Boumalne, Tamtattouchte, Tinghir

Après une nuit horrible à cause de bagarres de chiens errants à proximité du camion, nous repartons pour visiter les gorges du Todra. Encore de gorges ? et oui. Celles-ci sont moins longues et nous les parcourons dans la vallée, contrairement à Dadès où nous étions au-dessus. C’est imposant et le site est très renommé d’où les stands de vente tout du long du goulet. Nous poursuivons la route jusqu’au dessus d’un barrage. Nous retrouvons quelques traces de neige, le temps change. Le vent s’est levé, apportant de gros nuages. La météo prévoit des précipitations pendant la nuit. Nous décidons de ne pas rester en altitude . Nous n’avons pas envie de tester les capacités de déneigement des routes moins que secondaires ! Il est difficile de trouver un coin pour faire demi-tour. mais une fois fait, on redescend sans problème.

A Tinghir, nous avons remarqué qu’une majorité des femmes portaient par-dessus leurs vêtements un grand tissus carré noué sur l’épaule. Ce tissus était soit blanc, soit imprimé léger sur fond blanc. Il faudra que je fasse des recherches pour savoir pourquoi.

Ma première lectrice a fait la recherche pour moi ! Merci Gene !

Ce voile blanc, appelé Rdi, est typique des amazighs de la vallée du Todra. La place du nœud est un signe distinctif. Epaule gauche, célibataire, épaule droite, veuve ou divorcée, sur les deux épaules, mariée.

Nous sommes chez les Berbères. Le sigle « Homme debout ou Homme libre » est très présent, sur les murs, les portes, les drapeaux.

Photos avant d’arriver aux gorges

De Skoura à Boumalne

Ce matin, pas de grasse matinée. En voyant les prévisions météo de fin de semaine, nous décidons de faire un périple initialement prévu sur deux jours. En avant pour les gorges du Dadès.

Ces gorges sont somptueuses. Les photos vous parleront mieux que mes mots.

Au sortir des gorges, deux choix possibles. Continuer sur Agoudal et descendre sur Tinghir par un autre versant et suivre les gorges du Todra, ou prendre une route pas très définie pour rejoindre le début des gorges. Nous jouons la sécurité en partant sur Agoudal. Nous espérions une route de bonne qualité puisque nous étions dans une vallée. Erreur ! Des trous, des chutes de pierres, un pont dont on voyait les ferrures, un autre dont la largeur était à peine celle de la voie de Bidouille et pour couronner le tout, des câbles bien trop bas pour ma tranquillité. Nous avançons néanmoins mais à 40kms d’Agoudal, deux cyclomotoristes nous font de grands signes. La route est bloquée, demi-tour ! Et RE les ponts, les câbles etc…

Nous rejoignons la route peu définie pour aller au début des gorges du Todra. Nous nous félicitons de cette route toute neuve et nous avançons tranquillement. Nous trouvons de la neige. La route est partiellement dégagée mais pas même la largeur d’une voie. On persévère. Les zones enneigées sont de plus en plus importantes et les bas-côtés parfaitement instables. Nous hésitions à continuer mais faire demi-tour allait être scabreux. Sur le point de prendre une décision, un jeune en 125cm3 arrive près de nous et nous fait comprendre en arabe qu’il ne faut pas continuer, la route est coupée. Il nous a vu passer de chez lui et nous a pris en chasse pour venir nous avertir. La gendarmerie royale nous a regardé prendre cette route sans réagir …

Ce jeune, Hussein, nous a guidé pour le demi-tour et le retour. Nous aurions pu faire sans lui mais il avait à cœur de nous sortir de là. Nous lui avons offert café, gâteaux et 100 dirhams pour le remercier.

Je dois dire que je n’étais pas à l’aise. Plus tôt dans la journée, lors d’un arrêt pour pause physiologique du chauffeur, nous avons mis une roue sur le bas côté pour se sortir un peu de la route. La roue avant droite s’est enfoncée brusquement. Cela fait drôle de sentir le camion basculer. Nous sommes revenus sur le goudron après quelques manœuvres mais avons laissé une superbe empreinte de roue ! Pour la suite du trajet, je surveillais la limite goudron-bas côté !

Le demi-tour dans la neige a nécessité de nombreuses manœuvres malgré l’empattement court de Bidouille et son très bon rayon de braquage.

Nous voici de nouveau à la sortie des gorges du Dadès. Plus qu’à les parcourir dans l’autre sens, aucune autre alternative.

Voilà pourquoi, nous nous retrouvons pratiquement au point de départ après 9h de conduite. Jeff a vraiment assuré. La navigatrice a prié, serré les … poings 😉 et même parfois fermé les yeux. Jeff + Bidouille, un duo de choc !

Aït Ourir à Skoura

D’ici à là, il y a le col de Tizi-n-Tichka 2260m. Il a neigé pendant une semaine, d’où notre arrêt à Sidi Kaouki. Mais depuis deux jours, le soleil est partiellement revenu et on peut y aller en convoi, alors en avant ! En fait , nous avons fait 900m après notre bivouac et nous avons été bloqués. La neige n’était plus en cause mais un glissement de terrain qui avait englouti la route. Il faut dire que l’argile devient molle avec l’eau et tout dégringole. Nous retournons au bivouac après trois heures d’attente. Nous retrouvons trois jeunes voyageurs avec qui nous passons un moment convivial, gâteau, bière et molky. Evi fait de l’exercice pour échapper aux attentions joueuses et affectueuses d’un genre de malinois local de 3 mois.

Aujourd’hui, ça passe !!! Nous voilà partis pour Ouarzazate. Un vent très violent nous a surpris dès les premiers kilomètres. Le fait d’être dans une vallée a sans doute fait effet « venturi ». Le camion était instable et Jeff a eu du mérite à le garder sur la bonne trajectoire. Le vent nous a accompagnés jusqu’en haut et sur la descente plus rien. Que dire de la route, il vaut mieux mettre des photos.

La plupart des maisons berbères sont construites en argile + « paille » + ? et le toit est en branches de thuya, colmaté par de l’argile et lesté par des cailloux sur le pourtour. Le pisé dans le désert est fait avec argile, paille et excréments de chameaux pour servir de liant. En montagne, je ne sais pas ce qui fait le même office, car je n’y ai pas vu de dromadaires 😉

En attendant, la neige ne doit pas rester sur le toit car l’argile perd sa rigidité avec l’eau. Ce matin, plusieurs habitants étaient sur leur toit pour pousser la neige, vider les flaques d’eau et réétaler correctement l’argile.

La neige fond et les oueds reprennent vie. Pas encore de quoi remplir les lits mais ce ruissellement met les habitants en joie. Les eaux ici sont brun-rougeâtres car elles charrient beaucoup d’argile.

Nous quittons la montagne pour traverser des paysages bien différents, par moments lunaires, à d’autres nous faisant penser au désert des Bardénas en Espagne.

Sur la route, le chauffeur d’un taxi en panne nous interpelle et nous demande de transmettre un message à Ouarzazate. Etant donné le nombre de galères mécaniques que nous avions vécues avec Bidouille, nous n’avons pas hésité. On aurait peut-être dû 🙂

Pas de nom de rue, en face d’une station Afriquia (y’en a plein ), à côté d’une banque populaire (on en a trouvé 2 mais pas la bonne) avec un palmier devant. Cool pour trouver 🙂 Et bien, on a réussi ! Abdul a eu le message . Du coup, thé et visite de l’exposition artisanale. Abdul est touareg et sa famille est toujours nomade dans le Sahara. Tous les ans, Abdul organise une caravane de 300 dromadaires chargés de thé, sucre, farine, etc … pour acheter l’artisanat des différentes tribus nomades. L’argent dans le désert ne sert à rien, les denrées sont plus utiles.

L’exposition est magnifique. Pas du bazar de souk made in china ni des trucs manufacturés à la chaîne. De vieilles portes transformées en table, décorées avec des os de dromadaires, os teintés avec du safran, du coquelicot sauvage.

Pour les tapis, chacune des 5 tribus nomades a son savoir-faire, ses traditions. Les teintes sont obtenues avec le safran, le coquelicot et l’indigo.

A la sortie de Ouarzazate, un pylône extrêmement lumineux nous interpelle. Je me rappelle avoir vu un reportage sur une centrale solaire. C’est très surprenant .

Nous continuons notre route dans ce désert jusqu’à Skoura, notre étape du jour.

Sidi Kouaki à Aït Ourir

Après 5 jours de bulle, de menus bricolages pour Jeff et mise à jour du blog et de série sur Netflix, nous repartons tenter notre chance en montagne. Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir passer. On verra. En attendant, on se rapproche.

Nous étions dans une aire de camping-car sympa, Camping du Soleil, chez Ali. Rustique, mais en fonction de leurs moyens, ils faisaient au mieux. Les sanitaires étaient très propres mais l’eau chaude manquait les trois quarts du temps. Un local poubelle, une lingerie, des fils pour étendre le linge, une aire de vidange, etc. et wifi correct 🙂

Petite attention quotidienne, Ali tous les matins nous apportaient du pain, tout chaud et gratuit. Je n’avais jamais vu cela. Je recommande, malgré la ménagerie (chiens chiots chats chatons ) qui vit sur le camping. C’est sympathique mais bruyant au moment du repas et parfois la nuit.

Comme nous repassons par la même route jusqu’à Marrakech, il n’y aura pas de nouveau film.

La pluie des derniers jours a permis à la nature de » respirer ». Tout reverdit et il y a un peu d’eau dans certains oueds.

Nous avons revu les chèvres dans les arbres. En fait, les pauvres bêtes sont contraintes de monter dans les arganiers. Ensuite, les bergers interpellent les touristes pour des photos payantes de leur troupeau.

Vous verrez aussi une « station de taxis », ce sont des ânes attelés à des charrettes pour faire taxi. Il y en a plein. Les charrettes ont même un numéro peint à l’arrière.

Ce soir, nous bivouaquons à Aït Ourir près d’un oued et dans un bosquet d’eucalyptus. Bonne nuit !

Marrakech à Kaouki

Après Marrakech, nous devions partir dans l’Atlas faire des cols et des gorges. Mais la météo a décidé de se mettre à la pluie et à la neige. Bidouille ne craint pas grand chose, mais quelle utilité de partir en montagne, se faire des centaines de virages pour être dans les nuages, la pluie ou la neige et ne rien voir des paysages. Nous repoussons notre ascension et allons nous installer sur la côte en attendant le soleil. Déjà, plusieurs routes sont coupées…

On devrait repartir samedi matin. Après la pluie, le beau temps 🙂

Marrakech (suite)

Ce midi, le bruit, la chaleur et le monde ont eu raison de notre résistance. Même la chienne était toute molle dans les bras, tête et langue pendante. Nous nous sommes repliés à la maison pour une sieste au frais. Lors d’une conversation avec Sans Destination Finale, Fred nous a demandé si nous avions testé les spécialités culinaires de la place Jeema el Fna. Curieux, nous décidons de partir en expédition.

S’il y avait du monde la journée, là, c’était pire. Les marchandises vendues avaient changé mais il y avait toujours des camelots de trucs lumineux, des musiciens et nouveau, un jeu attrape-couillon que nous avons vu plusieurs fois. C’est un tissu de 0.80×0.80 m, posé au sol. Sur ce tissu des petits cercles avec des chiffres entre 2 et 15. Il n’y a qu’un 15 et plein de 2… On lance une poignée de monnaie. Si une pièce est entièrement dans le cercle, on récupère la mise multipliée par le chiffre dessous. Les cercles sont petits, pas vraiment circulaires. Peu de chance de gagner… Mais cela doit rapporter car les « croupiers » étaient très nombreux.

Nous continuons d’avancer sur la place et nous sommes surpris d’y découvrir tout un espace de restauration. Ce sont des stands numérotés et classés par spécialité. Ici, le standard, brochettes, tajines, couscous. Là, têtes de mouton bouillies et plus loin escargots et soupe. Nous avions très bien mangé chez le poissonnier vers 14h alors, nous n’avions pas assez faim pour succomber…

Nous sommes rentrés, heureux d’avoir secouer nos puces pour ressortir. C’était intéressant.

Après une nuit courte mais plus calme qu’escomptée, nous partons façon touriste, guide et plan à la main pour visiter le palais « El Bahia » et puis les tombeaux Saadiens. Nous laissons Evi seule dans le camion. C’est toujours délicat. Elle aboie en permanence quand elle est seule. C’est préjudiciable pour les voisins évidement mais on s’inquiète pour elle. Quand nous arrivons, son cœur bat la chamade, elle est essoufflée et assoiffée. A son âge, nous préférons limiter ces temps d’abandon.

Ce matin, d’un bon pas, nous partons visiter El Bahia. Nous sommes arrivés vers 9h30. Ce palais est une splendeur. Vraiment. Il a été construit par le grand vizir du sultan Hassan 1er pour son épouse et ses 80 concubines. Le palais est grand mais on imagine que la promiscuité de toutes ces femmes ne devait pas être facile. On pourrait passer des heures à admirer les stucs, plafonds à caissons peints, les portes décorées, les fontaines cours et jardins. Hélas, très rapidement l’endroit est envahi par des groupes de touristes. Fini le calme des jardins, évanouie la douce musique des fontaines. Nous avons eu une riche idée de venir tôt.

Nous fuyons la foule pour aller visiter les tombeaux Saadiens. D’où nous étions, ce semblait assez facile à rejoindre : première à gauche et au fond à droite. Soit ! Et nous arrivons au fond d’une cour avec plusieurs portes, qui donnent sur des habitations ou une salle d’exposition pour des tapis, lampes etc. Qu’avons nous loupé ? et bien rien ! Au fond de la boutique, une petite porte s’ouvre sur la ruelle où sont nichés les tombeaux . Il est surprenant qu’un monument aussi beau soit dans une petite niche mais il a été muré par Moulay Ismail, dynastie des Alaouites qui a vaincu les Saadiens. Moulay Ismail, jaloux de la splendeur des lieux, voulu faire disparaitre ces lieux, sans pour autant les détruire. Les français ont découvert ces lieux en 1917.

Ensuite, quelques photos, prises au cours de nos déambulations dans ce quartier de Marrakech. J ‘ai bien aimé cette balade matinale, il y a plein de choses à voir, plein de petits détails surprenants en bien ou en mal. Il y a beaucoup vie, de mouvements, de bruits. Sur une courte période, ça me plaît. Mais, nous limiterons notre visite pour cette fois-ci par égard pour notre boule de poils aveugle et malentendante qui panique facilement sans nous. Nous reviendrons pour les autres quartiers, et les jardins…

Direction Marrakech !

Les marocains l’appelle Arnakech….

La nuit à Asni fut longue. Des djembés jusqu’à 4h du mat, des aboiements de chiens errants et la voix gracieuse du muezzin vers 6h45. Bref, pas fâchés de s’en aller.

Les premiers virages font un peu mal au cœur. Il y en a tant eu hier que là, ça frisait l’overdose. Heureusement la route était large et de bonne qualité.

Nous essayons d’aller dans une grande surface pour racheter du café soluble et du café moulu, mais tous les parkings sont souterrains. Bidouille refuse de se déguiser en cabriolet donc, pas de café. Nous essaierons ailleurs, un autre jour.

Pour visiter Marrakech, nous avons choisi de rejoindre un parking payant où nous pouvons rester la nuit. Ce parking est à côté de la mosquée de La Koutoubia et de la place Jemaa El Fna, la place emblématique de la ville. Donc en plein centre-centre ville, qui est entièrement interdit aux pl au-dessus de 3,5T . Après une heure à tourner autour des remparts, nous choisissons de franchir une porte « interdite » devant les policiers. Pas de cris ni de sifflets…. Cool, on arrive au parking.

La Koutoubia, plus grande mosquée de Marrakech. Juste à côté, les vestiges des piliers d’une précédente mosquée, construite par la dynastie des Almoravides (XI-XII ème siècles). Battus par les Almohades, ces derniers construisirent La Koutoubia pour ne pas prier au même endroit que leurs ennemis et laissèrent la première mosquée tomber en ruines.

Que dire de la place Jemaa El Fna. C’est bruyant, bordélique au possible car ni la place, ni les souks ne sont entièrement piétons. Alors attention à vos arpions et surveillez à 360°.

Évidemment, nous avons trouvé les calèches, elles sont en nombre, les pauvres chevaux, debout en plein soleil à attendre le chaland…

Il y avait également de petits singes, certains encore bébés, habillés comme des poupées et bien sûr les serpents. Dès que vous voulez prendre une photo, même de loin, il faut payer.

Il y avait sur la place beaucoup de vendeurs d’huile d’argan, de tatoueuses au henné, de bijoux, caftans, djellabas et toutes les petites bricoles habituelles des villes touristiques.

En revanche, les souks ont été une bonne surprise. Il n’y avait pas trop de pression et même si les sollicitations étaient nombreuses car les échoppes étaient nombreuses aussi, cela restait courtois.

Il y avait de très belles choses aux souks, de l’artisanat soigné qui flirtait avec l’art. Heureusement, Bidouille est plein comme un œuf (comme me le répète Jeff régulièrement). Je ne peux rien acheter et ma carte bancaire est soulagée 😉

Nous n’avons pas pu capter les odeurs des épices.

Nous déjeunons dans l’échoppe d’un poissonnier qui prépare des fritures servies avec du pain, du riz épicé, des aubergines et de la sauce tomate. Le confort est succinct mais la friture excellente.

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Taroudant – Asni

Nous sommes restés trois nuits à Taroudant. La ville ne nous a pas emballés. L’aire de camping-car n’avait qu’un avantage, sa proximité avec la ville. Il n’y avait que de l’eau froide à la douche et l’employé nous a à peine adressé la parole. Pour l’accueil chaleureux des marocains, on repassera …

Enfin… Il fallait bien se mettre à jour avant de continuer vers l’Atlas : Trouver des poubelles, vidanger les eaux grises, faire le plein d’eau, faire la lessive, les courses, un bon coup de ménage après les jeux dans le bac à sable vers Zagora 🙂

Vendredi, le plafond était très bas, il pleuvait et un vent fort secouait Bidouille. Dans ces conditions, inutile de monter en altitude. Quand il neige, le paysage est limité. Nous avons bullé. Quel plaisir !

Samedi matin, nous attaquons la route pour le col de Tizi’n’test 2100m. Au début, nous sommes surpris par la bonne qualité de la route mais à l’approche du col, ça s’est clairement dégradé. Il neigeotait là-haut. La visibilité n’était pas géniale mais il y avait de beaux points de vue vers les vallées. Les montagnes, elles, jouaient les prudes et se voilaient dans les nuages.

Lors de la descente, nous passons à Tinmel. Sa mosquée, datant du 12ème siècle, est au patrimoine mondial de l’unesco. Allons jeter un oeil. Ben non ! Elle est en restauration depuis 5 mois et les travaux dureront 12 mois de plus au mieux, au grand désespoir du petit café-restaurant, magasin d’artisanat d’ Abdou. Il sort de son commerce, heureux de voir du monde et de parler de sa région, de la météo, de la mosquée, etc. Nous lui demandons si on peut manger et il nous prépare une délicieuse omelette berbère avec du pain, des olives, du thé à la menthe. C’est le meilleur thé que nous ayons bu en un mois. Abdou est un hôte attentionné, qui aime parler de son peuple, les berbères. Ce repas fut très agréable. Si vous passez par là, même si la mosquée n’est pas ouverte, allez manger chez lui. Ca l’aidera et vous passerez un bon moment.

On repart pour les 54kms restants avant Asni, notre étape sommeil. 1h14 disait le GPS. En fait, il nous a fallu 4h pour arriver.

La vallée entre Tinmel et Ijoukak est vraiment jolie. Cultures en paliers, amandiers en fleurs, oliviers et couleurs des sols incroyables. Et pour la première fois, un oued avec de l’eau. Un ruisseau mais de l’eau qui court. Cela explique pourquoi la vallée est « verdoyante ».

Peu après Ijoukak, on arrive sur un groupe de véhicules arrêtés. Une panne ? Un accident ? Rien de tout cela. La région élargit la route mais en montagne, ce sont des pans entiers qu’on doit faire descendre. Qu’à cela ne tienne, on ferme un tronçon de route, sans préavis, on envoie deux marteau-piqueurs géants en haut et ils font descendre les roches sur la route . Quant tout le tronçon est sous les éboulis, ils arrêtent et les bulldozers entrent en jeu et poussent tout dans la vallée. En fait, cela a été rapide, une heure après la route était dégagée au moins sur une voie. Mais bus, voitures, camions et camionnettes s’étaient agglutinés de part et d’autres du chantier. Quand les ouvriers ont retiré les cônes, cela a été la foire d’empoigne pour reprendre la route. Certains conducteurs se conduisaient en fou furieux.

Enfin, nous sommes arrivés et ce soir, ce sera repos dès que j’ai fini cet article et préparé à dîner..

Tazunt à Taroudant

Toujours de beaux panoramas sur cette route avec un peu de neige sur les sommets du Haut Atlas.

Nous nous sommes arrêtés à Taliouine, Ville du safran. Les crocus sont plantés entre 650 et 1200m d’altitude. Ils supportent les températures entre -15°et 40°C. Ils peuvent produire entre 10 et 12 ans. La fleur est récoltée, encore fermée, avant le levé du soleil pour que les précieux filaments ne se dessèchent pas. Le Maroc est 4ème producteur mondial de safran.

En se rapprochant de la côte, les températures sont plus agréables. On retrouve arganiers et amandiers. Nous avons longé un champ de ??? potirons ou pastèques ou melons jaunes. Je pencherais pour potirons. Il y en a dans tous les plats…

Zagora à Tazunt

Voilà, après 9 jours entre les mains d’Ali, Bidouille est enfin prêt à repartir. Et nous aussi !

Nous voici partis pour Taroudant via Taliouine et Tazenacht. Cette petite vallée offre de beaux paysages, le contraste des strates de roches de couleurs différentes est surprenant. Géologiquement parlant, il a dû se passer des trucs il y a longtemps….

Pour s’arrêter, nous choisissons d’aller voir un sorte de village troglodyte. En fait, il y en a deux, perchés chacun sur sa colline. Il fait très froid et le vent est vraiment désagréable. Mais nous allons passer une nuit bien au calme, même pas de chiens errants …