En chemin vers la France (1ère quinzaine d’avril 2019 )

Qobustan a été notre dernière visite. Ensuite, cela a été conduite, conduite et conduite avec parfois des surprises.

Avant de passer la frontière entre la Géorgie et la Turquie, nous nous arrêtons pour faire le plein et manger un morceau dans le restaurant de la station service. En fait, rien n’était prêt dans les cuisines. On nous a apporté thé et gâteau de semoule pour nous faire patienter. Il était 13h30. Puis, le cuistot a commencé à éplucher les légumes, à faire les boulettes et faire chauffer un four pour faire mijoter tout cela. En attendant, on patientait. On s’est alors aperçu qu’une flaque se formait sous la roue arrière droite, c’était du liquide de frein. La réparation kazakh n’avait pas tenu … Le patron de la station a appelé un collègue mécano et nous voilà partis au garage. Rien à faire pour réparer. La solution adoptée, démonter les freins sur la roue, pincer le tuyau de liquide de frein pour arrêter la fuite et laisser la roue en « roue libre ». Ca n’arrangeait pas nos affaires pour passer les cols mais au moins on pouvait rouler. Jeff a dû être encore plus doux sur le freinage …

Vers 17h on est reparti vers la frontière, sans savoir si le repas était enfin cuit 😉

Les routes principales en Turquie sont vraiment bonnes. Nous avons pu rouler à bonne allure sur l’autoroute. Enfin, bonne allure, pour Bidouille c’est 80 kms/h ! Mais entre Gerède et Bolu le pneu arrière gauche a explosé. Drôle de sensation !!! Décidément, on cumule…. Le voyage au long cours n’est pas un long fleuve tranquille.

Jeff est passé maître dans le changement de roue mais là, nous n’avions pas la possibilité de le faire nous même. Le pont était tellement bas que le cric ne passait pas… Heureusement, il y a des « patrouilleurs » sur l’autoroute et très vite un dépanneur est venu nous changer la roue. Hélas, le cerclage de la jante avait sectionné le tuyau d’arrivée de liquide de frein. Obligé de le pincer lui aussi et de rouler ainsi jusqu’à un garage. Garage est un grand mot. Mais si l’échoppe était minuscule, les mécanos ont été très efficaces. Après une heure d’attente à boire le thé, en voilà un qui revient avec une tuyauterie pour remplacer celle qui avait été sectionnée. Pas d’appel à IVECO mais un plombier local qui a récupéré les embouts de la canalisation sectionnée et les a ressertis sur le nouveau tuyau de cuivre. A 19h, nous pouvions repartir. Nous décidons de rester sur place. Il n’est pas facile de se garer en Turquie dans les zones urbaines.

Sachant que nous restions pour la soirée, les trois mécanos nous invitent à dîner. Un petit restau où ils ont leurs habitudes. Evidement, nous n’avons pas pu les inviter ni même régler nos repas. Nous pensions aller nous coucher ensuite mais que nenni ! Nos turcs avaient envie de continuer la soirée. Nous nous sommes retrouvés de nuit, au bord d’un lac, sous une pluie battante, à l’abri d’une porte de coffre de voiture à danser sur de la techno turque en buvant une bière. Et oui, le voyage, c’est aussi cela. Cela reste un excellent moment.

Rendez-vous le lendemain matin pour le petit déjeuner , mais là encore, impossible de régler quoi que ce soit.

Nous sommes enfin partis après avoir fait monter sur la jante un pneu de rechange que nous avions .

Ensuite ce fût de la route, de la route et encore de la route.

La dernière petite frayeur que nous avons eue a été à l’entrée du tunnel du Fréjus. Arrivés juste à l’entrée, un employé de la sécurité du tunnel nous refuse l’accès car le camion n’est pas minimum Euro 3. Pov’ Bidouille ! Ca existait pas ces normes à sa naissance !!! Heureusement le chef est arrivé et voyant que la carte grise est en VASP, il nous laisse passer. Ouf ! Les cols étaient fermés, il n’y avait pas trop d’alternative …

Voilà ! Le 14 avril nous sommes arrivés à Charmes-sur -Rhône, épuisés mais heureux d’être arrivés sans avoir explosé la cellule. Les craquements qui ont accompagné notre retour nous laissaient présager le pire. Jeff et sa conduite en douceur a fait merveille …

Nous avons retrouvé nos amis, nos enfants, cela a allégé la déception de ce voyage avorté. Mais en regardant les articles, nous avons vu de belles choses tout de même et nous avons rencontré de belles personnes.

Maintenant commence la longue épreuve pour les réparations et les dédommagements….

Qobustan

Suite à des secousses sismiques, des pans de falaises se sont affaissés et des gros blocs rocheux ont dévalé les pentes mettant en évidence des pétroglyphes.

On peut y voir un bestiaire préhistorique et beaucoup de gravures montrant des chasses et des bateaux.

Un petit musée à l’entrée donne toutes sortes d’explications et montre que plusieurs fois le niveau de la mer est monté ou descendu au cours des millénaire. Le musée est vraiment intéressant.

Arrivée en Azerbaïdjan

La mer a été calme, la cabine rustique et les repas roboratifs, bref on est bien arrivé. Le bateau a accosté vers 15h.

La valse des tampons, des inspections, des formalités recommence côté azéri. Là aussi, les chauffeurs turcs ont guidé Jeff et ont même négocié pour le tarif à appliquer à Bidouille. Délestés de pas mal de dollars, nous quittons Alat vers 20h. Il fait nuit noire et il n’y a rien à 20kms à la ronde. Nous gardons Thomas et Karo à dormir. Demain, il fera jour.

Le matin, il fait beau, nous sommes à 5kms de Qobustan, site au patrimoine de l’Unesco, nous décidons d’y aller avec les jeunes.

En route pour Kurick

La route est neuve donc nous roulons sans trop de stress. Des « monuments » de style « soviétique  » et des cimetières s’élèvent au bord de la route , ce sont les seuls choses à voir.

Nous arrivons au port lundi en fin de matinée. A la chasse aux renseignements, nous apprenons que le bateau est attendu mercredi. On s’installe pour attendre .Nos e- visas azéris sont arrivés. Pour le moment, ça roule.

Jeff fait connaissance avec des chauffeurs routiers turcs et avec un couple de voyageurs en mode sac à dos. Thomas est irlandais, Karo allemande. Ils se sont rencontrés sur la route au Canada et ont continué leur tour du monde ensemble. Nous les invitons pour le café qui quelques heures après s’est transformé en apéro-dîner. Très sympa mais à 21h, des policiers sont venus nous chercher, le bateau arrive mardi, il faut commencer les formalités. A 23h30, tout le monde revient au camion et nous dînons enfin. Rendez-vous à 7h30 pour finir les formalités. En fait, il n’y a eu personne dans les bureaux avant 10h. Il n’était pas possible de payer les billets en dollars, uniquement des tigrits, en liquide … L’enregistrement pour le passage du camion a été une course entre les différents bureaux du port. Cela a duré jusqu’à 14h30. Je ne sais pas le nombre de kilomètres que Jeff a parcourus. Heureusement, les routiers turcs ont aidé Jeff. Pas moins de 17 tampons juste pour Bidouille !

Enfin, à 16h, nous sommes sur le bateau avec Bidouille et nous avons une cabine pour dormir. Tout va bien.

Le retour 30/4/2019

La décision est prise, maintenant, il faut s’organiser… Nous avons bloqué la cellule pour ne pas casser le nouveau dessiccateur mais la réparation des freins est minimale faute de pièces adaptées. Nous choisissons d’éviter, autant que faire se peut, la montagne, de rester sur l’autoroute et de faire au plus court. Nous allons prendre le bateau d’Aktaou à Bakou. On évitera le contournement de la mer Caspienne et ses routes incroyables. Tout d’abord, demander les visas pour l’Azerbaïdjan, aller à Aktaou pour prendre les billets de ferry et trouver le port. La route pour Aktaou n’est pas trop mauvaise mais nous sommes terriblement stressés au moindre chaos. Nous arrivons dans cette ville samedi en fin de matinée et trouvons le bureau de la compagnie du ferry. Merci aux blogs que j’ai consultés avant le voyage !

Manque de chance, une panne de courant ne permet pas d’éditer les billets ou de faire des paiements par carte. Rendez-vous à 14h30. Nous y serons, mais pas eux … Pas grave. D’après leurs explications, on peut prendre les billets au port, qui a été déplacé à Kurick. Mais les billets se paient en dollars et en liquide. Il n’y a pas de distributeur de billets dans les locaux du port. Le challenge, trouver des dollars (nos 1000$ achetés en France ont fini dans les poches du mécano !) Tout le dimanche matin a été occupé à courir de banque en banque pour échanger des euros contre des dollars. Mission accomplie. (en France, ça n’aurait pas été possible !)

Nous décidons de nous faire une pause cocooning, hôtel, restau et service de blanchisserie pour les pulls, les jeans. Hôtel Victory en bord de mer. Proprio très sympa, qui accepte les chiens (rare ), chambre immense et très propre. En plus, il y avait une baignoire !!!

Avant de plonger (dans la baignoire ), nous profitons d’un rayon de soleil pour nous balader en bord de mer. Une immense promenade a été aménagée. Les familles, les couples, les jeunes se promènent, font du vélo, différents jeux de ballons … C’est un endroit agréable où les gens sont très souriants et très intéressés par Sa Majesté Evi-Dance des Neiges bleues d’ Euskadi. 🙂

Après un restaurant de poissons et une bonne nuit, nous récupérons la blanchisserie et préparons le camion avant d’aller prendre le petit déjeuner. Devant le camion, un monsieur nous attend et en français engage la conversation. Eminent scientifique, ce monsieur a fait ses études à Clermont-Ferrand et garde un bon souvenir de cette période. Il nous invite à sa table pour le petit déjeuner et nous poursuivons avec plaisir la conversation. Nous sommes invités pour le soir mais nous préférons reprendre la route. Nous sommes attendus à Astana ou Noursoultan lors de notre prochain voyage. Qui sait ?

En route pour l’Ouzbékistan

Après ce moment bien agréable, nous décidons de reprendre la route pour la frontière ouzbek. Cette visite nous a fait faire un grand détour mais qu’importe, le voyage, c’est ça aussi. Nous privilégions la nouvelle « route » pour remonter vers Benyeu puis la frontière. En quittant le parking, un homme se met en travers du chemin pour nous demander de l’emmener jusqu’à Xanaozen à 150 kms. Pourquoi pas… On déloge Evi de son siège et on embarque ce monsieur, ne parlant que kazak. La conversation fut brève mais il a compris qu’on était français en route pour la Mongolie et il nous a chanté « la vie en rose » et une autre chanson d’Yves Montand en kazak. Hallucinant !

30kms plus loin, un grand bruit sous le camion, Jeff s’arrête sans couper le moteur et part récupérer des morceaux que nous avions vu rebondir à l’arrière. Une fuite d’air énorme, aucune ville avant 120kms, nous avons repris la route, sans utiliser les freins, en calculant les feux et les stop pour ne pas devoir s’arrêter jusqu’à trouver une station d’essence désaffectée à l’entrée de Xanaozen où nous nous sommes « échoués ». Une patrouille de police, installée sur l’aire de la station faisait des contrôles routiers.

Notre « camion-stoppeur », arrivé à destination, explique aux policiers qu’on est français et en panne et s’en va. Heureusement un policier sait que la soeur d’un collègue parle anglais et une heure après, cette jeune femme est devant nous avec son père. Et là, tout nous échappe ! Un mécano intervient pour le diagnostique puis revient le lendemain avec un dessicateur et un support, il raffistole tout cela et nous précède pour aller jusqu’au garage pour la réparation des freins.

Enfin, n’imaginez pas un garage à l’européenne. Là, c’est une cour en terre pleine de cratères. Heureusement nous avons des outils …

Arrivés au garage, nous constatons l’ampleur des dégâts et surtout, nous trouvons la cause… Le plancher de la cellule s’est effondré autour du support de liaison avec le châssis. Cela a engendré un angle de balancement trop important à chaque secousse et les chocs répétés ont cassé le dessicateur. Sans air, le frein de parc s’est engagé et les freins ont fondu … Les réparations des freins vont être longues : 10 jours. Et elles seront temporaires car impossible de trouver des garnitures de freins adaptées. Le mécano fait au mieux.

Mais entre la cellule très affaiblie et les freins en mode dégradé, impossible de continuner. Nous n’avions fait que des « grandes routes » et un peu de piste. Nous devions faire la route du Pamir et le tour de la Mongolie. Impossible dans ces conditions.

La décision de rentrer a été une terrible déception mais il fallait être lucide. Notre aventure s’arrêtait là …. pour le moment … L’idée d’un nouveau départ après réparation m’a soutenue durant cette période …

Avant notre départ, nous avons été invité à déjeuner par les parents de la jeune femme qui a servi d’interprète durant ces 10 jours. Excellent repas trop copieux, juste pour nous car eux ne mangent que le matin et le soir. Le midi, c’est thé, pain, sucreries. Nous étions un peu gênés. Mais nous avons passé un bon moment ensemble. Avant notre départ de France, j’avais fait un livre photos avec des vues des différentes régions de France, des photos personnelles (famille, maison). Arkobach et sa maman ont été très interessées et ont posé beaucoup de question.

Bekhet-Ata, le lieu saint.

Bekhet-Ata

C’est une mosquée souterraine. C’est un haut lieu de l’Islam pour toute l’Asie centrale.

Mais, son emplacement n’est inscrit nulle part. Dans les guides, le seul conseil, aller à Shepte (313 kms), prendre un guide local avec un 4×4 et se faire 120kms de désert pour rejoindre la mosquée. Les guides précisent que la route est difficile. C’est normal, cela participe au pèlerinage. Les « souffrances » endurées durant le trajet sont une offrande à Allah.

En prenant des informations dans différents guides, nous sommes parvenus à « trianguler » une position très approximative.

A Beney, on nous explique qu’il y a une route à la sortie de la ville qui mène tout droit à la mosquée.

A la sortie de la ville, nous découvrons une très ancienne mosquée qui appartient à un groupe d’édifices réalisés sous la houlette du même saint homme, Beket-Ata. Ce bâtiment ressemble plus à un  » monastère  » . De toutes petites cellules, une petite salle de prière, tout cela perdu au milieu de rien.

Nous continuons notre route et là, stupeur, nous voyons un petit panneau « Bekhet-Ata     140kms »

Une piste part dans le désert. Nous hésitons un peu je l’avoue. D’un côté, la peur de l’inconnu, de l’autre les réponses négatives à nos demandes de guides et un trajet deux à trois fois plus long.

Nous avons le plein d’eau, de gasoil, il fait beau…. On tente. Par précaution, je relève la position GPS de notre « sortie de route » et le cap (en cas de demi-tour …) et c’est parti. Les premiers mètres sont délicats mais ensuite la piste s’améliore vraiment. Mais cela reste une piste…

Jeff a installé un compas de marine sur le tableau de bord, nous en avons eu bien besoin.

Cette mosquée se mérite. Un panneau tous les 40kms et un piquet tous les 20kms. Il faut une navigation « aux petits oignons » pour les trouver. Pendant plus de deux jours, nous n’avons vu que des chameaux et encore de loin.

Plusieurs fois, nous avons eu l’impression d’être perdus. Pas de réseau, pas de téléphone. En cas de gros problème, nous avons une balise de détresse satellitaire. Cela nous tranquillise tout de même…. On a continué au cap en espérant que l’esprit du saint homme nous guiderait. Et nous sommes arrivés, très fiers de nous, pour découvrir qu’une nouvelle route desservait l’édifice. Ce n’était ni sur le GPS, ni sur la carte papier, la route étant encore en cours de construction et goudronnée sur peu de kms comme nous le constaterons en repartant. Qu’importe, nous étions heureux d’avoir vécu cette sensation d’infini et de solitude absolue….

L’accueil des pèlerins se fait dans des bâtiments sur un grand plateau rocheux. Un jardin avec des bancs permet de patienter avant de descendre à la mosquée et d’admirer  le point de vue magnifique. La mosquée n’est ouverte que de 6h à 9h et de 15h à18h. Nous sommes arrivés en dehors de ces heures et avons déambulé dans les environs, jusqu’à ce qu’une personne nous accoste et nous invite très cordialement à entrer dans l’espace pour les pèlerins.

Nous étions un peu inquiets de savoir si nous pourrions accéder à la mosquée. A Jérusalem, tous les lieux de prières  musulmans étaient interdits aux « infidèles ». Ici, rien de cela. Nous avons été invités à boire et à manger, à nous reposer dans les salles communes (une salle homme, une salle femme). Les gens étaient souriants, attentifs et nous nous sommes sentis extrêmement bien accueillis. Comme si notre démarche de visiter ce lieu était  considérée comme un honneur pour eux. Vraiment, je n’ai pas senti de malaise, même quand l’imam a appelé tout le monde pour une prière « préparatrice » à la descente vers le lieu saint.

J’ai fait peu de photos des lieux et des gens. Je suis très respectueuse des pèlerins et refuse le « voyeurisme ». Vous aurez droit à des photos des extérieurs, de la descente et à trois photos de l’intérieur de la mosquée que j’ai  « volées » à un autre voyageur.

La descente a été plutôt facile même si les glissades ont été fréquentes. Mais chaque mètre descendu allait devoir être remonté…Cela m’inquiétait un peu… Nous sommes descendus pendant 45 mns…

Ce qui m’a le plus surprise, c’est de voir de très vieilles personnes, marchant très mal, avec cannes, parfois obèses et qui se lancent dans cette descente, sourire aux lèvres. A mi chemin, une source d’eau semble avoir des pouvoirs de guérison. Les familles viennent y remplir des bidons qu’il faut ensuite remonter…

L’entrée du sanctuaire se fait 10 par 10. Une nouvelle prière, installés tous par terre avec l’imam, on passe dans la chambre de l’ermite, il faut passer sous le bâton et ensuite ressortir assez vite car les autres pèlerins attendent. Dans le sanctuaire et lors de la remontée, les gens étaient souriants, comme si nous venions de partager un grand moment ensemble. La dimension religieuse n’y étaient pas pour nous mais nous avons tout de même ressenti une certaine communion. Belle expérience.

Pour d’éventuels futurs voyageurs voilà les coordonnées géographiques de la mosquée :

N45.595527 E54.082119

Coucou !

Nous ne sommes pas morts…. Mais depuis Bekhet-Ata, nous avons des tas d’ennuis. Ils se résolvent un par un et on continue tant bien que mal notre retour vers la France. Nous sommes à 120kms à l’est d’Istanbul. Nous allons bien, même si les nerfs sont éprouvés par les diverses péripéties que nous traversons. Je vous raconterai en détail, mais plus tard. Une amie m’a fait remarquer que mon silence était source d’inquiétude pour certains de ceux qui nous suivent. Alors voilà. On va bien, on ne s’est pas encore écharpé, et seul notre escargot nous cause du souci. Mais, on va s’en sortir. Faites la réserve de glaçons et de gâteaux d’apéro, on arrive dans ….2600 kms….

Bekhet-Ata

Bekhet-Ata est un ensemble de 4 mosquées fondées par un sage . L’une d’elle est souterraine et très réputée. En revanche, peu d’information sur sa localisation. Dans les guides, ils préconisent de s’adresser aux agences et taxis et d’avoir un bon guide…Nous partons en direction de Shetpe pour essayer de trouver un guide mais sur la route, on aperçoit une petite pancarte désignant une piste, Bekhet-Ata 140 kms. On y va ou pas ?

On a le plein de carburant, d’eau…. on y va. 140 kms de désert. La difficulté principale était de suivre la bonne trace…. Un piquet tous les 20 kms, une mini pancarte tous les 40 kms. Nous étions très satisfait de voir ces points de repère, modestes mais qui prouvaient que nous étions sur la route. Le soir, nous avons bivouaqué en plein désert. Dans la journée, nous avons croisé des dromadaires, des squelettes de dromadaires et des oiseaux.

Le lendemain, nous arrivions à Bekhet-Ata, pas peu fiers de nous, pour s’apercevoir qu’une route toute neuve (pas encore goudronnée ) arrivait jusque là ! Qu’importe, cette ballade nous a fait une belle expérience pour la suite.

Me revoilà….

La plupart d’entrevous savez que nous avons pris la décision de mettre un terme à notre voyage. La boucle n’ira pas jusqu’en Mongolie mais jusqu’au Kazakhstan, ce n’est pas si mal déjà…J’ai beaucoup de mal à « digérer » cette décision, même si elle est inévitable. La mécanique n’est pas en cause,même si en ce moment, nous sommes dans l’attente de garniture de freins arrière. C’est le sol de la cellule qui s’effondre. Le constructeur a été trop confiant envers son fournisseur quand aux propriétés du sol auto-portant…..

Quand on parlait de ce voyage entre nous, Jeff avait fait la remarque : si nous devons renoncer, aurons nous la lucidité de le faire. Nous l’avons…. Il m’a fallu deux jours pour arrêter de pleurer. Cela n’avance à rien. Alors, c’est reparti. Il faut organiser le retour et la Mongolie tout de même mais en avion. Nous avions des réservations là-bas et nous avons promis à Philip, notre fils handicapé, que nous l’emmènerions voir le Nadaam. Nous allons tenir cette promesse….

Pour rentrer, nous allons prendre le bateau entre Aktau et Bakou, traverser l’Azerbaïdjan, la Géorgie, le nord de la Turquie puis la Bulgarie, la Serbie, la Slovénie et le nord de l’Italie. Evidemment si nous avons le visa pour l’Azerbaïdjan…. Nous prendrons les grandes routes et autoroutes pour essayer de ménager au mieux la cellule.

Je ne me sens pas très en verve aujourd’hui. Je vais mettre les dernières photos que nous avons faites avant de tomber en rade. Depuis dimanche (nous sommes vendredi) nous sommes dans une cour de garage dans la zone industrielle de Zanahozen. Pas top. Pas de boutique alimentaire, pas de café….. j’ai dû refaire du pain et je déstocke les boîtes de conserve que j’avais gardée pour la Mongolie. Le temps est loooonnnng ! Même pas de bière pour continuer mon étude comparative. Le néant !