Marrakech à Kaouki

Après Marrakech, nous devions partir dans l’Atlas faire des cols et des gorges. Mais la météo a décidé de se mettre à la pluie et à la neige. Bidouille ne craint pas grand chose, mais quelle utilité de partir en montagne, se faire des centaines de virages pour être dans les nuages, la pluie ou la neige et ne rien voir des paysages. Nous repoussons notre ascension et allons nous installer sur la côte en attendant le soleil. Déjà, plusieurs routes sont coupées…

On devrait repartir samedi matin. Après la pluie, le beau temps 🙂

Marrakech (suite)

Ce midi, le bruit, la chaleur et le monde ont eu raison de notre résistance. Même la chienne était toute molle dans les bras, tête et langue pendante. Nous nous sommes repliés à la maison pour une sieste au frais. Lors d’une conversation avec Sans Destination Finale, Fred nous a demandé si nous avions testé les spécialités culinaires de la place Jeema el Fna. Curieux, nous décidons de partir en expédition.

S’il y avait du monde la journée, là, c’était pire. Les marchandises vendues avaient changé mais il y avait toujours des camelots de trucs lumineux, des musiciens et nouveau, un jeu attrape-couillon que nous avons vu plusieurs fois. C’est un tissu de 0.80×0.80 m, posé au sol. Sur ce tissu des petits cercles avec des chiffres entre 2 et 15. Il n’y a qu’un 15 et plein de 2… On lance une poignée de monnaie. Si une pièce est entièrement dans le cercle, on récupère la mise multipliée par le chiffre dessous. Les cercles sont petits, pas vraiment circulaires. Peu de chance de gagner… Mais cela doit rapporter car les « croupiers » étaient très nombreux.

Nous continuons d’avancer sur la place et nous sommes surpris d’y découvrir tout un espace de restauration. Ce sont des stands numérotés et classés par spécialité. Ici, le standard, brochettes, tajines, couscous. Là, têtes de mouton bouillies et plus loin escargots et soupe. Nous avions très bien mangé chez le poissonnier vers 14h alors, nous n’avions pas assez faim pour succomber…

Nous sommes rentrés, heureux d’avoir secouer nos puces pour ressortir. C’était intéressant.

Après une nuit courte mais plus calme qu’escomptée, nous partons façon touriste, guide et plan à la main pour visiter le palais « El Bahia » et puis les tombeaux Saadiens. Nous laissons Evi seule dans le camion. C’est toujours délicat. Elle aboie en permanence quand elle est seule. C’est préjudiciable pour les voisins évidement mais on s’inquiète pour elle. Quand nous arrivons, son cœur bat la chamade, elle est essoufflée et assoiffée. A son âge, nous préférons limiter ces temps d’abandon.

Ce matin, d’un bon pas, nous partons visiter El Bahia. Nous sommes arrivés vers 9h30. Ce palais est une splendeur. Vraiment. Il a été construit par le grand vizir du sultan Hassan 1er pour son épouse et ses 80 concubines. Le palais est grand mais on imagine que la promiscuité de toutes ces femmes ne devait pas être facile. On pourrait passer des heures à admirer les stucs, plafonds à caissons peints, les portes décorées, les fontaines cours et jardins. Hélas, très rapidement l’endroit est envahi par des groupes de touristes. Fini le calme des jardins, évanouie la douce musique des fontaines. Nous avons eu une riche idée de venir tôt.

Nous fuyons la foule pour aller visiter les tombeaux Saadiens. D’où nous étions, ce semblait assez facile à rejoindre : première à gauche et au fond à droite. Soit ! Et nous arrivons au fond d’une cour avec plusieurs portes, qui donnent sur des habitations ou une salle d’exposition pour des tapis, lampes etc. Qu’avons nous loupé ? et bien rien ! Au fond de la boutique, une petite porte s’ouvre sur la ruelle où sont nichés les tombeaux . Il est surprenant qu’un monument aussi beau soit dans une petite niche mais il a été muré par Moulay Ismail, dynastie des Alaouites qui a vaincu les Saadiens. Moulay Ismail, jaloux de la splendeur des lieux, voulu faire disparaitre ces lieux, sans pour autant les détruire. Les français ont découvert ces lieux en 1917.

Ensuite, quelques photos, prises au cours de nos déambulations dans ce quartier de Marrakech. J ‘ai bien aimé cette balade matinale, il y a plein de choses à voir, plein de petits détails surprenants en bien ou en mal. Il y a beaucoup vie, de mouvements, de bruits. Sur une courte période, ça me plaît. Mais, nous limiterons notre visite pour cette fois-ci par égard pour notre boule de poils aveugle et malentendante qui panique facilement sans nous. Nous reviendrons pour les autres quartiers, et les jardins…

Direction Marrakech !

Les marocains l’appelle Arnakech….

La nuit à Asni fut longue. Des djembés jusqu’à 4h du mat, des aboiements de chiens errants et la voix gracieuse du muezzin vers 6h45. Bref, pas fâchés de s’en aller.

Les premiers virages font un peu mal au cœur. Il y en a tant eu hier que là, ça frisait l’overdose. Heureusement la route était large et de bonne qualité.

Nous essayons d’aller dans une grande surface pour racheter du café soluble et du café moulu, mais tous les parkings sont souterrains. Bidouille refuse de se déguiser en cabriolet donc, pas de café. Nous essaierons ailleurs, un autre jour.

Pour visiter Marrakech, nous avons choisi de rejoindre un parking payant où nous pouvons rester la nuit. Ce parking est à côté de la mosquée de La Koutoubia et de la place Jemaa El Fna, la place emblématique de la ville. Donc en plein centre-centre ville, qui est entièrement interdit aux pl au-dessus de 3,5T . Après une heure à tourner autour des remparts, nous choisissons de franchir une porte « interdite » devant les policiers. Pas de cris ni de sifflets…. Cool, on arrive au parking.

La Koutoubia, plus grande mosquée de Marrakech. Juste à côté, les vestiges des piliers d’une précédente mosquée, construite par la dynastie des Almoravides (XI-XII ème siècles). Battus par les Almohades, ces derniers construisirent La Koutoubia pour ne pas prier au même endroit que leurs ennemis et laissèrent la première mosquée tomber en ruines.

Que dire de la place Jemaa El Fna. C’est bruyant, bordélique au possible car ni la place, ni les souks ne sont entièrement piétons. Alors attention à vos arpions et surveillez à 360°.

Évidemment, nous avons trouvé les calèches, elles sont en nombre, les pauvres chevaux, debout en plein soleil à attendre le chaland…

Il y avait également de petits singes, certains encore bébés, habillés comme des poupées et bien sûr les serpents. Dès que vous voulez prendre une photo, même de loin, il faut payer.

Il y avait sur la place beaucoup de vendeurs d’huile d’argan, de tatoueuses au henné, de bijoux, caftans, djellabas et toutes les petites bricoles habituelles des villes touristiques.

En revanche, les souks ont été une bonne surprise. Il n’y avait pas trop de pression et même si les sollicitations étaient nombreuses car les échoppes étaient nombreuses aussi, cela restait courtois.

Il y avait de très belles choses aux souks, de l’artisanat soigné qui flirtait avec l’art. Heureusement, Bidouille est plein comme un œuf (comme me le répète Jeff régulièrement). Je ne peux rien acheter et ma carte bancaire est soulagée 😉

Nous n’avons pas pu capter les odeurs des épices.

Nous déjeunons dans l’échoppe d’un poissonnier qui prépare des fritures servies avec du pain, du riz épicé, des aubergines et de la sauce tomate. Le confort est succinct mais la friture excellente.

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Taroudant – Asni

Nous sommes restés trois nuits à Taroudant. La ville ne nous a pas emballés. L’aire de camping-car n’avait qu’un avantage, sa proximité avec la ville. Il n’y avait que de l’eau froide à la douche et l’employé nous a à peine adressé la parole. Pour l’accueil chaleureux des marocains, on repassera …

Enfin… Il fallait bien se mettre à jour avant de continuer vers l’Atlas : Trouver des poubelles, vidanger les eaux grises, faire le plein d’eau, faire la lessive, les courses, un bon coup de ménage après les jeux dans le bac à sable vers Zagora 🙂

Vendredi, le plafond était très bas, il pleuvait et un vent fort secouait Bidouille. Dans ces conditions, inutile de monter en altitude. Quand il neige, le paysage est limité. Nous avons bullé. Quel plaisir !

Samedi matin, nous attaquons la route pour le col de Tizi’n’test 2100m. Au début, nous sommes surpris par la bonne qualité de la route mais à l’approche du col, ça s’est clairement dégradé. Il neigeotait là-haut. La visibilité n’était pas géniale mais il y avait de beaux points de vue vers les vallées. Les montagnes, elles, jouaient les prudes et se voilaient dans les nuages.

Lors de la descente, nous passons à Tinmel. Sa mosquée, datant du 12ème siècle, est au patrimoine mondial de l’unesco. Allons jeter un oeil. Ben non ! Elle est en restauration depuis 5 mois et les travaux dureront 12 mois de plus au mieux, au grand désespoir du petit café-restaurant, magasin d’artisanat d’ Abdou. Il sort de son commerce, heureux de voir du monde et de parler de sa région, de la météo, de la mosquée, etc. Nous lui demandons si on peut manger et il nous prépare une délicieuse omelette berbère avec du pain, des olives, du thé à la menthe. C’est le meilleur thé que nous ayons bu en un mois. Abdou est un hôte attentionné, qui aime parler de son peuple, les berbères. Ce repas fut très agréable. Si vous passez par là, même si la mosquée n’est pas ouverte, allez manger chez lui. Ca l’aidera et vous passerez un bon moment.

On repart pour les 54kms restants avant Asni, notre étape sommeil. 1h14 disait le GPS. En fait, il nous a fallu 4h pour arriver.

La vallée entre Tinmel et Ijoukak est vraiment jolie. Cultures en paliers, amandiers en fleurs, oliviers et couleurs des sols incroyables. Et pour la première fois, un oued avec de l’eau. Un ruisseau mais de l’eau qui court. Cela explique pourquoi la vallée est « verdoyante ».

Peu après Ijoukak, on arrive sur un groupe de véhicules arrêtés. Une panne ? Un accident ? Rien de tout cela. La région élargit la route mais en montagne, ce sont des pans entiers qu’on doit faire descendre. Qu’à cela ne tienne, on ferme un tronçon de route, sans préavis, on envoie deux marteau-piqueurs géants en haut et ils font descendre les roches sur la route . Quant tout le tronçon est sous les éboulis, ils arrêtent et les bulldozers entrent en jeu et poussent tout dans la vallée. En fait, cela a été rapide, une heure après la route était dégagée au moins sur une voie. Mais bus, voitures, camions et camionnettes s’étaient agglutinés de part et d’autres du chantier. Quand les ouvriers ont retiré les cônes, cela a été la foire d’empoigne pour reprendre la route. Certains conducteurs se conduisaient en fou furieux.

Enfin, nous sommes arrivés et ce soir, ce sera repos dès que j’ai fini cet article et préparé à dîner..

Tazunt à Taroudant

Toujours de beaux panoramas sur cette route avec un peu de neige sur les sommets du Haut Atlas.

Nous nous sommes arrêtés à Taliouine, Ville du safran. Les crocus sont plantés entre 650 et 1200m d’altitude. Ils supportent les températures entre -15°et 40°C. Ils peuvent produire entre 10 et 12 ans. La fleur est récoltée, encore fermée, avant le levé du soleil pour que les précieux filaments ne se dessèchent pas. Le Maroc est 4ème producteur mondial de safran.

En se rapprochant de la côte, les températures sont plus agréables. On retrouve arganiers et amandiers. Nous avons longé un champ de ??? potirons ou pastèques ou melons jaunes. Je pencherais pour potirons. Il y en a dans tous les plats…

Zagora à Tazunt

Voilà, après 9 jours entre les mains d’Ali, Bidouille est enfin prêt à repartir. Et nous aussi !

Nous voici partis pour Taroudant via Taliouine et Tazenacht. Cette petite vallée offre de beaux paysages, le contraste des strates de roches de couleurs différentes est surprenant. Géologiquement parlant, il a dû se passer des trucs il y a longtemps….

Pour s’arrêter, nous choisissons d’aller voir un sorte de village troglodyte. En fait, il y en a deux, perchés chacun sur sa colline. Il fait très froid et le vent est vraiment désagréable. Mais nous allons passer une nuit bien au calme, même pas de chiens errants …

Auberge camping « Prends ton temps « 

Passer ses nuits face à un garage dans une rue passante est fatigant. De plus, il n’y a pas possibilité de vider les eaux grises et ça devient vite problématique. Nous avons donc décidé de s’installer provisoirement dans un « hôtel » proche du garage.

Nous avons choisi « Prends ton temps ». C’est une structure réalisée par Belaid, ancien adjudant para de l’armée marocaine. Sur son lopin, il a construit des bungalows et des chambres ainsi que des terrasses, une salle de restaurant, une salle sous tente et des petits coins salon à la marocaine. Les murs sont en pisé, décorés de peintures évoquant la vie nomade des berbères.

L’ambiance est calme, l’hôte est aux petits soins et la cuisine est très généreuse et absolument délicieuse.

Bien sûr, la propreté n’est pas aux normes européennes, le porte savon aurait besoin d’un nettoyage et les wc d’un détartrage. Mais l’eau ici est très calcaire. Le lit était confortable et propre ainsi que la douche. Les petits manquements ne sont rien à côté de la gentillesse de Belaid et du reste des prestations. Le rapport qualité/prix est excellent. Nous avons passé trois belles journées chez lui, ponctuées par un concert privé de musique berbère. Belle expérience.

Jeff dans le bac à sable

Cela faisait longtemps que Jeff rêvait de rouler dans les dunes. Moi un peu moins 😉 Qui bouge le sable quand on s’est vautré ? Pas le conducteur, il est au volant à essayer de sortir de là !

Mais je n’ai pas eu à pelleter. Christophe, dans la cabine avec Jeff lui a bien expliqué jusqu’où aller avant de se mettre en difficultés. Bidouille a parfois réagi en hoquetant violement mais Jeff s’en est bien sorti. Y’a pas, tout s’apprend pour peu qu’on s’adresse à un pro. Merci encore Christophe !

Cela méritait bien une petite bière (ou deux) et un bon repas !

Chez Ali Nassir

On nous avait dit beaucoup de bien du garage d’Ali, mais c’est encore mieux !

Il faut les voir bosser, c’est impressionnant.

Nous avons de plus bénéficié de l’entremise de Christophe qui connait le Maroc depuis 25 ans et Ali depuis presque aussi longtemps. Comme il est spécialiste et formateur 4×4 sur tout type d’engins, il a pu avec Ali discuter de ce qui était le mieux pour Bidouille.

Ajout d’une lame de suspension à l’avant.

Lames redressées et trois nouvelles ajoutées pour les suspensions arrières.

Ensuite changements des silent-blocks qui bridaient trop le châssis, pose de protections sous tous les réservoirs, modification du système de basculement de la barre anti-encastrement, protection de l’échelle extérieure pour éviter que des gens montent trop facilement sur le toit, changement des amortisseurs de cabine avant et durcissement des ressorts sous la cabine.

Avec tout cela, Bidouille a de l’allure ! Et nous avons gagné en confort. Il a fallu tester tout cela et notre ami Christophe de chez Quercy-TT et ATVO Maroc était tout indiqué pour nous aider.

De Amtoudi à Zagora

Une longue journée.

Bidouille a fait obéir son moteur et nous sommes partis en direction de Zagora. Dans la cabine, le navigateur avait prévu café, eau fraîche, gâteaux, chips …. pour soutenir le chauffeur. 475 kms c’est long, surtout quand la moyenne horaire oscille entre 50 et 70 kms/h suivant la route.

La route de Amtoudi jusqu’à l’intersection de la N12 est pratiquement d’une seule voie mais pas en trop mauvais état. Après la route est excellente. Quand nous sommes arrivés sur la N12, le GPS nous a dit : dans 147 kms, prenez le rond-point….

Nous nous sommes une ou deux fois arrêtés mais sans couper le moteur, au milieu de nulle part, sans réseau et avec une circulation inexistante, on ne prend pas de risque. Oui, je sais, on manque de fantaisie…:)

Le danger sur cette route ce sont les dromadaires. Ils traversent ou s’installent sur la route et ne bougent pas.

Nous voici enfin à Zagora ! Reste à trouver le garage .

Nous sommes dimanche, 17h30 et immédiatement notre Bidouille est pris en charge. Magique.