Sidi Harazem-Fez

En attendant nos amis, nous nous installons sur un parking. Comme d’habitude, des gens viennent nous voir, pour le paiement du parking, pour nous guider, pour discuter seulement parfois. Nos amis arrivés, nous partons pour Fez en suivant les indications d’un monsieur qui avait bien examiné notre camion. On aurait dû se méfier. 5 kms plus loin, un gendarme nous arrête. Visiblement, il nous attendait. Papiers, assurance, contrôle technique. Le nôtre était caduque depuis 7 jours.

Résultats : confiscation de la carte grise, obligation de passer le contrôle technique le lendemain, 500 dirhams d’amende à payer à la perception de Fez et après, aller à la direction centrale des transports pour récupérer la carte grise.

Notre visite de Fez a du plomb dans l’aile.

Nous trouvons un parking proche de la médina pour passer la nuit. Le « gardien » du parking propose à Jeff de le guider jusqu’au contrôle technique puis de l’emmener en scooter en ville pour les différents bureaux. Rendez-vous pris pour 9h. A 9h20 personne, on se débrouillera.

Contrôle technique : « Monsieur, depuis la fin du covid, nous ne sommes plus habilités à faire le CT de véhicules étrangers. Allez voir la direction des transports. »

Direction des transports : retournez au CT, il vont prendre votre véhicule

CT 612 dirhams pour une validité de 1 mois.

Paiement de l’amende à la perception : Non, ce n’est pas ce service. Pour ce type d’amende, c’est à une autre adresse

Retour à la dir. des transports avec tous les reçus, récupération de la carte grise. Retour au parking à 14h.

Jeff est fumace. Avoir dû parcourir Fez en long et en large en camion dans les embouteillages et avec les difficultés de stationnement, il n’est pas à prendre avec des pincettes. Quand on voit ce qui roule dans le pays, on a vraiment l’impression qu’on se fout de nous.

Enfin, demain est un autre jour. Nous allons visiter Fez.

Taza-Guercif

Une ou deux photos de Taza

Nous nous dirigeons au sud de Guercif pour se reposer, mettre à jour le blog (le camping a du wifi) et s’adonner aux corvées ménagères habituelles. Pas de chance, le wifi est vraiment faiblard et le deuxième jour, la région entière est privée d’électricité. Le blog attendra. Au moins, il y a de l’eau chaude et avec de la pression, alors nous allons en profiter. Nous testons également le restaurant. Malgré la décoration soignée, nous sommes un peu déçus par la cuisine.

Guercif est une ville garnison. La frontière algérienne n’est pas loin et les deux pays sont à couteaux tirés depuis le front polisario et les problèmes du sahara occidental. Nous avons d’ailleurs croisé un grand convoi militaire avec blindés et mitrailleuses.

Si le blog n’a pas été mis à jour à Guercif, nous avons passé une excellente journée avec un couple de belges-flamands, Niels et Myriam. Nous avons papoté autour du voyage, échangé des astuces et bu l’apéro car il ne faut pas perdre de vue l’essentiel ! 😉

Nous repartons de Guercif en direction de Sidi Harazem, dans la banlieue de Fez, pour retrouver un couple de jeunes amis qui viennent d’arriver au Maroc.

Sefrou-Taza

Après le petit tour dans la forêt des cèdres hier, j’avais envie d’une journée sans stress. Une route cool sans trop de trous, de jolis paysages et un petit tajine pour ne pas avoir à cuisiner.

Dans notre itinéraire originel, nous avions bâché Taza et son parc national car cela faisait un grand détour. Là, nous étions en avance sur notre planning donc nous décidons de voir le parc. Pour aller à Taza, 3 solutions : l’autoroute 80kms pas pour nous , la nationale 100kms, c’est bien la nationale ! Ben non. Jeff choisit la troisième solution, à travers la montagne 260kms. Je lui fait remarquer que sur ma carte on passe des cols, et que les routes sont minuscules. Mais non, sur Pocket Earth, c’est la N29 et elle va à Taza direct. Bien. J’accepte mais à une condition, si la N29 se transforme en piste, on fait demi-tour.

Et c’est parti !

Cela commence tranquille par la cascade de Séfrou. Pas immense mais nous sommes restés sans voir d’eau pendant si longtemps que le moindre ruisseau nous ravit.

Direction Boulemane, à travers le massif du Kandar puis le massif du Tichchoukt. C’est une belle nationale, on roule bien.

On quitte cette grande route au sud de Boulemane pour prendre nord-est en direction de Taza. La route est plutôt bonne et je me dis que je me suis inquiétée pour rien. Les paysages se suivent et sont assez différents au fil des kilomètres. Mais presque tout le temps, nous sommes éberlués de voir des gens vivre dans ces déserts.

Nous arrivons à Imouzzer-des-Marmoucha et nous sommes surpris d’y trouver une belle cascade.

Nous continuons sur cette route plutôt confortable quand soudain la route se transforme en piste plutôt boueuse et très caillouteuse. Nous étions trop loin pour faire demi-tour donc tant pis, on continue. J’ai du maudire Jeançois une bonne douzaine de fois de nous avoir entrainés sur cette piste. Néanmoins, je dois reconnaître que c’est la plus belle route que nous ayons suivie jusqu’à présent.

Après avoir passé plusieurs cols, nous avons trouvé la N29, enfin, ce qu’il en reste. Les pluies ont raviné la terre sous le macadam. Le goudron est en place, mais il faut zigzaguer pour placer les roues sur les portions qui sont suffisamment soutenues. C’est un jeu de patience et d’observation. Nous avons fini par rejoindre Taza après 8 heures de route. Pas fâchés d’arriver. Hélas, à Taza, aucun endroit sympa pour s’installer. Nous nous contentons d’un terrain vague à côté d’un collège.

Le lendemain, nous partons au sud de Guercif pour se reposer 2 jours dans le seul camping à 100kms à la ronde.

Azrou- Sefrou

Après avoir fait une journée ménage, lessive, nettoyage des tapis, de la cabine, nous sommes fin prêts pour repartir en exploration.

Vous savez, la petite route que je n’ai pas voulu faire il y a deux jours ! C’est parti pour la forêt des cèdres. Tout se passe bien au début. La route prend de l’altitude mais le revêtement est très correct et même si les virages s’enchaînent, la balade est vraiment agréable.

Pour ne pas retourner jusqu’à Aïn-Leuh et faire ensuite un grand détour, Jeff prend un raccourci. Riche idée. A sa décharge, ce devait encore être une route. La piste n’a pas présenté de difficulté majeure, sauf dans les parties boisées. Entre éviter les grosses pierres le long de la voie, viser entre les troncs en faisant attention aux grosses branches et négocier les ornières, c’était crispant. Nous avons été contents de retrouver une route plus large. Ce fut une route car des morceaux de bitume restaient accrochés au milieu.

. Enfin, nous sommes arrivés au parking des cèdres où vit une colonie de magots habitués à être nourris par les touristes. Nous ne sommes pas restés longtemps. Le cèdre de 900 ans est mort depuis longtemps. Je préfère les arbres vivants.

Nous sommes passés par Ifrane, ville surprenante car très européenne. Toits en tuile, pavillons style banlieue de grandes villes, commerce aux looks et noms très français.

Nous avons continué sur Séfrou. Cette ville est plutôt jolie avec des espaces verts, des terrasses, des remparts et dans la médina passe un canal alimenté par des sources.

Autrefois, la communauté juive de Séfrou était la plus importante du Maroc. Le quartier juif représentait plus d’un quart de la médina. Les maisons étaient reconnaissables grâce à l’auvent en bois qui décorait le dessus des fenêtres et des portes. Après la deuxième guerre mondiale, les juifs marocains ont migré en masse en Israël. Les musulmans ont récupéré les maisons sans enlever les auvents.

Khénifra-Azrou

Après cette dernière journée de route peu intéressante, nous partons en direction des sources de l’Oum-er-Rbia, fleuve le plus important du Maroc, dixit le guide.

Sur la carte, c’est une route secondaire. Se méfier des routes secondaires au Maroc ! Elles vous appâtent avec quelques kilomètres impeccables pour se transformer ensuite en piste. Celle que nous avons suivie n’a pas dérogé à la règle. Avoir un 4×4 avec un petit empattement est vraiment un atout dans ces cas là !

Il y a énormément de cigognes au Maroc. Elles nichent souvent sur le minaret des mosquées, et elles ont le choix ! Nous en voyons des vols complets au-dessus des décharges.

Après une route bien « distrayante », nous arrivons aux sources. Un grand nombre d’abris sont installés le long des ruisseaux. En montant vers les sources, on trouve les stands habituels pour vendre aux touristes des « spécialités » et de l’artisanat « local ». On peut y manger et de curieux fours à bois sont construits le long du chemin pour cuire le pain.

Au bout du chemin, un éboulis de gros rochers semble marquer la fin de la promenade. Curieux, nous escaladons et là, nous découvrons la cascade. Cela méritait vraiment la peine , bien que gravir l’éboulis avec la chienne dans les bras n’était pas de tout repos.

Contents d’avoir découvert cette cascade, nous continuons la route pour traverser les forêts de cèdres de l’Atlas. Vous n’avez pas idée comme cela peut faire du bien de voir des arbres !

A Aïn-Leuh, nous devions prendre de nouveau une petite route secondaire, mais j’ai eu ma dose de trous, de bosses et de secousses. Nous prenons la route la plus directe jusqu’au camping. Nous reviendrons demain.

Vous devez être surpris de nous voir passer tant de nuits dans les campings alors que d’habitude nous préférons des endroits tranquilles. Au Maroc, il n’y a pas d’endroits tranquilles. Dès que vous garez le camion, de soi-disant gardiens arrivent pour vous faire payer le « gardiennage ». Si ce ne sont pas eux, ce sont les enfants qui viennent mendier de manière très insistante ou les adultes qui essayent de vous fourguer tout et n’importe quoi. Voici bientôt deux mois que nous vivons cela et c’est vraiment très agaçant. Dans les campings, on a la paix.

Ouzoud-Khénifra

Pas grand chose à dire. Ce fut une longue étape routière.

Les débuts ont été bien sinueux car il fallait redescendre d’Ouzoud. Nous avons ensuite suivi la N8 dans une partie encore montagneuse mais sans les à pics de la veille.

Notre appareil photo a rendu l’âme. Il n’y aura maintenant que des photos de téléphone, lui aussi assez ancien.

Beni Mellal-Ouzoud

Au début de notre voyage, nous n’étions pas passés par les cascades d’Ouzoud à cause de la sècheresse. Les intempéries des dernières semaines nous décident à faire le détour. Je ne sais pas quelle route nous avons prise pour rejoindre Ouzoud, ma carte étant trop peu détaillée. Nous nous sommes retrouvés sur une route aux paysages somptueux mais très très sinueuse. Je dois avouer que ce ne fut pas une partie de plaisir pour moi car ce jour là, j’ai été sujette à des vertiges et passer très près du vide trop souvent a été pénible. Jeff a été encore plus délicat dans sa conduite et nous sommes tout de même arrivés à bon port.

Dès l’arrivée aux cascades, vous savez que vous êtes sur un lieu touristique. Pas le temps d’hésiter, vous êtes guidés vers un parking. En fait, juste une surface pour poser vos quatre roues. Ce jour là, le parking était inondé et particulièrement boueux.

A peine sortis du camion, un « guide » nous propose, pour un prix exorbitant, de nous accompagner. Le sentier est balisé et fait à peine 800m. Pas de quoi se perdre ! Je préfère néanmoins ne pas descendre, pas encore remise de mon vertige. Les pluies de la nuit ont rendu le sentier extrêmement boueux et glissant. Les cascades sont déjà très jolies vues du haut. Plusieurs sources alimentent les cascades. De petites maisons sont construites le long des sources. Ce sont des moulins à farine qui utilisent l’eau pour tourner.

Merzouga- Ar-Rachidia- Beni-mellal

Nous avons quitté Merzouga par une piste longeant l’erg Chebbi. Et oui ! Il manquait quelques secousses ! C’est tôt le matin alors les chameaux étaient encore aux paddocks.

Nous quittons le sable pour la région de Tafilalt, très longue palmeraie et grande région de production de dattes. La récolte est en octobre et donne lieu à une grande fête. Il existe plus de 100 espèces de dattes. Personnellement, je ne suis pas fan. Je pense avoir décontenancé un vendeur et arrêté son baratin en lui disant que je n’aimais pas les dattes. Pour les musulmans, c’est un fruit sacré qui est de toutes les fêtes !

Nous avons retrouvé du relief en continuant sur Ar-Rachidia. Cette ville est un condensé de casernes et d’administrations. C’est moderne mais sans charme.

Nous continuons vers les gorges du Ziz, un peu sceptique car un panneau annonce un tunnel à 3.50 m de hauteur (Bidouille mesure 3,59 m depuis son passage chez Ali à Zagora), sur la carte il est noté à 4m. On verra bien s’il faut faire demi-tour. La police nous dit que ça passe alors …

Les gorges du Ziz sont jolies mais moins spectaculaires que Dadès ou Todra. Serait-on blasé ? Un peu sans doute.

Nous décidons de nous arrêter dans un camping dans les gorges (le seul !). Il y a de l’eau chaude à la douche, c’est agréable mais c’est toujours un grand moment de doute. L’eau froide est TRES froide, j’ai failli abandonner. L’eau chaude est arrivée juste à temps. Bon, pour la douche, c’est ok mais le wifi est moribond et la 4G ne passe pas. Impossible de se mettre à jour pour le blog.

On repart le lendemain. Et on trouve enfin le tunnel du légionnaire. C’est son nom. Le plafond en roche n’est pas plat, loin s’en faut mais nous sommes passés.

Après les gorges du Ziz, nous alternons grandes plaines au fond de vallée et cols autour de 2000m.

En remontant vers le nord, nous retrouvons de la végétation. Herbe, fleurs sauvages, arbres, du vert qui fait du bien. Nous retrouvons aussi du gris, de la bruine, de la brume qui nous empêche de profiter de la vue sur les cols.

La journée a été longue. Demain, on tente les cascades d’Ouzoud. Nous avions éliminé cet endroit en raison de la sècheresse. Maintenant, nous pouvons essayer, si la route est dégagée.

Il n’y a rien de sympa pour s’arrêter autour de Ben-Mellal sauf à refaire une trentaine de kilomètres dans la montagne. Le chef a assez conduit alors tans pis, on se contentera d’un parking de supermarché ce soir.

Tentative Merzouga – Tagounite

Nous quittons l’erg Chebbi en direction de Mhamid, dernier village avant de grandes dunes de sable et la frontière algérienne. Environ 200kms de pistes.

Les cartes du Maroc ne sont pas très à jour. De Foum-Zguid à Zagora, nous devions suivre une piste qui s’est avérée être une magnifique route goudronnée . Une autre fois, une route secondaire était en fait une piste à peine définie.

En quittant Merzouga, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre. Les barrages ont été levés donc on y va.

Au moment de prendre la piste, nous nous trouvons sur une belle route. Mince. Mais nous n’aurons pas à attendre trop longtemps pour être bien secoués. La route s’arrête et bien vite nous voilà dans la pampa. Les pluies diluviennes d’il y a deux semaines ont bien endommagé la piste. Ornières, mini oueds, craquelures diverses, bref de quoi maintenir le conducteur sous pression.

Malgré tout, les paysages sont vraiment beaux et nous apprécions la chance de pouvoir en profiter.

Arrivés au village de Remilia une mauvaise surprise nous attend. La piste devient boueuse et traverse trois oueds pas entièrement asséchés. Nous tentons la traversée mais perdons le tracé. Après une reconnaissance à pied, je trouve des traces de deux camions. Chouette, s’ils sont passés, nous y arriverons également. Mais soudain, plus de traces. Je comprends qu’en fait de deux camions, c’était un seul qui avait fait marche arrière. Je reviens vers Jeff pour lui donner le résultat de ma reconnaissance. De son côté, il avait discuté avec un monsieur du village qui lui avait déconseillé de continuer. La piste pouvait être praticable pour de petits véhicules mais pas pour un véhicule aussi lourd que le notre. Inutile de jouer les bravaches, nous faisons demi-tour.

Nous n’avons fait qu’un quart du trajet prévu. Qu’importe, nous avons quand même passé la journée sur les pistes. Ca me suffit, j’ai mal partout à la fin de la journée 🙂

De Tinghir à Merzouga

Après ces journées de conduite plutôt fatigantes, nous passons trois nuit chez Mohamed et Fatija, petit camping familial. L’ambiance est chaleureuse. Le deuxième jour, nous sommes invités à manger le coucous. J’en profite pour regarder la cuisinière s’affairer. Au moment du repas, Jeff part avec les hommes et je reste avec les femmes et les enfants pour savourer ce couscous. Un coup de main pour la vaisselle en papotant avec Fatija et Morgane, d’une autre famille française sur le camping. Petit moment de vrai partage, sans rien de mercantile. C’est rare depuis notre arrivée il y a 6 semaines. Il faut néanmoins continuer la route. En avant pour Merzouga.

Dans cette région, les femmes sont voilées de noir, souvent même avec des gants noirs également. Une autre manière de vivre l’Islam…

Après avoir fait beaucoup de montagne, là, c’est le désert. D’abord des pierres et sur l’arrivée à Merzouga les dunes de l’erg Chebbi.

Nous y arrivons le dimanche après midi et notre première approche est décevante. L’erg n’est pas très grand et il y a plein de 4×4, de buggy, et autres véhicules qui s’amusent dans les dunes. Plus les caravanes de touristes en dromadaires et des tas de piétons. Pas le calme que nous avions imaginé. Nous décidons d’attendre le lendemain pour se balader dans les dunes. Au matin, nous pouvons profiter du calme pour grimper quelques dunes et faire semblant d’être dans un vrai désert.