Après un voyage sous le soleil, nous arrivons à Malbork. Nous nous installons dans un petit camping au bord d’un étang rempli de carpes. Le château est juste sous nos yeux, de l’autre côté de la rivière. Nous irons demain à la première heure pour éviter les cars de touristes.

Le château a été très endommagé lors de la seconde guerre mondiale.

Il a fallu un travail de titan pour le remettre en état. Evidemment, peintures, sculptures ont été perdues. Néanmoins ce château est magnifique.
C’était le siège de l’ordre des chevaliers teutoniques. A l’origine, lors des croisades du 12ème siècle, cet ordre était dédié à la charité. Ils accueillaient, soignaient et venaient en aide aux pèlerins. Ils avaient créé un hospice ou hôpital pour soigner les malades et les blessés après les combats. Nombre de chevaliers leur devaient la vie. Dans la partie hospice, on peut voir ces vitraux : nourrir, abreuver, consoler vêtir.


Rapidement, ils se sont armés et ont participé aux combats. Après la perte des territoires en Palestine, l’ordre a reçu en cadeau du roi de Pologne une terre où s’élève aujourd’hui la forteresse. Ils reçurent l’ordre d’évangéliser les tribus slaves et les habitants de la Prusse. J’imagine que cela ne s’est pas fait dans la finesse… Son voisin Gdansk, était riche car on y récoltait de l’ambre, très prisé à cette époque. L’ambre appartenait de droit au propriétaire des côtes. Qu’à cela ne tienne, ils attaquèrent Gdansk, passèrent les habitants par le fil de l’épée et continuèrent ainsi le long des plages. Ensuite, l’ambre leur appartenait. Pas hyper sympas les gars. Pourtant, ils avaient fait vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Pas étonnant qu’à Torun, les habitants se soient révoltés !
L’histoire de l’ordre est remplie de guerre contre les uns puis les autres et enfin les uns de nouveau. Wikipédia vous en parlera mieux que moi. Juste à savoir, en 1454, en faillite et ne pouvant plus payer ses mercenaires, le Grand Maître est obligé de vendre le château au roi de Pologne Casimir IV. L’ordre se repliera dans son château de Königsberg.
L’extérieur du château











La forteresse se compose de deux cours. La première à laquelle on accède par une triple porte, dessert tous les bâtiments de services. Moulin, écuries, boulangerie, cuisine, hospice.



















Plusieurs expositions sont présentées dans les différentes pièces des bâtiments.












Les documents d’époque. Chaque sceau représente une personne concernée par l’écrit. Le sceau du Grand Maître était noir et pour le courrier confidentiel, il rajoutait un petit sceau rouge.



La représentation de la Vierge est omniprésente, sur les armures, le sceau, sur les murs extérieurs, dans la chapelle et l’église. Le nom initial de l’ordre était « maison de l’hôpital des Allemands de Sainte Marie de Jérusalem » puis « ordre de la maison de Sainte Marie des Teutoniques ».

Par un autre pont levis, on accède au château haut, réservé à l’ordre.





L’intérieur du château haut se présente sous forme d’une cour carrée avec au centre un puit surmonté d’un pélican. C’est un symbole important, la légende veut que le pélican nourrit ses enfants de son sang jusqu’à en perdre la vie.



Il y avait également une cuisine ici. Le foyer est immense. Dans le sol, il y avait une « glacière « pour conserver les aliments.



Il y avait deux salles à manger. Celle d’hiver était chauffée par des sorties d’air chaud. Un monte-charge servait de passe-plats, ainsi les domestiques ne côtoyaient pas les chevaliers. Pas d’accorte servante pour troubler l’Ordre 😉 Un escalier à l’intérieur du mur permettait de desservir quand la salle était vide. Le grand maître avait sa propre salle à manger et son appartement privé.




Salle d’été




Au dessus de la cheminée, on peut voir un boulet qui a été tiré sur la salle. Un traître avait agité un chapeau rouge pour indiquer que tous les responsables de l’ordre étaient présents. Le boulet visait la colonne centrale qui maintient tout le plafond de la pièce. Le boulet rata son but mais fut conservé en souvenir de cette trahison.
Les appartements du grand maître comprenaient une chambre, un cabinet de toilette, un dressing et un bureau. La décoration était de couleur verte. C’est une couleur végétale difficile à obtenir et donc très chère. Les pièces de réception étaient également peintes.








La salle du chapitre servait de salle de réunion à tous les chevaliers. Chacun y avait sa place , notée par une gravure dans les bois du siège. Le trésorier avait une clé pour symbole. Le grand maitre, avait un dossier plus haut que les autres.




Les Grand-maîtres étaient inhumés dans une chapelle privée sous la protection de la Vierge.





Il y avait évidemment une église.



Une anecdote rigolote. Un petit diable jambes serrées est juste à l’entrée d’un couloir. Sa barbe indique la direction des … petits coins !






Nous avons fait plus de 400 photos et passé plus de trois heures sans trainer les savates. C’est un des plus beaux châteaux médiévaux que j’ai vu. C’est vraiment une visite à faire. L’audio guide en français (Dieu merci ! ), très bien fait, nous a permis de bien profiter. J’ai certainement oublié des trucs. Ca vous fera la surprise quand vous viendrez.







































































































































































































