Harstad

Au lieu de partir directement aux Lofoten, nous décidons de visiter les Vesteralen. Il y a plein d’îles dans le coin ! Ma carte routière n’en donne pas toujours le nom. Nous commençons par Hinnoya et sa ville principale Harstad. C’est une petite ville très animée avec un côté touristique. Mais après mi-août, l’office de tourisme est fermé à 15h30 et le seul monument de la ville est fermé jusqu’à ….. On n’a jamais pu savoir !

Ce monument est l’église de Trondenes. Fondée en 1150, elle fut longtemps l’église la plus septentrionale du pays. A l’origine en bois, elle fut remplacée par un bâtiment en pierre en 1250 et devint un bastion contre les Russes. On peut encore voir entre l’église et la mer, les ruines de remparts et de tours de guet. On y voit également des stèles et des tombes écrites en cyrillique. Des soldats russes sont tombés ici lors de la seconde guerre mondiale. C’est un bel édifice et j’ai vraiment regretté de ne pouvoir le visiter.

Le jet d’eau de Harstad, comme à Genève 😉

Les sternes arctiques, nos petites préférées ! et un papillon

En repartant

Narvik

Cette ville a été le théâtre d’affrontements pour sa situation géographique. Au fond d’un fjord, direz-vous, il y en a tant et tant ! Mais voilà, Narvik a été fondée en 1902, à l’époque où la Norvège était sous domination suédoise. Un train reliait le port aux mines de fer de Kiruna, en Laponie suédoise. Pour mener à bien une guerre, il faut du fer alors les Allemands, sans préavis, ont attaqué Narvik par la mer avec 10 navires de guerre dont un destroyer. Les deux navires militaires ancrés à Narvik ont refusé de baisser pavillon et ont mené un combat désespéré. Tous deux ont été coulés. Les Allemands ont pris positions à Narvik et sur les montagnes environnantes. Les Anglais ont tenté une attaque avec 5 navires. Ils infligèrent pas mal de dégâts à la flotte allemande mais durent se retirer tout de même. Ils revinrent avec une plus grande flotte mais à ce moment là, la déclaration de guerre de l’Angleterre et la France les ramena très vite sur les côtes anglaises. En s’installant autour de Narvik, les Allemands ont mis la main sur tout l’équipement prévu pour l’armée norvégienne du nord. Uniformes, équipements temps froid, armes et munitions. Tout avait été prévu mais l’attaque surprise a empêché la distribution. Les Norvégiens ont dû se battre avec des équipements dépassés et un armement obsolète. Ils ont malgré tout fait subir des revers aux Allemands et surtout ont permis à la famille royale norvégienne de ne pas être arrêtée. Pendant toute l’occupation allemande, les Norvégiens ont organisé des actions d’espionnage, de sabotage et ont essayé de venir en aide aux prisonniers russes et yougoslaves qui étaient envoyés en Laponie dans des camp de travail aux conditions inhumaines. Des Ukrainiennes aussi étaient envoyées dans les usines de poissons pour remplacer les hommes .

Le musée de la guerre à Narvik est très intéressant. Plus grand que l’extérieur ne le laisse prévoir, le conflit subi est bien expliqué et une animation lumineuse sur un grand plateau permet de suivre la bataille navale.

Beaucoup de villages autour ont leur mémorial en hommage aux batailles s’étant déroulées sur leur sol.

L’armée norvégienne a dû déposer les armes fin juin 40. Pour Hitler, les Scandinaves étaient un peuple juste un cran au-dessous des Aryens. Blonds, grands, les yeux clairs, ils n’ont pas subi d’épuration comme les Slaves, à part les juifs norvégiens évidemment. Néanmoins, les conditions d’occupation étaient très dures. Dès que les Norvégiens essayaient d’aider les prisonniers, c’était directement les travaux forcés pour plusieurs mois. Tout acte (réel ou supposé) assimilé à de la rébellion était puni par la peine de mort.

Le sous sol du musée est une exposition consacrée au conflit en Ukraine. S’il y a moins de drapeaux ukrainiens en Scandinavie que dans les Pays Baltes, le soutien est là tout de même.

Autour de Narvik

et petit tour en Suède pour l’achat de tabac.

Senja itinéraire : Husoy Tungeneset Skaland Bergsbotn Gryllefjord Torsken

L’île de Senja n’est pas bien grande. Elle est située au nord des Lofoten et du coup, elle est souvent négligée. C’est une erreur car il y a vraiment de beaux coins. Beaucoup de routes sont en cul de sac donc il faut avoir du temps pour les explorer. Nous y avons pris beaucoup de plaisir ! Les destinations ont peu d’importance, c’est la route qui émerveille.

Tromsø-Senja

Le temps est très changeant en ce moment. Nous continuons notre périple sur de « petites routes » pour éviter le monde. C’est une idée brillante, nous n’avons pas été gênés par le trafic, mais l’état de la chaussée nous a occasionné pas mal de bonds toute la journée ! Cette région est consacrée à l’élevage. Nous y avons vu vaches, moutons, chèvres pour la première fois, chevaux et même lamas.

Les Norvégiens ne sont pas très démonstratifs mais pas hostiles non plus. Juste extrêmement réservés, aussi, il est difficile de discuter avec eux. La plupart des maisons possèdent un mat des couleurs et les oriflammes aux couleurs de la Norvège flottent partout.

Lors d’un stop, nous avons découvert sans doute une ancienne scierie alimentée par une roue à aube, comme un moulin. Elle ne fonctionne plus mais reste en bon état.

Fin de journée

Tromsø

C’est une « grande ville « pour le Grand Nord. Le temps était gris et le plafond bas. En arrivant en ville, difficile de se garer. Nous nous sommes arrêtés dans une rue 20 minutes, le temps de jeter un œil à la « cathédrale arctique ». En revenant, on nous a fait comprendre qu’il fallait dégager. La cathédrale ne m’a pas emballée. Le guichet de vente des billets d’entrée et une boutique se tiennent dans l’église et prennent un quart de la surface. Franchement, rien à voir avec la cathédrale d’Alta ! Aucun sentiment de religiosité là-dedans.

Nous sommes allés à Polaria. Un musée-aquarium présentant la vie animale arctique. En fait, nous y avons vu deux films, sur les animaux du grand nord et le travail avec les phoques prisonniers de l’aquarium et l’autre sur le Svalbard. Ensuite, quelques petits aquariums avec anémones, pousse-pieds, quelques poissons du nord. Il y avait également un petit bassin avec au moins 7 ou 8 phoques d’âges différents. Les voir tourner ainsi dans un si petit espace, avec le fjord juste derrière le mur du musée m’a fait mal au cœur.

Le seul parking près du musée est à 6€ l’heure. C’est abuser, d’autant que le musée n’est pas donné. Enfin… Nous n’avons pas aimé cette ville. Les camping-cars n’y sont pas bienvenus.

En quittant Tromsø, nous avons découvert un truc incroyable ! La Norvège est le pays des tunnels. Sous la montagne, sous la mer, avec des longueurs plus ou moins importantes et des pentes parfois impressionnantes. Mais là, pour la première fois, nous avons pris deux ronds-points d’affilé dans le tunnel. Prévoir de savoir où tu vas, Wase et GPS ne te causent plus là-dessous !

Sur la route

Alta

C’est une petite ville bien agréable. La rue piétonne est bordée de restaurant et de café. Des bancs jalonnent les côtés, invitant à une pause. Une bibliothèque « boîte à livres » et des palettes salon de jardin offrent un coin cosy pour lire. C’est agréable de s’y balader même si la rue n’est pas bien longue.

On y trouve également « la cathédrale des aurores boréales ». En cette saison, aucune chance d’en voir. C’est un bâtiment particulier et il faut être devant pour voir la croix qui indique un monument religieux. Tout en béton recouvert de 40000 plaques de titane, cette église étincelle au soleil couchant. L’intérieur est particulier mais nous avons beaucoup aimé l’impression de sérénité qui se dégage de cet endroit.

Nous avons aussi fait un tour au musée « Alta muséum ». Il est essentiellement tourné vers l’art rupestre avec des centaines de dessins dans des rochers à deux kilomètres à la ronde du musée. Néanmoins, la présentation parlait d’une partie traitant de la deuxième guerre mondiale en Norvège. Nous y allions pour ce sujet. Hélas, nous n’avons trouvé qu’un panneau avec les photos des protagonistes, sans explications en anglais.