Lappeenranta

Edifiée par les suédois en 1640, Lappeenranta est essentiellement une ville garnison avec une forteresse destinée à contrer les invasions russes. En 1741, les troupes russes prennent le contrôle de la ville frontière. En 1743, à l’issue de la guerre, les suédois perdent une partie de la Carélie, dont Lappeenranta, Hamina et Olavinlinna. L’indépendance de la Finlande en 1918 a été suivie d’une guerre civile entre « garde rouge » procommuniste et « garde blanche » anticommuniste. Lappeennranta servit de prison aux survivants de la garde rouge.

De la forteresse, il ne reste pas grand chose. La nature a repris ses droits et les remparts sont recouverts de végétation.

Au sommet, on peut voir certains bâtiments sauvegardés, transformés en cafés, galeries, magasins de souvenirs.

Astuvansalmi

Réputées pour être parmi les plus grandes d’Europe du nord, les peintures rupestres d’Astuvansalmi sont un peu décevantes. Encore une fois, nous comparons à déjà vu (France et Espagne), et là, il n’y a pas de quoi s’extasier. Oui, sur la roche on devine quelques dessins mais il faut vraiment avoir le mode d’emploi pour les distinguer. Elles datent de 3000 à 2500 ans av JC. Soumises aux intempéries, elles s’effacent peu à peu. La balade pour les atteindre est sympa.

Kotka

Au nord de Kotka, se trouve Langinkoski. C’est un tout petit domaine, construit par le Grand Duc de Finlande, à la demande du Tsar Alexandre III. Il est situé sur les berges du Kymijoki, une rivière à saumons, près de rapides. Plusieurs bâtiments ont été construits dans le même style, donnant à cet endroit beaucoup de charme. Nous avons été étonnés par la simplicité des lieux. Le Tsar et la Tsarine venaient y passer quelques jours chaque année, loin du faste et du protocole de la cour. L’activité principale était la pêche et ensuite la préparation des repas.

Le mode de pêche ne laissait pas trop de chance aux saumons. Des installations barraient complètement le cours d’eau, sauf en un endroit où des filets lestés capturaient les poissons. La pêche durait de mai à septembre. Une petite « pêcherie » traitait le poisson. Un des bâtiments devait servir de séchoir et un autre de logement pour les pêcheurs. Il y avait également une petite chapelle orthodoxe.

Un contremaître était sur place, il surveillait et entretenait les lieux. Il s’occupait aussi des préparatifs pour les visites impériales. Sa maison était juste à l’entrée du domaine.

En 1915 et 1916, à la demande du Tsar Nicholas II, le domaine fut transformé en centre de convalescence pour blessés de guerre. Il faut dire que le nouveau Tsar ne venait jamais au pavillon de pêche.

En tout cas, je comprends pourquoi le Tsar et sa famille très proche aimaient cet endroit. C’est beau, calme, ressourçant comme on dit maintenant.

Loviisa

Cette petite ville au fond d’un bras de mer était une ville thermale. Détruite en 1855 pendant le conflit russo-suédois, elle reste aujourd’hui une station balnéaire. Le terme station balnéaire n’a pas ici la même signification que chez nous. Pour nous, en été une station balnéaire est synonyme d’embouteillages, de baraques à frites, crêpes, churros, glaces, gaufres, beaucoup de monde, du bruit. Ici, c’est juste un endroit tranquille pour se promener ou avoir des activités nautiques. Il faut dire qu’avec 100.000 lacs et 46.000kms de côtes les Finlandais ont le choix pour se baigner. Comme ils sont moins de 6 millions sur 340.000 km2, il n’y a pas de bousculade. C’est très plaisant.

Nous avons choisi Loviisa car nous avons entendu parler d’une forteresse maritime. Nous avons eu du mal a trouver un site en anglais pour acheter les billets et ensuite, il a fallu trouver l’embarcadère. Les Finlandais ne sont pas trop habitués au tourisme étranger. Il y a des sites généralistes en anglais mais les liens vont sur des sites en finnois. Pas facile. Et en terme d’indications, c’est restreint. Enfin ! Quand on a visité le Kazakhstan, on s’y retrouve en Finlande :-).

Suite à la guerre russo-suédoise de 1741 à 1743, la Suède perd une partie de la Finlande dont les forteresses de sa frontière est. La forteresse de Svartholm a été décidée en 1748, finie en 1764. Elle n’était pas très bien conçue. En effet, le nombre de pièces d’artillerie capables de fonctionner était bien moindre que la prévision établie. Elle sert de base navale à la marine suédoise pendant la guerre russo-suédoise de1788-1790 puis passe sous domination russe en 1808. En 1847, elle devient une prison. En 1855, la marine britannique détruit la forteresse lors de la guerre de Crimée. Elle est abandonnée et sert de pâturages.

Il reste peu de chose de la forteresse. Le site n’est pas vraiment restauré, il est sauvegardé. Il a été couvert d’un toit et des escaliers en bois permettent de circuler un peu. Pas grand intérêt, à part le « mini-musée » qui est retracé sur des panneaux, la vie dans la forteresse au fil des ans. C’est tout de même un endroit sympa pour venir pique-niquer autour de ce qui reste des fortifications.

Bidouille traîne la patte

Depuis deux trois jours, Bidouille émettait des bruits assourdissants pendant quelques secondes puis repartait tranquille. Ce n’est pas souvent mais … je refuse catégoriquement de partir vers le nord comme cela. Nous sommes à 50 kms d’Helsinki, les prix sont bien moins élevés en Estonie et des Finlandais nous ont conseillés d’y repartir car ils ont plus l’habitude des vieux camions. La Finlande est un pays riche qui ne s’encombre pas de vieilleries. D’ailleurs, notre contact avec IVECO Helsinki n’a pas été très cordial. Bref, le 28 juin, on repart voir Iveco Tallinn. Je dois dire que nous avons été très bien reçus, aidés et dépannés. Ne pouvant rester dans le camion, le responsable clientèle nous a trouvé un hôtel et un taxi pour y aller. Vraiment très gentil ! Je reviens sur mes propos sur la froideur des Estoniens. Est-ce l’été qui leur a redonné le sourire, la chaleur qui a décoincé les zygomatiques ? En tout cas, c’était bien plus sympa ! Nous avons eu de la chance, une seule nuit d’hôtel a suffi. Ici, c’est la haute saison. Pas facile de trouver une chambre libre quand on a un chien. Notre chambre était extra, sauna et baignoire jacuzzi, lit king-size et télé énorme. Pas de programme en français, tant pis. Nous avons bien profité du confort de l’hôtel. Bidouille lui repart avec des roulements tous neufs et quelques pièces intermédiaires entre pont et roue et nous avec 1300 euros de moins. Le 4 juillet, nous sommes de retour en Finlande pour continuer notre périple, l’esprit tranquille.

Porvoo

C’est une petite ville pleine de charme. Deuxième ville la plus ancienne de Finlande, créée en 1380 sur un centre marchand actif, il en reste un vieux quartier aux maisons de bois colorées et aux rues pavées. Aujourd’hui, sous le soleil et avec des fleurs dans les jardins, c’est vraiment joli. En hiver…

En arrivant à Porvoo, on traverse une rivière, la Porvoonjoki. Elle serpente aux pieds de la ville. On peut voir d’anciens entrepôts qui servaient à stocker les marchandises à exporter vers l’Europe.

Quand on passe la rivière, l’œil est attiré par un pignon décoré qui surplombe la ville. C’est la cathédrale luthérienne. Datant du XVème siècle, elle subi plusieurs incendies. Elle est célèbre car le tsar Alexandre Ier y organisa, en 1809, la première diète de Finlande au cours de laquelle la liberté religieuse fut accordée aux Finlandais. Les photos étaient interdites et de plus, il y avait un concert d’orgues. Je ne suis pas une grande fan d’orgues. Trop de sons différents en même temps. Si je trouve certains morceaux simples magnifiques, d’autres trop complexes saturent mes oreilles et mon pauvre petit cerveau ! 😉

La cathédrale est au cœur de la vieille ville et c’est avec plaisir que nous avons déambulé dans les petites rues pavées. Talons s’abstenir, la chaussée en pavés moyenâgeux n’est pas bien plane ! J’ai bien aimé ces ruelles, beaucoup moins touristiques que celles en bord de rivière. Il y régnait un grand calme, avec des petits coins ombragés. Et oui ! nous avons eu trop chaud en Finlande ! Ce n’était clairement pas prévu.

Le quartier au bord de la rivière est bien plus animé. Boutiques d’artisanat, restaurants, cafés et … Chocolatiers !!! Les plus réputés du pays. Un reportage de qualité nécessite de goûter 😉 Mission accomplie ! Les pâtisseries, biscuits et autres douceurs sont assez sucrés ici. Je craignais un peu mais en fait, pas du tout. Les chocolats que nous avons testés dans les deux chocolateries les plus renommées étaient vraiment excellents. Petits, mais excellents. Chez Pétris, 8 chocolats de la taille d’une bille en terre d’autrefois, 16,50€. Pas donné ! Chez Brunberg, 250g de truffes 3,70€. Aucun des deux chocolatiers n’a volé sa réputation.

Le long de la rivière, le midi, en été, des stands alimentaires s’installent. On trouve un peu de tout, mais surtout des cuisines du monde. Pour nous, un magnifique porcelet à la broche nous a séduit.

En rentrant au camion, nous passons devant l’ancienne gare, de 1905. On peut y voir le système qui permettait de faire faire demi-tour à la locomotive.

Les Hiidenkirnut d’Askola

Je ne sais plus trop où nous avons trouvé l’indication de ce site. Il était présenté comme la plus grande concentration de « marmites géantes ». Nous en avions vu dans l’Ain et c’était spectaculaire. Le plan montrait une grande boucle à parcourir pour les voir toutes. Nous décidons de faire une randonnée. Nous avions imaginé un parcours de plusieurs kilomètres. En fait, au pire, nous avons parcouru moins de deux kilomètres et les marmites étaient vraiment petites et sans grand intérêt. Tant pis, la forêt était belle , la balade agréable.

HÄMEENLINNA

L’étape dans cette ville concerne essentiellement son château du XIIIème siècle. La construction d’une redoute permettait de renforcer la frontière suédoise. Après l’attaque de la principauté russe de Novgorod, le château du Häme reçut un deuxième étage en briques. La possession du château alterna entre danois, suédois et russes en fonction des résultats des différents conflits au fil des siècles. En 1809, il fut intégré à l’empire russe et en 1841 devint prison puis en 1881, unique prison pour femmes, jusqu’en 1953. La prison fut déplacée dans une dépendance. Cette prison fut active jusqu’en 1972.

L’intérieur a été beaucoup changé lors de la transformation en prison. On peut tout de même voir qu’il y avait du chauffage central avec des bouches qui arrivaient à mi-hauteur des murs.

Voici la tour des canons

Les collections du château :

Cet oriflamme a une histoire cocasse. En 1782, le roi Gustav III de Suède doit visiter Häme. Le gouverneur fait fabriquer des oriflammes pour pavoiser le château. La lettre G III pour Gustav III et 82 pour l’année. Mais le voyage fut reporté et Gustav ne vint qu’en 83 ! L’histoire ne dit pas ce qu’il advint des oriflammes.

Des expositions sont proposées à différents endroits.

Le travail de cette artiste nous a beaucoup plu. Son médium, c’est la laine, le lin etc… Elle ne peint pas par dessus, elle mélange les fibres pour arriver à la couleur requise et coud pour que les fibres ne bougent plus. Son nom : Raija Jokisen. Si elle expose en France, allez-y ! Le département du Finistère a réalisé un film chez cette artiste, il est diffusé dans le château. Ils sont partout ces bretons !!!

En visitant le château, nous entendons parler français. C’est assez rare pour nous interpeller. Nous abordons ces voyageurs et comme la rencontre a été sympa, nous décidons de se retrouver sur un spot pour passer la soirée ensemble. Ce fut une excellente soirée. Après plusieurs mois de voyage, le manque de contact commence à se faire sentir. Nous rencontrons du monde parfois, mais c’est toujours fugace. Passer une soirée entière avec un autre couple, c’est vraiment sympa.

Tampere

Notre visite de Tampere a été fortement raccourcie. Nous étions tranquillement installés au bord du lac et nous apprêtions à partir en balade quand un Finlandais est venu papoter avec nous. Nous avons passé un bon moment mais l’après-midi a bien avancé. Nous avons failli renoncer à partir en se disant « on ira demain » quand le Finlandais nous a expliqué que demain serait férié et que tout serait fermé jusqu’à lundi voir mardi. C’est la fête du mid-summer, 21 juin, une des fêtes les plus importantes du pays. Aussi, nous nous sommes précipités pour essayer quelques visites avant la fermeture.

Musée Lénine :

Quand j’ai appris l’existence de ce musée, j’étais très étonnée. Les relations Finno-Russes ont été très houleuses de tous temps, et le communisme n’a pas été bien vécu ici. Les relations sont toujours tendues de nos jours. Curieux, nous sommes allés le visiter. En fait, Tampere était une ville de métallurgie, avec un syndicat d’ouvriers. La Finlande était un duché de Russie mais éloigné des yeux et des oreilles de la puissante police du tsar Nicolas II. Le syndicat a accueilli Lénine et les révolutionnaires russes, dont Staline, dans leurs locaux. Quand après la révolution d’octobre 1917, Lénine prend le pouvoir, il signe les papiers d’indépendance de la Finlande, espérant et armant une révolution communiste. S’en suit une guerre civile meurtrière et fratricide entre communistes et non-communistes. Les communistes perdirent et les pertes humaines furent importantes. En octobre 1918, la Finlande opte pour un régime républicain. Le musée est installé dans l’ancien bâtiment du syndicat. Deux pièces pas très grandes mais avec plusieurs écrans présentant films ou diaporamas d’époque avec historique du contexte au moment de la révolution russe et biographie de Lénine. Bref, très intéressant et … ça change des églises non ? 😉

Vapriikki

C’est le quartier des anciennes usines textiles. Maintenant transformées en bureaux, musées d’art moderne, du hockey, du jeu … Nous ne verrons que les extérieurs.

Pareil pour les halles, que nous avons eu du mal à trouver. Elles sont maintenant encerclées par des bâtiments et il faut traverser un magasin pour les atteindre. De plus, on est arrivé à la fermeture.

La cathédrale

Bon, on allait pas vous priver d’une cathédrale quand même ! Celle-ci date de 1906. Elle est assez particulière mais je l’ai trouvée apaisante, même si les tableaux et fresques peuvent déconcerter.

L’extérieur :

L’intérieur :

Eglise Kaleiva

Eglise construite en 1960. Surnommée « le silo », nous avons eu du mal à croire que c’était une église. Mais en regardant bien, tout en haut, il y a un « clocher », à l’intérieur de croix imbriquées. Bon, faut chercher quand même. Nous n’avons pas pu voir l’intérieur.

Des images piquées au fil des rues :

Notre spot : Nous étions au bord du lac. Il y avait une plage mais le vent froid m’a découragée de tester l’eau ! Une installation nous a interpellés : des grands bacs tout en longueur avec planches et robinets. Cela est à la disposition des habitants pour pouvoir nettoyer les tapis, il faut juste utiliser des produits biodégradables. A côté, une machine pour essorer et de robustes supports en bois pour laisser sécher. J’ai trouvé cette installation vraiment pratique et de nombreuses personnes sont venues les utiliser. Il y en a beaucoup en Finlande.

Le voisinage

Rauma

Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, l’intérêt de la ville se résume à un grand quartier (la vieille ville) composé d’environ 600 maisons en bois. La charte de la ville de Rauma date de 1442. Néanmoins, des moines franciscains ont établi un monastère avant la fondation de la ville.

Rauma a brûlé deux fois au cours du XVIIème siècle. Aussi, les maisons que l’on voit datent de la fin du même siècle. Au fur et à mesure que les ravages dus au temps abattaient une maison, elle était reconstruite à l’identique. C’est pourquoi, Rauma est le plus grand ensemble historique de maisons en bois de Scandinavie.

Comme vous le savez, si vous avez lu le blog depuis le début du voyage, Suédois et Russes se sont disputés la suprématie sur la Baltique et la Finlande coincée entre les deux, a été leur champ de bataille privilégié. Dans cette guerre incessante entrecoupée de traités de paix, à la fin du XVIIème siècle, Rauma, port commercial d’importance, juste au nord de la capitale Turku, voit son avenir s’assombrir. Le Tsar Alexandre Ier a gagné, la capitale est déplacée à Helsinki et le port risque de tomber dans l’oubli. C’est sans compter sur les dentellières. En effet, la mode est aux « tykkimyssy », sorte de coiffe casquette avec une visière en dentelle. Toutes les femmes de la région font de la dentelle mais les plus belles créations viennent de Rauma et s’exportent très bien dans les différentes cours. Malgré les injonctions des autorités, elles refusent de rejoindre Helsinki et restent à Rauma. Helsinki n’était alors qu’un petit port de pêche sans importance….

Mon coup de cœur va évidemment à la dentelle. Mais nous devons vraiment chercher pour trouver son magasin-atelier. Nous avons passé un grand moment à ses côtés et elle a essayé de nous expliquer par gestes, c’était vraiment intéressant. Au fil des siècles, la dentelle artisanale a été de moins en moins utilisée. Le savoir-faire a failli disparaître au point qu’en 1948, une société s’est formée pour faire perdurer cette tradition.

La dentellière au travail

Les maisons de Rauma (pas toutes !)

Nous étions dans la vieille ville en début de matinée, beaucoup de lieux étaient fermés ou peut-être pas mais les ateliers, musées, etc sont dans des maisons identiques aux maisons d’habitation. De plus, il n’y a ni grande vitrine ni porte vitrée donc impossible de savoir ce qui se cache derrière les portes. Nous avons vraiment cherché la dentellière et heureusement, il faisait beau, la porte d’entrée était ouverte sinon, nous l’aurions loupée.

Un autre lieu réputé est l’église de la Sainte Croix. J’ai essayé d’en retracer l’histoire mais les traductions par ordinateurs donnent parfois des textes décalés ou abscons. Plutôt que dire des âneries, je ne dirai rien. L’église actuelle a été consacrée le 14/9/1512, catholique et est devenue luthérienne en 1640. La chaire est un exemple Renaissance de sculpture sur bois . Les peintures autour du chœur sont médiévales. L’orgue date de 1784 et le lustre de 1648. Le triptyque a été fabriqué en Prusse en 1140 environ.

Notre petit coin pour dormir :