Zagora à Tazunt

Voilà, après 9 jours entre les mains d’Ali, Bidouille est enfin prêt à repartir. Et nous aussi !

Nous voici partis pour Taroudant via Taliouine et Tazenacht. Cette petite vallée offre de beaux paysages, le contraste des strates de roches de couleurs différentes est surprenant. Géologiquement parlant, il a dû se passer des trucs il y a longtemps….

Pour s’arrêter, nous choisissons d’aller voir un sorte de village troglodyte. En fait, il y en a deux, perchés chacun sur sa colline. Il fait très froid et le vent est vraiment désagréable. Mais nous allons passer une nuit bien au calme, même pas de chiens errants …

Auberge camping « Prends ton temps « 

Passer ses nuits face à un garage dans une rue passante est fatigant. De plus, il n’y a pas possibilité de vider les eaux grises et ça devient vite problématique. Nous avons donc décidé de s’installer provisoirement dans un « hôtel » proche du garage.

Nous avons choisi « Prends ton temps ». C’est une structure réalisée par Belaid, ancien adjudant para de l’armée marocaine. Sur son lopin, il a construit des bungalows et des chambres ainsi que des terrasses, une salle de restaurant, une salle sous tente et des petits coins salon à la marocaine. Les murs sont en pisé, décorés de peintures évoquant la vie nomade des berbères.

L’ambiance est calme, l’hôte est aux petits soins et la cuisine est très généreuse et absolument délicieuse.

Bien sûr, la propreté n’est pas aux normes européennes, le porte savon aurait besoin d’un nettoyage et les wc d’un détartrage. Mais l’eau ici est très calcaire. Le lit était confortable et propre ainsi que la douche. Les petits manquements ne sont rien à côté de la gentillesse de Belaid et du reste des prestations. Le rapport qualité/prix est excellent. Nous avons passé trois belles journées chez lui, ponctuées par un concert privé de musique berbère. Belle expérience.

Jeff dans le bac à sable

Cela faisait longtemps que Jeff rêvait de rouler dans les dunes. Moi un peu moins 😉 Qui bouge le sable quand on s’est vautré ? Pas le conducteur, il est au volant à essayer de sortir de là !

Mais je n’ai pas eu à pelleter. Christophe, dans la cabine avec Jeff lui a bien expliqué jusqu’où aller avant de se mettre en difficultés. Bidouille a parfois réagi en hoquetant violement mais Jeff s’en est bien sorti. Y’a pas, tout s’apprend pour peu qu’on s’adresse à un pro. Merci encore Christophe !

Cela méritait bien une petite bière (ou deux) et un bon repas !

Chez Ali Nassir

On nous avait dit beaucoup de bien du garage d’Ali, mais c’est encore mieux !

Il faut les voir bosser, c’est impressionnant.

Nous avons de plus bénéficié de l’entremise de Christophe qui connait le Maroc depuis 25 ans et Ali depuis presque aussi longtemps. Comme il est spécialiste et formateur 4×4 sur tout type d’engins, il a pu avec Ali discuter de ce qui était le mieux pour Bidouille.

Ajout d’une lame de suspension à l’avant.

Lames redressées et trois nouvelles ajoutées pour les suspensions arrières.

Ensuite changements des silent-blocks qui bridaient trop le châssis, pose de protections sous tous les réservoirs, modification du système de basculement de la barre anti-encastrement, protection de l’échelle extérieure pour éviter que des gens montent trop facilement sur le toit, changement des amortisseurs de cabine avant et durcissement des ressorts sous la cabine.

Avec tout cela, Bidouille a de l’allure ! Et nous avons gagné en confort. Il a fallu tester tout cela et notre ami Christophe de chez Quercy-TT et ATVO Maroc était tout indiqué pour nous aider.

De Amtoudi à Zagora

Une longue journée.

Bidouille a fait obéir son moteur et nous sommes partis en direction de Zagora. Dans la cabine, le navigateur avait prévu café, eau fraîche, gâteaux, chips …. pour soutenir le chauffeur. 475 kms c’est long, surtout quand la moyenne horaire oscille entre 50 et 70 kms/h suivant la route.

La route de Amtoudi jusqu’à l’intersection de la N12 est pratiquement d’une seule voie mais pas en trop mauvais état. Après la route est excellente. Quand nous sommes arrivés sur la N12, le GPS nous a dit : dans 147 kms, prenez le rond-point….

Nous nous sommes une ou deux fois arrêtés mais sans couper le moteur, au milieu de nulle part, sans réseau et avec une circulation inexistante, on ne prend pas de risque. Oui, je sais, on manque de fantaisie…:)

Le danger sur cette route ce sont les dromadaires. Ils traversent ou s’installent sur la route et ne bougent pas.

Nous voici enfin à Zagora ! Reste à trouver le garage .

Nous sommes dimanche, 17h30 et immédiatement notre Bidouille est pris en charge. Magique.

Les caprices de Sieur Bidouille.

Est-ce la pluie d’hier ou le froid de cette nuit ? Que sais-je. Bidouille ce matin refuse de démarrer. Après les secousses de la piste d’hier, nous pensons que notre interrupteur sonnette-démarreur s’est une peu débranché. Et bien non.

Jeff décroche le soufflet entre cabine et cellule pour basculer la cabine et essayer de démarrer avec le bouton de maintenance et là….rien. Gros coup de stress. On teste la batterie, tension un peu basse mais rien de probant. Néanmoins, nous décidons de recharger les batteries par sécurité. Nous restons une journée de plus au camping. Il y a eau, douche, électricité et restaurant. Que demande le peuple ! Et bien, nous avons encore mieux. Domi et Alain décident de rester eux aussi une nuit de plus pour nous aider si besoin et surtout pour nous soutenir moralement. Cette journée d’attente se transforme en journée d’échange avec les ZEP et les Bouémiens autour d’un apéro et le soir d’un tajine excellent.

Il y a parfois dans nos vies des instants « bulle de bien-être « . Cette journée si malheureusement commencée, fut transformée par ces marques d’amitié et de solidarité.

Dans la soirée, nous essayons de démarrer la Bête. Succès ! Par sécurité, nous laissons la batterie en charge pour la nuit.

Après quelques hésitations entre retourner chez Ivéco à Agadir, continuer le road trip comme prévu ou alors carrément partir sur Zagora où nous sommes sûrs de trouver de l’aide, il n’y a pas photo. Iveco a été très « léger » quand nous sommes passés les voir lors de la première panne. Continuer le road trip avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête alors que nous attaquons la montagne, ce n’est pas sérieux alors en avant pour Zagora. 475kms à faire d’une traite pour ne pas couper le moteur, s’il démarre demain….Inch’Allah…