Makhatchkala

Après notre soirée en compagnie des militaires russes, nous décidons de partir à Makhatchkala pour voir un peu plus longtemps la mer Caspienne. J’espérais même glander deux ou trois jours en bord de mer…

Sur la route, il faut être TRES attentif. Outre la conduite sportive des Russes, on se croirait dans une course, double à droite, à gauche, s’arrête n’importe ou et double n’importe où également, il y a nos amies les vaches qui mènent leur vie et traversent n’importe quand. Nous avons pu voir que les Russes imitaient les Turcs avec des voitures de police factices. Mais il y a beaucoup de check points, avec arrêt aléatoire mais leur curiosité nous fait gagner à chaque fois … En Ossétie et Tchétchénie nous n’avons pas eu ce souci.

Makhatchkala est la capitale du Daghestan. Grande ville avec sa circulation aberrante et extrêmement stressante pour Jeff. D’autant que la grande majorité des rues sont interdites aux camions et que nous sommes quand même obligés d’y passer. Pour le moment, la police ne nous a rien dit. Cet après midi, on a quand même flippé car on était suivi par une voiture de police sirène hurlante avec un policier qui parlait avec un haut parleur. Évidemment on ne comprenait rien. On s’est arrêté mais ouf ! ce n’était pas pour nous.

Les mosquées sont beaucoup moins nombreuses qu’en Turquie, les minarets moins hauts (sauf celle de Grozny). L’islam, bien présent est tout de même moins étouffant qu’en Turquie.

Et bien voilà ! On l’a notre photo de la mer Caspienne !!!!

Arrivée en Azerbaïdjan

La mer a été calme, la cabine rustique et les repas roboratifs, bref on est bien arrivé. Le bateau a accosté vers 15h.

La valse des tampons, des inspections, des formalités recommence côté azéri. Là aussi, les chauffeurs turcs ont guidé Jeff et ont même négocié pour le tarif à appliquer à Bidouille. Délestés de pas mal de dollars, nous quittons Alat vers 20h. Il fait nuit noire et il n’y a rien à 20kms à la ronde. Nous gardons Thomas et Karo à dormir. Demain, il fera jour.

Le matin, il fait beau, nous sommes à 5kms de Qobustan, site au patrimoine de l’Unesco, nous décidons d’y aller avec les jeunes.

En route pour Kurick

La route est neuve donc nous roulons sans trop de stress. Des « monuments » de style « soviétique  » et des cimetières s’élèvent au bord de la route , ce sont les seuls choses à voir.

Nous arrivons au port lundi en fin de matinée. A la chasse aux renseignements, nous apprenons que le bateau est attendu mercredi. On s’installe pour attendre .Nos e- visas azéris sont arrivés. Pour le moment, ça roule.

Jeff fait connaissance avec des chauffeurs routiers turcs et avec un couple de voyageurs en mode sac à dos. Thomas est irlandais, Karo allemande. Ils se sont rencontrés sur la route au Canada et ont continué leur tour du monde ensemble. Nous les invitons pour le café qui quelques heures après s’est transformé en apéro-dîner. Très sympa mais à 21h, des policiers sont venus nous chercher, le bateau arrive mardi, il faut commencer les formalités. A 23h30, tout le monde revient au camion et nous dînons enfin. Rendez-vous à 7h30 pour finir les formalités. En fait, il n’y a eu personne dans les bureaux avant 10h. Il n’était pas possible de payer les billets en dollars, uniquement des tigrits, en liquide … L’enregistrement pour le passage du camion a été une course entre les différents bureaux du port. Cela a duré jusqu’à 14h30. Je ne sais pas le nombre de kilomètres que Jeff a parcourus. Heureusement, les routiers turcs ont aidé Jeff. Pas moins de 17 tampons juste pour Bidouille !

Enfin, à 16h, nous sommes sur le bateau avec Bidouille et nous avons une cabine pour dormir. Tout va bien.

Le retour 30/4/2019

La décision est prise, maintenant, il faut s’organiser… Nous avons bloqué la cellule pour ne pas casser le nouveau dessiccateur mais la réparation des freins est minimale faute de pièces adaptées. Nous choisissons d’éviter, autant que faire se peut, la montagne, de rester sur l’autoroute et de faire au plus court. Nous allons prendre le bateau d’Aktaou à Bakou. On évitera le contournement de la mer Caspienne et ses routes incroyables. Tout d’abord, demander les visas pour l’Azerbaïdjan, aller à Aktaou pour prendre les billets de ferry et trouver le port. La route pour Aktaou n’est pas trop mauvaise mais nous sommes terriblement stressés au moindre chaos. Nous arrivons dans cette ville samedi en fin de matinée et trouvons le bureau de la compagnie du ferry. Merci aux blogs que j’ai consultés avant le voyage !

Manque de chance, une panne de courant ne permet pas d’éditer les billets ou de faire des paiements par carte. Rendez-vous à 14h30. Nous y serons, mais pas eux … Pas grave. D’après leurs explications, on peut prendre les billets au port, qui a été déplacé à Kurick. Mais les billets se paient en dollars et en liquide. Il n’y a pas de distributeur de billets dans les locaux du port. Le challenge, trouver des dollars (nos 1000$ achetés en France ont fini dans les poches du mécano !) Tout le dimanche matin a été occupé à courir de banque en banque pour échanger des euros contre des dollars. Mission accomplie. (en France, ça n’aurait pas été possible !)

Nous décidons de nous faire une pause cocooning, hôtel, restau et service de blanchisserie pour les pulls, les jeans. Hôtel Victory en bord de mer. Proprio très sympa, qui accepte les chiens (rare ), chambre immense et très propre. En plus, il y avait une baignoire !!!

Avant de plonger (dans la baignoire ), nous profitons d’un rayon de soleil pour nous balader en bord de mer. Une immense promenade a été aménagée. Les familles, les couples, les jeunes se promènent, font du vélo, différents jeux de ballons … C’est un endroit agréable où les gens sont très souriants et très intéressés par Sa Majesté Evi-Dance des Neiges bleues d’ Euskadi. 🙂

Après un restaurant de poissons et une bonne nuit, nous récupérons la blanchisserie et préparons le camion avant d’aller prendre le petit déjeuner. Devant le camion, un monsieur nous attend et en français engage la conversation. Eminent scientifique, ce monsieur a fait ses études à Clermont-Ferrand et garde un bon souvenir de cette période. Il nous invite à sa table pour le petit déjeuner et nous poursuivons avec plaisir la conversation. Nous sommes invités pour le soir mais nous préférons reprendre la route. Nous sommes attendus à Astana ou Noursoultan lors de notre prochain voyage. Qui sait ?

En route pour l’Ouzbékistan

Après ce moment bien agréable, nous décidons de reprendre la route pour la frontière ouzbek. Cette visite nous a fait faire un grand détour mais qu’importe, le voyage, c’est ça aussi. Nous privilégions la nouvelle « route » pour remonter vers Benyeu puis la frontière. En quittant le parking, un homme se met en travers du chemin pour nous demander de l’emmener jusqu’à Xanaozen à 150 kms. Pourquoi pas… On déloge Evi de son siège et on embarque ce monsieur, ne parlant que kazak. La conversation fut brève mais il a compris qu’on était français en route pour la Mongolie et il nous a chanté « la vie en rose » et une autre chanson d’Yves Montand en kazak. Hallucinant !

30kms plus loin, un grand bruit sous le camion, Jeff s’arrête sans couper le moteur et part récupérer des morceaux que nous avions vu rebondir à l’arrière. Une fuite d’air énorme, aucune ville avant 120kms, nous avons repris la route, sans utiliser les freins, en calculant les feux et les stop pour ne pas devoir s’arrêter jusqu’à trouver une station d’essence désaffectée à l’entrée de Xanaozen où nous nous sommes « échoués ». Une patrouille de police, installée sur l’aire de la station faisait des contrôles routiers.

Notre « camion-stoppeur », arrivé à destination, explique aux policiers qu’on est français et en panne et s’en va. Heureusement un policier sait que la soeur d’un collègue parle anglais et une heure après, cette jeune femme est devant nous avec son père. Et là, tout nous échappe ! Un mécano intervient pour le diagnostique puis revient le lendemain avec un dessicateur et un support, il raffistole tout cela et nous précède pour aller jusqu’au garage pour la réparation des freins.

Enfin, n’imaginez pas un garage à l’européenne. Là, c’est une cour en terre pleine de cratères. Heureusement nous avons des outils …

Arrivés au garage, nous constatons l’ampleur des dégâts et surtout, nous trouvons la cause… Le plancher de la cellule s’est effondré autour du support de liaison avec le châssis. Cela a engendré un angle de balancement trop important à chaque secousse et les chocs répétés ont cassé le dessicateur. Sans air, le frein de parc s’est engagé et les freins ont fondu … Les réparations des freins vont être longues : 10 jours. Et elles seront temporaires car impossible de trouver des garnitures de freins adaptées. Le mécano fait au mieux.

Mais entre la cellule très affaiblie et les freins en mode dégradé, impossible de continuner. Nous n’avions fait que des « grandes routes » et un peu de piste. Nous devions faire la route du Pamir et le tour de la Mongolie. Impossible dans ces conditions.

La décision de rentrer a été une terrible déception mais il fallait être lucide. Notre aventure s’arrêtait là …. pour le moment … L’idée d’un nouveau départ après réparation m’a soutenue durant cette période …

Avant notre départ, nous avons été invité à déjeuner par les parents de la jeune femme qui a servi d’interprète durant ces 10 jours. Excellent repas trop copieux, juste pour nous car eux ne mangent que le matin et le soir. Le midi, c’est thé, pain, sucreries. Nous étions un peu gênés. Mais nous avons passé un bon moment ensemble. Avant notre départ de France, j’avais fait un livre photos avec des vues des différentes régions de France, des photos personnelles (famille, maison). Arkobach et sa maman ont été très interessées et ont posé beaucoup de question.

Coucou !

Nous ne sommes pas morts…. Mais depuis Bekhet-Ata, nous avons des tas d’ennuis. Ils se résolvent un par un et on continue tant bien que mal notre retour vers la France. Nous sommes à 120kms à l’est d’Istanbul. Nous allons bien, même si les nerfs sont éprouvés par les diverses péripéties que nous traversons. Je vous raconterai en détail, mais plus tard. Une amie m’a fait remarquer que mon silence était source d’inquiétude pour certains de ceux qui nous suivent. Alors voilà. On va bien, on ne s’est pas encore écharpé, et seul notre escargot nous cause du souci. Mais, on va s’en sortir. Faites la réserve de glaçons et de gâteaux d’apéro, on arrive dans ….2600 kms….

Petite anecdote

Après la visite de Gori, nous décidons de filer vers Tbilissi pour se trouver une place de parking. C’est plus facile un dimanche, les employés de l’hôtel de ville ne travaillant pas.

Bien installés à deux pas de la vieille ville, je décide de préparer une macédoine au thon pour le repas. Mais quand vous avez fait des courses en Grèce, vous ne comprenez pas forcément ce qu’il y a dans la boite. J’ai donc fait de la macédoine au hommos. C’est spécial, mangeable mais pas la peine de l’importer en France, aucune chance de réussite sauf auprès des végans peut-être ! Mais ça nous a bien fait sourire….

Le départ

Voilà. C’est fait. Nous sommes SDF, comme nous appelle maintenant  une Copine : Manolo et Manoletta 😂

Je pensais être bouleversée en quittant la maison, mais, rien…..

Deux solutions : Soit l’info n’a pas encore trouvé mon neurone d’ancienne blonde 😉

Soit cette maison ne me tenait plus autant à cœur .

Pendant de longues années, cette immense maison a été le théâtre de nos vies. Joies, projets, travaux, partages et aussi chagrins notamment avec le départ de notre Mamie. Cette maison vivait mais chacun des enfants a emmené avec lui un morceau de son âme et il ne restait qu’une coquille vide qui résonnait.

Cette maison devenait petit à petit une liste de travaux à prévoir, à finir, à refaire, d’entretiens sans fin…. Elle a été notre foyer, elle devient celui d’une autre famille à qui je souhaite beaucoup de bonheur.

Nous ne sommes plus propriétaire de cette batisse, mais nous restons propriétaires de tous les souvenirs attachés à cette maison.

Nous commençons doucement notre vie de nomade. Aujourd’hui, la Charente maritime pour voir notre filleul . J’ai chargé le fourgon un peu « à l’arrache ».

Vider 290m2, ce n’est pas simple. Heureusement, les enfants  ont sacrifié une partie de leurs vacances pour nous aider. MERCI MERCI MERCI. Ma Copine Claude est venue aussi. Nous n’aurions jamais été dans les temps sans eux.

J’espèrais avoir un peu de temps pour faire mon tour et dire au revoir mais raté.

Je n’ai pas eu le temps d’organiser les 8m2 de notre nouveau domicile, alors, c’est un peu « sportif ».😱 Mais je m’en occuperai quand nous nous poserons quelques jours. Encore sur notre lançée, nous n’avons pas pris le rythme « vacances ». Ça viendra….