous imaginez les Grands, votre mère en exemple pour l’anglais !!!!). Un artiste local nous a emmenés voir son atelier. Nous suscitons beaucoup de curiosité bienveillante.

Les cimetières sont plus repérables que les habitations….


Le Kazakhstan, Atyrau

Ce qu’il y a de plus difficile ici, c’est de trouver des gens qui parlent anglais. Les premières rencontres dans les villages entre la frontière et Akystau ont été très décevantes.

Pas de sourire, aucune tentative pour nous aider. Cela nous a fait un choc après l’accueil au Daghestan. De plus la route est POURRIE. Plus jamais je ne me plaindrai des routes françaises. L « autoroute » qui nous suivions est la route principale entre Astrakhan et Atyrau. Cela tient plus du chemin vicinal mal entretenu (mais en plus large) que d’une simple route. En plus, la nuit avait été pluvieuse. De la boue partout, comme si on roulait sur de la neige tassée. Ce fut très éprouvant pour le chauffeur et le reste de l’équipage. La monture a souffert également malgré toutes les précautions prises par Jeff.

Au Kazakhstan, il faut s’enregistrer, comme en Russie. Nous avions eu des problèmes en Russie car nous avions choisi un petit hôtel peu habitué à recevoir des étrangers. A Atyrau, nous décidons de descendre dans un palace (une fois n’est pas coutume !) pour avoir le service. Au début, les réceptionnistes ont juste proposé de nous appeler un taxi pour nous rendre au bureau de l’immigration. Puis le propriétaire est arrivé et tout a changé. Nous avons été accompagnés, (chauffeur et interprète) à l’enregistrement, mais aussi chez un assureur pour le véhicule et au magasin pour faire activer nos cartes sim. Sans eux, nous n’aurions pas réussi….

Le Sultan Palace ! Très bel établissement. Le propriétaire est allé en France et a conçu son hôtel avec de fortes influences françaises. C’est fastueux mais pas kitchissime. Piscine, lit plus que king size dans lequel j’ai mal dormi car Evi a dû rester dans le camion. Ici, les chiens ne sont acceptés nulle part…. La piscine et le sauna nous ont fait du bien. Le massage de la tête et des épaules a commencé au niveau des reins ! On garde encore aujourd’hui des douleurs résiduelles de l’action tonique de la masseuse ! Pour 135€ chambre, cocktails, repas et vin italien. Une petite oasis de luxe après cette route qui nous a fait douter du bien fondé de poursuivre….

Atyrau est une grande ville sans charme. On sent qu’elle se tourne vers la modernité et fait les choses en grand. Les bâtiments sont démesurés. Des rdc de 4 à 5 m de plafond, mais peu d’étages , des façades assez sobres mais avec colonnes. C’est plutôt joli mais quand on voit la pauvreté des campagnes, cela interpelle….

Quand on fait des courses sans rien comprendre aux étiquettes, on a parfois des surprises.

D’abord, j’ai trouvé du beurre salé. C’est ma dope ! Ma réserve n’était pas épuisée mais pouvoir renouveler le stock m’a fait grand plaisir.

Ensuite, j’ai pris un bocal d’œufs de lump pour des tartines un soir. Après avoir bataillé un grand moment pour l’ouvrir, on a constaté que c’était du caviar. Jeff en a mangé pas mal au Tadjikistan, il a bien reconnu. Obligé d’ouvrir la bouteille de vodka …

Nous testons aussi des bières mais avec parcimonie car au volant ici, le taux d’alcoolémie autorisé est zéro.

Sortir de Russie

Nous sommes arrivés à 16h15 dans la file des voitures pour passer la frontière. Il n’y a qu’une file pour sortir donc, c’est parfois aux camions de passer, parfois aux voitures. Très très lent…. Cela donne lieu à des altercations entre ceux qui attendent dans la file et ceux qui resquillent en passant sur les bas côtés. On a vu une femme saisir un parpaing pour menacer une voiture qui doublait…

Nous avons eu le droit à une fouille très minutieuse et des temps d’attente très longs. Notre escapade en zone militaire interdite en est peut-être la cause.

Sortie de Russie, 21h30 et entrée au Kazakhstan, 22h30. On s’est aperçu le lendemain que le douanier russe nous a braqué la lampe torche !!!

Heureusement, nous avons les liseuses pour passer le temps…