Ranua

A 80kms de Rovaniemi, se trouve un zoo de la vie arctique. Alors, allons rencontrer les animaux que nous n’avons pas l’habitude de voir.

Hélas, les visons, loutres, martres étaient absents. Beaucoup d’autres enclos étaient vides. En été, le zoo fait les travaux d’entretien. L’ours polaire n’était plus dans son enclos et ne bénéficiait que d’une mare verdâtre pour se rafraîchir. Il déambulait devant la clôture en criant. C’était bien triste. Nous avons pu voir pas mal d’oiseaux style chouette, hibou et cousins. Mais animaux nocturnes, ils dormaient plus ou moins bien cachés. L’aigle doré ne nous a montré que sa tête et de loin. Le renard arctique n’a été aperçu que grâce à sa queue blanche, bien visible dans la rocaille. Les gloutons étaient plus facile à observer. Même l’élan a été décevant. C’était une femelle ou un très jeune. Pas de bois et une taille pas très impressionnante. Ce n’est ni Beauval, ni la Palmyre.

Village du Père Noël

Bien. Comment dire. Y venir en hiver, quand tout est enneigé et illuminé, et accompagnés de jeunes enfants aux regards étincelants, cela doit-être chouette. Sous le grand soleil, le seul intérêt est le passage du cercle polaire. Mais il fait si chaud, difficile de croire que vous y êtes ! Le village est surtout un ensemble de boutiques et de restaurants ou cafés. Il y a bien la « grotte du Père Noël », mais 45€ la photo avec cet auguste bonhomme qui ressemble à ceux de nos supermarchés, je n’ai pas adhéré. En revanche, nous avons craqué pour la poste. Là aussi, 6 cartes postales simples timbrées, 29 €. Espérons qu’elles vont arriver ! Ici tout est fait pour vous faire dépenser vos économies et nous avons suivi le mouvement. Des décos de Noël aux vêtements, des accessoires divers et variés, des souvenirs en tout genre, bref, difficile de résister à tout. Heureusement, les placards de Bidouille sont limités en volume donc… la raison m’est imposée…

Rovaniémi

Ici, démarre la Laponie. Ca fait rêver non ? Bon, en été, même sous un ciel grisounet, ça le fait moins. Mais tant pis. Cette ville est connue pour son musée sur la vie arctique, donc nous y sommes allés. Un peu déçus car l’audioguide en français ne donne pas beaucoup d’explications et il y a beaucoup de choses à lire en anglais. Au bout d’un moment, on zappe les explications car il y a souvent du vocabulaire échappant à nos connaissances. Néanmoins, c’est un musée pas mal.

Une partie est consacrée à la période 39-45. Les finlandais ont été victimes du pacte germano-soviétique comme les Etats Baltes. L’armée rouge les a attaqués sans préavis. D’un côté 183 millions de Russes, de l’autre 3.5 millions de Finlandais. Devinez…. Les Finlandais ont perdu mais ils ont infligé tant de pertes aux Russes que début 40 les Russes ont signé un traité de paix annexant une partie de la Carélie et s’octroyant un droit de passage sur les terres rendues à la Finlande. Fin 40, l’armée rouge massait de nouveau des troupes aux frontières. L’armée finlandaise était exsangue aussi, le gouvernement finlandais autorisa les troupes allemandes basées en Norvège à passer pour contrer les russes. De charibe en sylla…

Bref, la Finlande a vraiment souffert durant cette période et même ensuite.

Bon revenons au musée.

La ville n’est pas sensationnelle. Elle est surtout connue pour le « village de Père Noël » situé à 8 kms.

Le cimetière de la Guerre d’Hiver de Rovaniemi : 600 tombes de jeunes gens, certains avaient à peine 15 ans. Pour la Finlande, 326 000 morts et disparus, 1000 prisonniers sur une armée de 345 000 hommes. Quand vous parlez avec des anciens, cette époque est encore bien vivace dans leur cœur, d’autant qu’une partie de la Carélie est toujours russe.

Les tombes ont des visiteurs

En quittant Rovaniemi

Oulu ville

C’est une ville sans grande particularité si ce n’est le magnifique parc au centre ville. Nous avons voulu visiter le musée de l’Ostrobotnie du nord mais il est en cours de déménagement et les autres musées étaient fermés car nous étions lundi. La visite s’est résumée à une balade en ville, avec repas sur un stand du marché.

Le parc

L’église

le marché

L’échelle à poissons leur permettant de contourner les installations du barrage

les rues

En allant à Oulu

Oulu n’était pas sur notre itinéraire original. Mais une rencontre avec Matty et sa femme, voyageurs finlandais en Estonie, nous a convaincu de faire un détour, notamment pour l’île de Hailuoto. Alors, c’est parti. L’île est un havre de paix, prisé par les Finlandais. Hélas, il y avait un grand festival de musique et un monde fou !!!

L’île d’Hailuoto

Kuopio

Cette ville est intéressante pour son musée du vieux Kuopio. Quand les immeubles en pierres ont commencé à remplacer les maisons en bois, certains se sont inquiétés de voir disparaître le patrimoine immobilier de la ville. Décision a été prise de sauvegarder quelques maisons existantes et d’en déplacer d’autres, promises à la destruction. En résulte un petit quartier, entouré d’immeubles, et comprenant 13 petits bâtiments datant du XIX ème siècle : trois maisons d’habitation, deux dépendances, un tribunal, une pharmacie, un atelier de cordonnier et un de tailleur, une remise à bois, deux magasins et des cabinets.

Dans une des habitations, on trouve le salon de Mme Mina Canth, (1844-1897) pionnière du féminisme, auteure et première journaliste femme à écrire en finnois. Elle est honorée le 19 mars, journée de l’égalité.

Les halles : Comme dans toutes les villes finlandaises, il y a une place du marché et des halles. Nous devions visiter celle-ci car on y trouve une spécialité, le kalakukko. C’est un pain de seigle farci aux muikku et au lard. Beaucoup de muikku, juste une fine tranche de lard pour tenir ensemble l’empilement de poissons. C’est roboratif mais pas mauvais. La prochaine fois, on le mangera froid avec une salade verte. Là, on a testé chaud avec du beurre dessus. Les Finlandais le mangent avec des pommes de terre à l’eau, tout en légèreté !

Il y a aussi une cathédrale luthérienne :

et une église orthodoxe, dont les cérémonies sont retransmises sur internet.

Et maintenant, un petit tour en ville :

Une anecdote : je me suis trompée de parking quand j’ai noté où Bidouille était stationné. Résultat, beaucoup de marche pour retrouver nos pénates.

Jätkänkämppä : En lisant le guide touristique, nous avons noté l’existence d’un sauna à la fumée, rare en Finlande. La fumée, pas le sauna. On a eu envie de tester d’autant que le site n’est ouvert que deux jours par semaine en été et nous étions le bon jour. Un signe ! C’est un sauna mixte, donc en maillot de bain. Il fait si chaud que des chaussures sont obligatoires et qu’on ne peut pas s’assoir sans une serviette pliée en huit ! La séance commence par une douche, puis sauna, le temps que vous pouvez tenir, puis plongeon dans le lac, repos et on y retourne encore deux fois. Après, ça nous a suffi. Mais qu’est-ce que ça détend !

Ensuite était organisée une démonstration de lumberjack. Ce sont ces hommes qui accompagnaient les grumes dans les traversées des lacs et la descente des rivières. C’est très folklorique et beaucoup de Finlandais avaient fait le déplacement en famille.

Ensuite, nous avions un dîner-buffet avec musiciens . Très sympa. Surtout quand ils ont voulu nous faire chanter en finnois ! En plus, nous avons rencontré deux couples de français très agréables. C’est leur accent quand ils parlaient anglais qui m’a fait les aborder. Cela fait du bien de discuter en français. Nous avons passé une excellente soirée.

Savonlinna

Nous y sommes venus pour son château. Oui, je sais, mon intérêt pour le médiéval doit vous lasser. Tant pis, c’est mon voyage ! 😉

Olavinlinna castle, château de Saint Olaf, fut fondé en 1475 par Erik Axelsson Tott, le gouverneur de Vyborg (autre ville forteresse) et un chevalier danois. Après 10 ans, on a trois tours et des ailes qui les relient, puis ensuite deux tours supplémentaires, un rempart et un mur pour protéger les gens qui allaient chercher de l’eau des tirs ennemis. Il ne reste que trois tours actuellement.

Les russes ne mirent pas longtemps à tester les défenses du château, dès 1495 et tout le long du XVI ème siècle. Mais la forteresse est sur une île, dans un grand lac à fort courant. L’eau ne gèle jamais, impossible de la rejoindre à pied…

Lors de la grande guerre du Nord, en 1714, les russes s’emparèrent du château. Je ne sais pas s’il a été conquis par les armes ou sur le tapis vert lors du traité qui mit fin à la guerre et fit perdre beaucoup de territoire à la Suède. Toujours est-il qu’en 1747, les russes installèrent une garnison, améliorèrent la forteresse et la renforcèrent par des bastions. En 1809, la Suède perdit définitivement la Finlande et Olavinlinna perdit sont intérêt stratégique. De garnison, les bâtiments devinrent prison puis la forteresse fut abandonnée à la fin du XIX ème siècle.

Les enfants s’amusent

Au fait, pourquoi St Olaf ? C’est un roi viking norvégien qui s’est converti au christianisme en 1014 et a été canonisé en 1164 suite à des récits de miracles sur sa tombe. Il est très présent en Europe du Nord.

Dans les alentours du château, se trouve cette statue de bouc. Lors d’une attaque, qui faillit réussir, les assaillants sont entrés dans la cour principale. Un bouc s’est penché à une ouverture pour regarder en bas. Dans l’ombre, les assaillants ont vu la tête du bouc et les jambes de l’homme derrière qui essayait de rattraper la bête. Ils ont cru avoir le diable en face d’eux et se sont enfuis .

La chapelle, petite mais autrefois recouverte de peintures à thème végétal, comporte une petite ouverture. Derrière ce mur, se trouve une pièce où se tenaient les gens « impurs » qui venaient suivre la messe.

Et pour ceux qui n’ont pas lu tous nos articles, voici des toilettes médiévales. Vues du dehors, vu du dedans 😉

Mais Savonlinna n’est pas qu’un château. Les alentours sont très agréables. Le grand bâtiment en briques est un séchoir à grain, maintenant musée-galerie. Quelques maisons anciennes bordent la rue qui mène à la forteresse. Beaucoup sont des restaurants ou cafés et les prix sont assez élevés. La statue est celle d’Erik Axelsson Tott.

Nous avons également décidé de goûter des spécialités locales. Alors, tout d’abord un truc (je n’ai pas pris la photo pour le nom) qui ressemble à un hot-dog mais où le pain est remplacé par une galette rectangulaire farcie avec une préparation au riz. Aucun intérêt gustatif. Ca se mange, ça cale l’estomac mais sans plaisir. On a testé aussi les lörsty aux pommes. Bon, c’est très sucré, la compote de pommes est certainement industrielle et gavée de sucre, c’est gras. Vous avez deviné, je ne me suis pas régalée. Mais, si un jour on me propose un lörsty maison, je prendrai le risque. Ce doit-être autre chose.

Mikkeli

Ce ne fut qu’un bref passage pour des questions d’intendance. Je cherchais une toiletteuse pour Evi mais pas de rendez-vous avant 2 semaines. Du coup, je me suis fais couper les cheveux :-))

Mikkeli est une petite ville agréable mais sans grand intérêt. La place du marché est animée et il y a beaucoup de stands où manger un petit truc rapidement. Nous avons choisi de la friture de muikku. Ce sont de petits poissons de taille entre anchois et sardines, style ablettes. Ce n’est pas cuit en friture mais à la plancha avec du beurre ou de la margarine. Jeff s’est régalé.

En route

Tous les endroits où nous passons ne méritent pas un article spécifique. Voici quelques images au fil des routes et des arrêts. Une des routes réputées de Finlande a été construite sur un esker. C’est une bande de sédiments qui se sont déposés suite à la fonte d’un glacier. Franchement, si on ne vous parle pas d’esker, vous pensez à une route ordinaire ! Mais, on a coché ça aussi.

Depuis que l’on est plus au nord, un panneau « danger élan » apparait souvent. C’est de la publicité mensongère, on n’en a pas vu un 🙂

Il y a en Finlande un réseau de bus assez impressionnant. Même en pleine forêt, et il y en a partout ici, on trouve de petits abris ou juste des panneaux d’arrêts.

J’ai arrêté de photographier toutes les maisons en bois. Même les maisons modernes sont construites en bois. Mais je ne sais pas si c’est juste un bardage ou si l’intérieur est aussi en bois. En tout cas, ça a beaucoup de charme. La couleur prédominante à la campagne est un rouge-marron style rouge basque. Mais on trouve aussi du jaune de Naples, du moutarde, et ensuite des gris, bleus et verts, pastels.

En ville, les couleurs pastels sont de mise. En plus des gris, bleus, verts, il y a des roses, beiges, parmes et blanc cassé. Même les immeubles sont à taille humaine. Il y a de l’espace , des parcs, des voies de promenades et bien sûr de l’eau partout. Je comprends que les Finlandais soient le peuple le plus heureux du monde. Ici, tout respire la zénitude. On y resterait presque si ce n’était les six mois de nuit !