La route vers Hamningberg

Petite route en cul de sac, elle dessert un village autrefois port de pêche. Il est maintenant au trois quarts abandonné. Le port a été abandonné dans les années 1960, après une tempête énorme. Plusieurs navires tentèrent de se mettre à l’abri mais le port n’était pas protégé et beaucoup furent détruits. D’autres tentèrent de rallier Vardo mais n’y parvinrent pas. Un navire de sauvetage nouvellement inauguré, sauva 28 marins dans la nuit et 14 encore le lendemain. Une stèle honore le capitaine de ce navire , Colin Archer.

Vardo

Pour atteindre Vardo, vous devez prendre un tunnel sous la mer. Encore un ! La ville est à cheval sur deux îles. Cela lui donne du dessus une forme de papillon. Une troisième petite île est surmontée d’un phare qui dispose de trois chambres à louer sur cette île-réserve aux oiseaux. Garés en face pour deux nuits, nous avons tout particulièrement apprécié le ballet de sternes arctiques. Mais elles sont si rapides que nos photos ne sont pas réussies. Cependant, leur finesse et leur grâce resteront dans nos esprits si ce n’est sur le papier.

Le bateau est un des express côtiers de la Hurtigruten. Il dessert plein de ports tout le long de la Norvège, depuis Kirkenes, à la frontière russe, jusqu’à Bergen.

Il y a un mémorial particulier dans cette ville. Entre 1621 et 1692, une chasse aux sorcières fût organisée par l’église et 91 personnes, en très grande majorité des femmes et quelques hommes du peuple Sami furent brûlés vifs ici. Deux constructions voisines, de styles très différents ont été réalisées. Une par Louise Bourgeois, française, l’autre par un suisse, Peter Zumthor. Ma préférence va à la vision de Peter Zumthor, mais je vous laisse juge.

Peter Zumthor

Louise Bourgeois

En revenant du mémorial, nous avons croisé des femmes en costumes traditionnels. Elles ont accepté de poser pour nous, elles allaient à un mariage. Nous avons vu un homme en costume mais trop loin.

L’histoire de la Norvège est très mouvementée après la chute des Vikings. Inféodés aux Suédois ou aux Danois, la Norvège écrivit sa constitution en 1814 mais ne fut indépendante qu’en 1905. C’est une monarchie constitutionnelle. On comprend mieux pourquoi les Norvégiens refusent d’intégrer l’Union Européenne.

On trouve à Vardo une « forteresse » depuis les années 1300, la première construite sur ordre du roi Haakon V Magnusson, remplacée en 1450, puis en 1738 par celle du roi Christian VI. Nous n’y sommes pas entrés vraiment car c’était en travaux.

La ville a été une zone d’activité de tous temps pour les « Pomors », peuple d’origine russe de la région de Novgorod. Les échanges commerciaux étaient fréquents et beaucoup de Russes se sont installés, en bonne entente et entraide. Evidemment, il y a plusieurs siècles. Depuis la deuxième guerre mondiale, les relations russo-norvégiennes sont plutôt froides.

Quelques vues de la ville.

Sur la route de Vardo

Vardo, ville tout à l’est de la Norvège, devait être notre première destination au sortir de Finlande. C’est « un cul de sac », donc retour par la même route. En regardant l’appli météo, nous avions vu une fenêtre de beau temps et avions décidé de partir directement vers le Cap Nord pour bénéficier d’une météo favorable. Nous avons bien fait mais maintenant retour en arrière et direction l’est. Il n’y a pas de grand site plutôt de petits musées ici ou là sur la vie des Samis mais, nous en avons assez vu en Finlande. Il y a la petite église (fermée mais encore active ) de Nesseby. Construite en 1858, elle a échappé à la politique des terres brûlées appliquée par les Allemands lors de leur retraite devant l’armée rouge. C’est l’une des rares ! La route est jolie sous le soleil, plus triste sous un temps couvert. Maintenant que nous redescendons, nous prenons notre temps.

La pêche a toujours été une activité prépondérante en Norvège. On trouve sur la côte de nombreux « séchoirs à poissons », datant de l’après-guerre. Maintenant, on y trouve plus souvent des filets étendus.

Knivskjellodden

Ce point est considéré comme le vrai Cap Nord car à 71°11’08″N contre 70°10’21 » pour le Cap Nord touristique. Mais vous ne pouvez l’atteindre qu’à pied. Un randonnée de 17 à 18 kms suivant les manières de mesurer. Ce n’est pas si long, si vous êtes habitués aux randos. Pour nous, avec nos genoux en vrac et notre cardio de petits vieux…. Mais Jeff y tenait et je n’envisageais pas de le laisser partir seul. Le problème, c’est le dénivelé. Tout en descentes à l’aller et … en montées au retour. Une horreur. C’est cela que je garderai en souvenir. L’impression que plus je montais et plus ça grimpait. Jeff avait des crampes aux deux cuisses et à un mollet, nous n’avions plus d’eau et encore 5 kms de montée. Heureusement, nous voyant en détresse évidente, un jeune hollandais s’est arrêté et est resté avec nous. Il nous a offert de l’eau et a marché avec nous en papotant pour nous changer les idées. Et ça a marché. Nous avons fini par arriver jusqu’à Bidouille. Merci Bart ! Si tu lis ce blog, saches que tu es mon héros !!!

A part ça. La balade est juste pour le fun. Arrivés en bas, vous signez un cahier et laissez un mot pour les suivants, et à l’Intersport du village d’à côté, vous allez faire faire votre certificat. D’en bas, vous voyez le Nordkap touristique sur la crête au loin. Les paysages sont beaux mais ne méritent pas tant d’efforts. Nous avons aperçu des dauphins très loin, des oiseaux et des rennes (pas original ici). Nous avons vu également des baies, appelées cloudberry, dont on fait confiseries, marmelades et confitures.

Le sourire, c’était l’arrivée en bas !

Le Cap Nord

L’arrivée au Cap Nord est surprenante. Un tunnel de 7 kms relie le continent à l’île où se trouve ce point. Le tunnel passe sous la mer donc sur 2kms, il descend TRES fort, il est plat sur 3kms puis il grimpe TRES fort de l’autre côté. Pas très sécurisant. Ensuite, nous avons eu le droit à 20 kms de route étroite, très fréquentée et dans une purée de pois. Après avoir réglé le droit d’entrée sur le parking pour le véhicule et les occupants, nous atteignons le Graal, que nous voyons à peine à cause du nuage qui nous entoure. Nous apercevons des silhouettes dans le brouillard, c’est assez fantasmagorique !

Nous resterons jusqu’à demain en espérant que le ciel se dégage. En attendant nous allons visiter le centre des visiteurs.

Quelques maquettes retraçant l’histoire du lieu, un mini musée en l’honneur du roi du Siam, Chulalongkorn, venu en visite en 1907. On trouve également une chapelle présentée comme œcuménique mais qui est fortement chrétienne.

Un cinéma diffuse un film sur le Cap au fil des saisons et nous permet au moins d’avoir une idée du paysage, car là, c’est juste du blanc.

Evidement, il y a une poste, une boutique, un café. Il y a aussi un restaurant-terrasse dont le dépliant précise qu’il est de tradition de commencer par du Champagne. Ben voyons !

Quelques panneaux nous rappellent l’histoire du conflit naval entre les convois alliés qui ravitaillaient l’armée rouge et la marine allemande. Très intéressant. J’avoue que je ne savais rien de ce volet du conflit mondial.

Comme tout le monde, nous ne résistons pas aux sirènes des souvenirs estampillés NORDKAP, puis toujours dans le brouillard, nous retournons voir Bidouille. Un peu de travail sur le blog, des photos à redimensionner, des horizons à remettre à l’horizontal, de la lecture, du thé et le temps passe. Régulièrement, nous jetons un œil à l’extérieur pour compter combien de voitures sont visibles pour avoir une idée de l’épaisseur de brouillard. Vers 20h, le nuage est parti mais la brume cache encore bien la mer.

On se rend mieux compte de la dimension du centre des visiteurs et de la hauteur de la falaise.

Peu avant minuit, des bus déversent leur chargement de touristes qui font La photo emblème et repartent aussi vite.

La brume a presque disparu, c’est un nouveau paysage. Le soleil de minuit pare tout d’une lumière rose dorée du plus bel effet !

Au matin, un ciel d’azur nous attend et fait resplendir la mer au bas des falaises. 24 h et trois atmosphères différentes. Cool ! Mais, cette étape nous laisse un petit goût d’inachevé. C’est le Cap Nord touristique et mercantile , mais le vrai est un peu plus à l’ouest. Il ne peut s’atteindre qu’à pied. C’est au bout de la petite pointe que vous voyez sur la photo dessous à droite. Et devinez ?! Ben oui. On va y aller !

Sur la route du Cap Nord

A peine passé une cinquantaine de kilomètres en Norvège que déjà les paysages changeaient. La forêt comportait plus de feuillus et leurs tailles diminuaient. Un peu plus loin, des reliefs apparaissaient. Après la monotonie des forêts de résineux finlandaises, ça faisait du bien !

Je dois avouer que j’étais très heureuse de revoir la mer. Je ne sais pas si c’est la mer de Barens ou l’océan arctique. Les cartes que nous avons sont un peu contradictoires. Mais, c’est de l’eau salée, très très claire qui donne envie de se baigner. Bon, ce ne sera qu’une petite trempette car l’eau est froide et la température extérieure plus trop clémente. Nous avons perdu au moins 10° à 12° entre ce matin en Finlande et cette fin d’après-midi en Norvège !

Inari

Capitale finlandaise du peuple Sami, Inari est réputée pour son musée, le SIIDA et son parlement le SIJOS. Le musée est bien fait. Le parlement n’a pas un grand intérêt, à part des vitrines qui exposent le travail magnifique d’artisans samis. La boutique expose des pièces à des tarifs exorbitants. Nous avions réservé une partie de nos achats pour cette boutique, en se disant qu’ainsi, cela irait directement aux Samis. Mais, nous n’avons rien pu acheter.

L’origine des Samis remonterait à 4000 ans. Chasseurs, pêcheurs, cueilleurs, ils se déplaçaient en fonction des saisons. Jusqu’au XVIème siècle, ils chassaient les rennes sauvages à l’aide de pièges. Ensuite ils les domestiquèrent. Ils vivaient en communauté (SIIDA) et vivaient dans des tipis en été et dans des villages en bois pendant l’hiver. L’autorité morale étaient le shaman. La majorité des Samis sont toujours animistes, une autre partie est orthodoxe. Ce sont les Samis qui habitaient en Russie et qui ont migré vers la Finlande à l’avènement de l’URSS. Après la deuxième guerre mondiale, les Samis ont migré vers le centre de la Finlande car la Wermacht avait tout détruit durant sa retraite. Les Samis se sont « finlandisés ». Les Finlandais regardaient avec dédain ce peuple soit-disant archaïque. Dans les années 50, l’arrivée des motoneiges a mis fin au nomadisme. Peu à peu, le peuple Sami a recouvré sa fierté et depuis 1973, il a son propre parlement et depuis 1996 une certaine autonomie, dans les textes mais dans les faits, le gouvernement finlandais ne la respecte pas toujours.

Le costume Sami, très coloré, donne des indications sur la tribu d’appartenance, le statut marital et sociétal. Il est encore porté lors de cérémonie.

Le musée :

Le musée extérieur

Les « cascades »

Auttikongas

Tout près du parking, une promenade sympa nous amène à une petite cascade. Elle a la particularité d’avoir un toboggan en bois qui servait à faire passer la cascade aux troncs d’arbres qui étaient acheminés par la rivière. Ce mode de transport a disparu et l’installation se dégrade.

Il y a pas mal d’escaliers et de plateformes métalliques sur le parcours. Les services du parc national ont balisé des chemins pour que nos amis à 4 pattes puissent éviter ces passages inconfortables .

La dernière photo a été prise à 00h50 !

Kuitakongas

La balade était un peu plus longue mais très tranquille. La cascade pas trop spectaculaire mais jolie quand même. La Finlande a peu de relief alors évidement, les cascades, ce n’est pas le saut du Doubs 😉 mais il y a toujours de l’eau !