Nous ne pouvions pas échapper à la visite du musée consacré à la vie du « grand » homme. Visite compliquée car tout était écrit en géorgien et en russe… Une guide anglophone faisait la visite mais le ton monocorde et la vitesse de diction ne nous ont pas permis de suivre grand chose. Les géorgiens semblent très fiers de leur héros. Les purges et les camps de déportation n’ont été que fugitivement abordés.
La maison des parents de Staline
le wagon blindé qui lui servait dans ses déplacements
Une grande forteresse en ruine domine la ville mais j’ai raté les photos….
La découverte d’un pays passe aussi par sa gastronomie.
Les ravioles à la viande cuites dans de l’eau n’étaient pas terribles mais la bière a aidé…
La ville garde des allures « soviétiques », grandes avenues et bâtiments rectilignes. L’avantage, de la place pour se garer.
La nuit précédente ayant été quelque peu agitée, nous décidons de choisir un coin paisible malgré la neige. Nous nous installons sur le chemin d’accès au « green monastery ». Ce fut calme et réparateur !
Le lendemain matin, quelques voitures de fidèles montant au monastère sont passées près de nous sans s’arrêter à cause de la neige et de la pente 🙂
Nous avons été à pied jusqu’au site où vivent encore moines et moniales. Comme il y avait un office, nous avons juste jeté un œil avec beaucoup de discrétion. Ces églises orthodoxes sont toujours sombres à cause de la fumée des cierges allumés en permanence. Pas de bancs, les offices se suivent debout, des icones dorées partout et une odeur d’encens extrêmement présente.
Après une nuit un peu bruyante, nous avons le droit à un réveil sous la neige. Rien de bien sérieux, 5cm de poudreuse qui continue à tomber doucement. Après avoir dégagé les panneaux solaires, nous décidons de tenter tout de même l’ascension vers Vardzia. Nous avons eu raison car dans la vallée suivante et en altitude, il n’y avait plus trace d’un flocon. Le paysage est fantastique. La nature à l’état pur dans une grande majorité des espaces parcourus. Nous avions noté plein d’horaires pour retrouver des paysages sur la dashcam, mais on avait oublié de remettre la carte mémoire, alors raté !
La cité troglodyte
La cité date du 12ème siècle. Elle a été construite pour résister aux mongols sur ordre de Tamar, une femme qui avait le titre de Roi. 6000 pièces, treize niveaux, des celliers, un réservoir d’eau qui se remplissait pas différence de pression à partir d’un torrent, des bibliothèques, des magasins, des marchés …. Une vraie ville. 50 000 personnes pouvaient y vivre en cas d’attaque. Il reste moins d’un tiers de la cité suite à un tremblement de terre. Tout n’est pas visitable car des galeries ne sont pas sûres et une partie est toujours occupée par des moines. Ce qui reste forme tout de même un beau réseau, mais il ne faut pas être claustrophobe. Les habitants n’étaient ni grands, ni gros ! Nous étions pliés en deux dans les tunnels et par moment, limite de se mettre de profil !
Nous étions peu nombreux sur le site et même si le vent et les températures étaient froids, c’était un privilège de profiter ainsi de cette visite.
Le chariot de ravitaillement!
Le monastère
Quand la cité a perdu de son intérêt défensif, c’est devenu un monastère royal et un centre éducatif.
Dans toute la région, on peut apercevoir d’autres sites troglodytes. Il reste des chapelles ici où là.
La neige commençant à tomber sur Vardzia, nous sommes redescendus dans la vallée, heureux de notre journée.
La frontière n’a pas été trop longue à passer. Une petite
fouille en sortant de Turquie, une autre pas plus importante, pour entrer en
Géorgie. La grande difficulté a été, pour la douanière, de trouver sur notre
carte grise, les éléments pour remplir son formulaire informatique. Il faut
dire que notre camion est unique. Il n’est pas référencé dans les camping-cars
et en camion 4×4, il était inconnu de leur fichier. De plus, l’alphabet n’a
rien à voir et donc, le clavier non plus.
Mais ils ont trouvé
une solution et Bidouille est entré fièrement en Géorgie.
Juste après la douane, une vingtaine de bonhommes attendent.
Dès que vous passez la barrière, c’est à celui qui vous accostera en
premier pour vous vendre une assurance pour le véhicule, faire du change, ou
vendre des cartes sim pour les téléphones.
Cela fait un peu chat qui attend la souris.
Bon, c’est quand même pratique de pouvoir trouver une assurance tout de suite car nous sommes sortis de la zone « carte verte », un peu de change à un taux pas intéressant, mais pour la carte sim, on verra plus tard. Direction Batoumi.
Le temps est gris et froid pour changer. La ville ne nous a pas du tout plu. Il y a sans doute des coins sympas mais nous ne les avons pas trouvés. Le terrain sur lequel nous nous sommes posés était sans doute un coin à junky car des seringues trainaient par terre. Et le quartier était vraiment craignos. Nous avons fait nos courses rapidement, été se balader sur la plage (immense mais moche) mais aux abords bien aménagés. Vent+froid+pluie, on a vite retrouvé Bidouille pour le sortir de cet endroit. Nous avons été squatter le parking du jardin botanique. Impeccable.
Ce pays est pauvre. Les maisons ont connu des jours meilleurs et manquent d’entretien. Beaucoup de friches industrielles, de bâtiments à l’abandon. C’est la première fois que je vois des plaques PSP servir de clôture à des maisons. Certains les ont peintes pour être plus déco !
en l’air, les tuyaux de gaz
Nous mangeons des spécialités vendues dans la rue, soit à base de pâte feuilletée, soit à base de pâte à pain. Je ne sais pas ce que c’est mais c’est bon, jusqu’à présent…
Pâte à pain farci à la viande et aux oignons
Sur la route, il faut être vigilant. En plus des chiens errants, il y a des vaches, des cochons, des canards et même des chevaux qui pâturent sur le bord des routes ou sur les rondpoints.
Les géorgiens, pour notre première approche, sont assez froids. En Turquie, les passants regardaient le camion, nous faisaient des signes , ici…. Rien de tel. Ils nous prennent peut-être pour des russes.
Aujourd’hui, nous avançons en direction de Vardzia. Il neige à 350m d’altitude. Le monastère est à 1300m…. Je ne sais pas si ça va le faire…. On verra demain. En attendant, dur de trouver un endroit pour dormir. Les routes sont déneigées mais pas les parkings. Nous avons fait la circulation pour aider des militaires qui avaient planté leur 4×4 à l’endroit où nous avions projeté de bivouaquer .Ils ont dû se faire tracter par la police. Du coup, on a pas trop envie de s’aventurer dans la poudreuse ! D’où notre perplexité quand à la visite de Vardzia.
Notre bivouac du soir étant un parking privé, j’ai cherché une personne à qui demander la permission de stationner là. Un jeune homme est venu à ma rencontre et suite à ma demande nous a gentiment permis de bivouaquer et nous a offert le thé. Autour d’une cuisinière à bois, nous avons pris le thé avec ses amis et (merci google translater )nous avons papoté. A un moment, question piège. « Que pensez vous de Erdogan « . J’ai botté en touche en répondant que je ne connaissais pas assez le contexte et qu’à mon sens, la politique turque devait être faite par les turcs et nul autre.
Passé ce petit moment délicat, nous avons parlé voyage et ils nous ont convaincus de monter jusqu’à Aydern, une station de ski et de randonnées.
Nous les avons écoutés et comme le soleil était de la partie, ce fut une belle journée. Bon, les pistes étaient fermées ainsi que la plupart des boutiques et restaurants de la station.
Mais voilà ce que l’on nous a servi pour un « breakfast » (petit déjeuner pour mon papa qui suit le blog ! ) dans un des rares endroits ouverts.
Nous gardons de la Turquie le souvenir de gens souriants, curieux et extrêmement accueillants. Nous y reviendrons mais plutôt au printemps, en hiver, c’est froid et gris.
L’omniprésence des mosquées est tout à fait troublante. Il y en a partout, et d’autres sont en construction. Sunnite et Chiite doivent se faire un concours à celui qui en aura le plus et la plus….grande…
Les mosquées sont les seuls bâtiments toujours rutilants, même au milieu d’une sévère pauvreté dans les montagnes.
Sur le plateau entre Istanbul et Samsun, dans une ville de 15000 habitants, juste en traversant nous en avons compté 14 !!! L’ Atatürk qui s’est battu pour un état laïc doit se retourner dans sa tombe.
95% des femmes portent le foulard et le manteau long dans les grandes villes. Dans les campagnes, c’est 100%…
Ce soir , notre bivouac est sur le parking d’un club de rafting.
Nous avons choisi de quitter Samsun car notre bivouac était vraiment trop bruyant.
Il est difficile de trouver un endroit pour s’arrêter. Il y a très peu d’espace entre la mer et la montagne toute proche. La densité d’immeubles est impressionnante. Comme il n’y a pas de parking, les rues, déjà très étroites sont gavées de véhicules en stationnement. Impossible de se faufiler et les montagnes étant toutes proches, difficile de trouver un coin un peu plat.
Nous avons longé la côte jusqu’à un camping, difficile à
trouver, fermé, mais dont les propriétaires ont bien voulu nous accueillir.
Juste au dessus de la mer, et…. loin des mosquées environnantes.
Quel plaisir de dormir au calme ! On va y rester une nuit de plus pour profiter de la tranquillité du coin. En dehors des villes l’eau courante ne fonctionne pas tout le temps. Là, il a fallu attendre 24h pour pouvoir faire le plein du camion.
Dans les villes, les bords de mer sont bien aménagés, avec promenade, bancs, jeux pour enfants. Ce doit être très agréable par beau temps.
Sur les routes on trouve des engins improbables, charrettes,
triporteurs, side-car bricolé et des voitures qu’on voit rarement en France,
des R9 broadway, des R12 berline ou break. Les chauffeurs sont très peu
soucieux du code de la route et des limitations de vitesse, malgré
l’omniprésence de la « trafic polis ». A ce propos, nous avons été
très surpris pas les fausses voitures de police installées au bord des routes.
Pour qui n’est pas du coin, c’est momentanément
efficace…
La Turquie est en période électorale. C’est une débauche de fanions sur des kilomètres, de bâches à l’effigie des candidats, de véhicules divers avec en déco la photo du candidat et haut parleur sur le toit. Un véritable cirque !
Le temps est très gris et pluvieux. Pas franchement génial mais on fait avec. La neige est prévue pour mercredi….
Les vocalises des muezzins nous ont tirés du sommeil à 6h30. Du coup, on a repris la route de bonne heure. Une longue étape nous attendait, rejoindre Samsun. La route était vraiment belle, tant pour la qualité du réseau que pour l’immensité des paysages.
Il y a beaucoup de drapeaux…
Arrivés à Samsun, nous avons vu une église pour la première fois…
Et nous voilà sur les bords de la mer Noire qui est bien sûr bleue !
On a roulé jusqu’à Silivri car on voulait passé Istanbul de bonne heure. Raté, on a quand même été dans les bouchons des villes de banlieue.
On a fait un grand tour vers le nord pour traverser le Bosphore mais le brouillard était encore de la partie, on n’a pas vu grand chose…
Pour le soleil, suivez la ligne blanche….
Ce midi, déjeuner sur les bords du lac de Sapanca. Plein de poules d’eau. C’est marrant leur cri, un croisement de la trompette pour enfant et d’une langue de belle-mère …
Tenez bon, le printemps n’est pas loin…
Ce soir, un autre lac à Yeniçaga et d’autres poules d’eau !
Entre ces deux lacs, un col à 950m et de la neige sur les
bords de route.
D’aucuns nous ont demandés s’il y avait un problème car le blog restait muet. Nous attendions juste des plaquettes de freins !
Attendre à Alexandroúpolis, si cela a mis nos patiences à rude épreuve, n’a pas été top pénible tout de même. Peu à peu, le temps s’est amélioré, notre autonomie électrique aussi et donc notre moral.
Nous n’avons vu qu’une seule fois le sommet de cette île. Elle disparaissait la plupart du temps dans la brume.
Nous avons le chic pour tomber sur des restau-gastros. Nous partions
pour la gargote de la plage car son réseau wifi puissant nous intéressait grandement. Manque de chance fermée. Dans ce
coin, il n’y avait qu’un autre restau et il faisait du poisson. Personne
dedans, pas de carte dehors mais c’était joli et soigné de l’extérieur. Et
bien, on s’est régalé. La cuisine était elle aussi soignée et particulièrement
savoureuse. Taramas de trois couleurs, encornet grillé juste comme il faut,
poulpe sauté sur lit de lentilles tièdes … avec du pain grillé avec huile
d’olive et origan. Une tuerie.
Le restaurant
s’appelle » olivier et laurier » mais écrit en grec !
C’est à l’entrée d’Alexandroúpolis juste à côté de l’hôtel Santa-Rosa. Pour
ceux qui passeraient par là 😉
Les plaquettes de frein sont arrivées (merci Patrick) et
nous avons été revoir le garage que nous avions consulté le mois précédent.
A 8h30 début des travaux, 9h30 fin des travaux, on accepte un café grec. 9h45, installés dans un coin du garage avec trois papis on casse-croûtait au poisson arrosé de raki (40°). On a bien ri. Ils ne parlaient pas anglais, un parlait bien l’allemand (que je ne pratique pas mais Jeff un peu) . Et bien, la discussion a fini sur la politique, le brexit, les gilets jaunes et E. Macron …. Comme quoi, le raki ouvre les esprits 😉 On est reparti à 11h00 directement au camping ….
Le lendemain, les
pompes de transfert du gasoil arrivaient (merci Vincent). Deux heures pour les
travaux complémentaires et voilà, nous avons repris la route. Il me tardait.
Cet épisode d’arrêt obligatoire n’a pas été tout négatif.
Bien sûr, nous allons changer notre itinéraire, mais finalement ce n’est pas
grave. Ce stop prolongé nous a permis une certaine forme de « lâcher
prise ». Nous avons toujours nos dates butoirs en mai nos amis à Bichkek,
en juin mon vol pour aller chercher
Philip, en juillet les réservations pour
la Nadaam. Pour le reste, on
improvisera. On ne verra pas tout dans tous les pays traversés mais dix vies
n’y suffiraient pas. Nous verrons ce que nous pourrons et ce ne sera pas si
mal. Alors, on est plus détendu !