Pistoia

Sur la route de Florence, nous nous sommes arrêtés à Pistoia. Petite ville sympathique même si elle ne présente pas des trésors comme ses voisines Lucca ou Florence. Peu de touristes, nous avons déambulé dans son quartier médiéval avec beaucoup de plaisir.

Nous avons commencé par le Spedale del Ceppo, un hôpital fondé en 1277. La loggia extérieure est agrémentée d’une frise magnifique en céramique qui date de 1530.

Nous sommes ensuite arrivés sur la piazza del Duomo où se trouve….. le Duomo 🙂 Mais pas que ! D’ailleurs, l’intérieur du duomo est assez quelconque. Après Pise et Lucca, on devient difficile 😉

On y voit aussi l’ancien palais des évêques, mitoyen au duomo, pratique pour aller au boulot !

Il y a également le Battistero di san Giovanni in Corte. Les battisteres sont utilisés pour les baptêmes par immersion. L’eau de la cuve représente la mort. On y plonge pour renaître.

Le palazzo comunale est en réfection. C’est notamment le tribunal de justice.

Sur la place également le palazzo Pretorio

Plus loin, une nouvelle église, Chiesa di San Giovanni Fuorcivitas. Cette église est en brique avec un parement en marbre . Elle ne se visitait pas.

Il y a beaucoup d’églises, de palazzo et de piazza. Je vais vous éviter tous les noms et juste vous offrir un extrait de ce que nous avons vu.

Ce midi, nous avons mangé pour la première fois dans une pizzéria traditionnelle. Pizzas gigantesques qui s’achètent à la part. J’ai choisi un drôle de « sandwich », une petite pizza ouverte façon kebab avec à l’intérieur de la poitrine de porc cuite et une sauce pesto et épinards. Très bon. J’ai oublié de faire la photo, mais nous avons retrouvé avec grand plaisir la Birra Moretti que nous avions découverte en Angleterre 🙂

Lucca

A moins de 40kms de Pise, se situe Lucca. Ville fortifiée au riche passé, elle a gardé un charme particulier. Les bâtiments de style gothique ou renaissance n’ont pas été défigurés par des rues goudronnées ou des constructions modernes. Presque tout est piétonnier ou cycliste. Il faut dire que les « via » sont étroites et le sol est en grandes pierres plates. Les italiens se déplacent beaucoup à vélo, avec leur téléphone à l’oreille. Comme de plus, ils appuient leurs propos de grands gestes, ils n’ont pas souvent les mains sur le guidon. Très forts !!!

Duomo di San Martino

Au fait, duomo c’est cathédrale. Celle-ci est remarquable notamment pour sa façade. L’alternance de blanc et de rose surprend à côté du noir et blanc de l’extérieur. Les fresques et les colonnes sont finement ouvragées. La partie supérieure est le premier exemple du style roman pisan.

L’intérieur :

L’intérieur gothique est très lumineux. De fines arcades forment la galerie du premier étage. Vous aviez oublié ma passion pour les arches, arcades, portes et ponts ? Je vais vous le rappeler 🙂

Le grand Christ en bois du 11ème siècle est actuellement en cours de restauration. Nous l’avons aperçu derrière une vitre et à l’horizontal.

A Lucca, il y a plus d’églises que de boulangeries. Nous ne sommes pas entrés dans toutes, nous commençons le voyage, il ne faudrait pas arriver trop vite à l’overdose. Nous sommes tout de même entrés dans celle de San Michélé. Déçus par l’intérieur de style roman, sombre avec peu d’ornements à part le reliquaire d’un saint, San Davino l’arménien. Au 11ème siècle, dans la plus grande pauvreté, il a fait des pèlerinages à Jérusalem, St Jacques de Compostelle et Rome. Pour l’époque, c’était balèse comme voyage…

Il subsiste deux tours sur la centaine qui existaient jadis. L’une d’elles, la torre Guinigi, perpétue la tradition de plantations de chênes verts au sommet. J’ai cru que c’était de la végétation qui avait poussée suite à l’abandon des lieux !

L’autre est la torre civica delle Ore.

Le palais ducal n’est pas très intéressant, il ne se visite pas et semble abriter des administrations.

Pise

Comment passer à côté de Pise sans s’arrêter voir sa tour penchée ? Nous voilà partis pour la Piazza dei Miracoli. Avant même l’arrivée sur la piazza, le sommet de la tour attire l’œil. Elle est vraiment très penchée !!! Depuis 1178, les architectes ont essayé de redresser cette tour dont la construction a commencé en 1173. En 2024, malgré des gaines en béton armé sous le socle et des tonnes de plomb pour rééquilibrer la tour, rien n’y a fait. Va t-elle tomber ? L’avenir le dira … En attendant, c’est un bel ouvrage. Nous n’avons pas grimpé les 293 marches pour le sommet. Nos genoux n’auraient pas suivi 🙂

Le spectacle est aussi autour de la tour, avec tous ces visiteurs qui posent pour prendre LA photo d’eux soutenant la tour. Nous avons même vu un jeune japonais, allongé sur le sol, jambes écartées pour avoir la tour entre les jambes. Symbole phallique ? 🙂

Sur la piazza, il y a également Duomo. Cette basilique ou cathédrale, je ne sais pas, construite entre 11ème et 12ème siècle, est vraiment magnifique. Je vous laisse découvrir :

L’intérieur :

La porte principale, une merveille !

Le Battistero :

Il penche aussi mais pas dans le même sens que la tour et surtout de manière plus discrète.

La louve romaine nourrissant Romus et Romulus.

Mais il y a également la vieille ville à visiter. C’est particulier car les anciens palais de la renaissance sont occupés par l’université de Pise. Ceux qui ne sont pas occupés par les services publics semblent abandonnés.

Les cinq terres

Classées au patrimoine mondial de l’Unesco, nous ne pouvions pas les rater.

De l’aire où nous étions stationnés, il y a un bus pour la gare de La Spézia. Un train dessert les 5 villages de pêcheurs du parc national des cinq terres. La météo promettant un déluge à partir de 16h, nous avons concentré nos visites à 3 villages, les plus réputés. Visiter en hiver, c’est éviter la foule mais c’est aussi trouver des villages aux commerces fermés pour la plupart. Les sentiers pédestres reliant les villages entre eux sont fermés et il y a des travaux un peu partout. Ajoutez à cela un temps très gris, une mer bien remontée et vous avez une visite tristounette. Nous n’avons pas été emballés. En arrivant par la côte, nous avions déjà vu plein de villages colorés accrochés à la montagne. C’est peut-être pour cela que nous n’avons pas été conquis.

Vernazza

Manarola

C’est le village qui a eu notre préférence.

Regardez bien les photos de roches qui longent la promenade. Je n’ose imaginer le chaos qui a engendré de tels mouvements de terrains.

Le huit décembre, comme à Lyon, Manarola illumine les vignes au-dessus du village.

Riomaggiore

Dernier des villages visités, l’accès se fait par un tunnel décoré de mosaïques magnifiques.

Nous avons pris le temps de déjeuner et de goûter un vin italien mais pas des cinq terres, les prix étant prohibitifs. Touristes soit, mais pas pigeons …

Nous sommes arrivés au camion 10 minutes avant le déluge. On était bien au sec avec une boisson chaude 😉

Italie ou pas…

A l’origine, nous devions partir en Italie pour quatre mois le 29/12/23. Des soucis d’électricité récurrents nous ont obligés à prendre la décision de passer chez Carapace vers Nantes pour faire modififer le circuit. Cela faisait plusieurs années que nous étions embêtés par le système de gestion de l’électricité mais personne ne voulait mettre les mains dedans. Carapace est notre dernier espoir. Heureusement, ils ont accepté de regarder et mieux encore, d’intervenir. Cela nous a retardé un mois mais maintenant, on a un système au top.

Donc, direction l’Italie, ou presque…

Arrivés vers Fréjus, des vibrations terribles nous font nous arrêter. Plein d’huile dessous le camion … On s’arrête dans le premier garage poids lourds et, c’est reparti pour un mois. Joint spy, embrayage donc dépose boîte de vitesse, dépose carter moteur, changement embrayage et joint spy, réparation du pot d’échappement … lourde facture … Le garage a été très sympa, nous fournissant eau, électricité, douche et nous laissant habiter dans le camion. Un des mécanos nous a même prêté une de ses voitures perso . Vraiment gentils. Bon, les délais ont été très longs car le seul mécano poids lourds devait régulièrement partir en dépannage et le chef d’atelier qui devait confirmer les commandes des pièces était satellisé tellement il a de casquettes. Cela a entraîné oublis, retards mais tout a fini par se faire.

Direction l’Italie, avec deux mois de retard. Le circuit est donc modifié.

Riviéra et côte ligure

Nous avons bien évidement pris la route de la côte pour notre balade. Jolie route, mimosas en fleurs, mer pas trop bleue vu le temps couvert, maisons colorées, embouteillages. Nous sommes passés à Menton mais impossible de s’arrêter pour admirer les sujets en citrons et oranges.

Une chose qui m’a plu , c’est la décoration de beaucoup de maisons. Elles sont décorées de frises ou de peintures en trompe-l’œil vraiment magnifiques. Cela leur donne un côté chic et opulent. Très joli. Côté italien, c’est la même chose.

Laigueglia – La Spézia

S’arrêter avec un camion dans le nord de l’Italie est une gageure. Nous avons dû dormir sur un parking interdit aux camping-car et le midi, choisir un arrêt de bus dans la montagne pour manger. Pas top.

Néanmoins, la route est magnifique. Toujours ces villages colorés accrochés à la montagnes, ces maisons décorées et la côte déchiquetée. Vraiment beau. Nous choisissons de nous arrêter à La Spézia pour aller visiter « les cinq terres ». Nous nous arrêtons dans une aire, très rustique mais sympathique. C’est une aire associative, tenue par des bénévoles et dont les bénéfices vont en aide aux patients dialysés. Le bus pour la gare passe à 100m, les billets sont vendus à l’accueil de l’aire. Il y a eau, électricité et vidange eaux grises pour 12 euros les 24 h . 101 via delle Casermette.

Demain, nous allons visiter ces 5 terres dont tout le monde vente les mérites.

Santiago de Compostela

Nous avons pris trois jours pour St Jacques de Compostelle. Un pour la ville, un pour les visites guidées et un pour buller et vous préparer cet article. La vieille-ville est essentiellement baroque et néoclassique pour ses bâtiments. Mais il reste les ruelles pavées du moyen-âge et des traces de renaissance. L’harmonie vient de l’utilisation omniprésente du granit de Galice. La cathédrale est le point central de la vie, de par la présence des pèlerins du monde entier mais aussi celle des étudiants de l’université de Galice. La Galice est une région autonome d’Espagne. Elle a sa langue, son gouvernement, son hymne. Ici, il pleut 262 jours par an … Mais revenons à la cathédrale.

Nous allons en faire le tour. Le temps est très gris, il pleut souvent (bien que nous ayons eu de la chance lors de nos balades). Les photos ne sont pas géniales mais j’espère que ça vous donnera malgré tout une bonne idée. La bâtiment est immense.

Côté nord : porte d’accès pour aller voir la crypte contenant les reliques de St Jacques. On descend dans la crypte pour voir de loin le coffre d’argent contenant les restes de St Jacques et de ses disciples St Athanase et St Théodore, puis on monte pour passer derrière le maître autel afin de poser la main sur le manteau ( en argent et pierreries) de st Jacques. Pas de photos, pas d’arrêt, un vigile s’assure du respect des règles. Même le touché du manteau est règlementé !

Côté sud : C’est l’entrée pour assister à la messe, mais les places sont comptées aussi, une file de pèlerins se forme pour pouvoir assister à la prochaine messe. Les messes ne sont qu’en espagnol. Les visites sont interdites pendant les messes .

Côté est : il y a une porte qui sert à la sortie la messe

Et maintenant, la façade principale:

Sur cette place, les pèlerins du monde entier arrivent, harassés mais heureux. Il se dégage de cet endroit un sentiment de joie, de plénitude et de nostalgie. C’est subtil, immatériel. Les sourires, les photos prises par et pour les uns et les autres, les échanges de coordonnées, les embrassades et dans les yeux un air de victoire. En voyant tous ces pèlerins, j’ai presque regretté de ne pas faire partie de cette fraternité car je n’ai pas fait mon camino. Soyons francs, je suis bien trop fainéante pour le faire… mais j’en ai caressé l’idée, deux secondes 😉

L’intérieur : l’intérieur de la cathédrale est cloisonné, avec des vigiles qui font respecter les règles. Si vous entrez pour voir la cathédrale, vous devez ressortir pour aller à la bonne porte pour voir la crypte alors que seul un ruban sépare les deux lieux. Si vous voulez voir le portique de la gloire, à l’intérieur, vous devez sortir, entrer par le musée et payer 10 euros. L’intérieur de la cathédrale n’est pas aussi majestueux que la plupart des cathédrales espagnoles ou françaises. Le maître autel est recouvert d’or et d’argent et les dorures explosent tout autour. Mais je n’ai pas trop aimé. Trop…

Une chose originale, c’est le butafumeiro. C’est un grand encensoir de 1.5 m de haut et 53kgs. Il est accroché dans la croisée du transept et se balance du nord au sud grâce à 8 tiraboleiros, gens d’église. Ce butafumeiro n’est utilisé que 8 à 10 fois par an pour les grandes occasions ou si de gens payent 600 euros pour le voir fonctionner…. Il se balance uniquement au dessus du transept car c’est ici que se tenaient les pèlerins . L’encens était sensé couvrir l’odeur des pèlerins et désinfecter les pèlerins malades afin de ne pas agresser les narines des gens importants (gens d’église et notables) qui eux se tenaient dans la nef.

Au IX ème siècle, l’église était toute petite. Une première basilique fut construite sur la tombe de St Jacques, ainsi qu’un tombeau pour le roi Alphonse III. Tout fut détruit par les maures en 997 lors d’un raid d’Al Mansour. La cathédrale actuelle date en grande partie du XI au XIII siècle. Elle s’est agrandie au fil du temps car les pèlerins étaient de plus en plus nombreux et même les plus riches et plus puissantes personnalités venaient à Santiago. A la fin du XII ème siècle, l’agrandissement de la cathédrale se heurte à un gros problème. Santiago est sur une montagne donc, on ne peut pas continuer à allonger la nef. Il y a un trop grand dénivelé. Le roi du Portugal embauche Maître Matéo grand architecte pour continuer le projet. Matéo crée une crypte qui va servir de soubassement afin de retrouver le niveau de la nef. C’est pour cela qu’il y a tant d’escaliers pour atteindre la porte principale.

Maître Matéo construit également le « Portico de la Gloria » Ce porche est magnifique ! Mais depuis sa réfection, il faut payer pour le voir. De plus, depuis 20 ans, à part le roi d’Espagne, plus personne n’entre par la porte principale. Depuis le XII ème siècle, les pèlerins passaient sous le Portico de la Gloria, touchaient la colonne centrale pour marquer le fin de leur chemin. De l’autre côté de la colonne centrale se tient une petite statue taille enfant, de Matéo. Si on cogne sa tête trois fois sur la tête de Matéo, on devient intelligent, voir génial 😉 Mais maintenant, pas touche, on peut le comprendre mais on aurait pu protéger le bas de la colonne avec un plexiglas pour que les pèlerins fassent le geste et perpétuent la tradition. Enfin…

Au XVIII ème siècle, l’architecte mexicain Fernando de Casas y Novoa crée la façade actuelle baroque. Heureusement, contrairement à ses prédécesseurs, il ne détruit pas pour remplacer. Il garde le Portico de Gloria et construit devant l’immense façade que nous connaissons. Je ne suis pas fan du baroque. Trop chargé à mon goût mais tout de même, ça en jette !!!

La cathédrale a un vrai problème, c’est la météo de la Galice. C’est tellement humide que les moisissures s’installent dans les anfractuosités du granit et noircissent toutes les surfaces. Même l’intérieur est très humide. Toutes les chapelles étaient en réfection .

Ailleurs dans la cathédrale :

Le cloître est toujours utilisé comme cimetière pour les autorités ecclésiastiques de la cathédrale. L’autel immense en bois contient des niches qui abritent des reliques d’une quarantaine de saints. Le blason aux étoiles est le blason de Compostelle. Le saint protecteur de la ville est St Roch. La grande vasque dans le cloître est la fontaine qui était installée devant la porte pour permettre aux pèlerins de se laver les mains avant de rentrer dans la cathédrale.

Le musée : photo interdite…

Les rues autour :

Monastério San Martiñ

Eglise de San Miguel dos Agros

Vers Santiago

Après le castro, nous partons à la recherche de la dune de Corrubedo. Dans le guide, « cette dune impressionne par ses dimensions, 1km de long et 15 m de haut. On a bien vu un gros tas de sable mais comparé au Pyla … Déçus.

A Ribeira, nous avons remarqué des containers spécifiques. Regardez-bien ! Et la forme des abris-bus, ça ne vous rappelle rien ?

Il y a un réservoir spécial pour la récupération des huiles de fritures !!! Et les abris-bus ont la forme des horreos, mais sans les pilotis 🙂

Visiblement, l’aquaculture dans la baie est importante, des moules, pour ce que nous en savons.

PS : La photo a été prise en couleur ! Le temps est vraiment spécial …..

Le mirador de la Curotiña : on prend un peu de hauteur (512m) pour surplomber le ria de Arousa. C’est beau mais …. un coup de soleil serait bienvenu !

On finit le trajet à proximité de Santiago. Nous commencerons la visite de la ville demain.

Castro de Baroña

Juste avant Porto do Son se trouve les ruines d’un camp fortifié abandonné au Vème siècle, à l’arrivée du peuple suève, peuple germanique. Les soubassements circulaires nous ont rappelés ceux du castro de Pendia que nous avions vu dans la vallée de Navia. Le site choisi pour construire ce camp est vraiment splendide. Et devinez ? Nous avons bénéficié d’une belle éclaircie pendant le temps de cette petite randonnée. Evi a eu du mal. L’accès était très rocheux et parfois, elle trouvait les marches trop hautes.